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    Politique

    Après le retrait de Leila, les négociations démarrent

    Par L'Economiste | Edition N°:1317 Le 22/07/2002 | Partager

    . L'accord a été obtenu grâce à la pression-médiation américaine. Ana Palacio, ministre espagnole des Affaires étrangères, est attendue aujourd'hui à Rabat pour entamer les négociations. Retour rapide des deux ambassadeursSamedi 20 heures GMT, les drapeaux espagnols, qui flottaient depuis mercredi dernier à l'aube sur l'îlot marocain Leïla, étaient retirés, les légionnaires espagnols pliaient bagage. Fin de la crise maroco-espagnole grâce à l'accord conclu quelques heures plus tôt sous l'égide des Etats-Unis. Les efforts déployés par Colin Powell ont abouti. Le secrétaire d'Etat américain est parvenu à convaincre l'Espagne de retirer ses troupes. Ana Palacio, la ministre espagnole des Affaires étrangères est attendue aujourd'hui à Rabat pour reprendre le fil du dialogue rompu par l'envoi de l'armada espagnole. On parle d'un retour “immédiat” des ambassadeurs mais sans fixer de date et un sommet entre les deux gouvernements pour la rentrée en septembre.La crise a été donc résorbée grâce à 17 coups de fils passés par Colin Powell avec le Souverain et Ana Palacio.En Espagne, l'opinion publique semble avoir le sentiment que son gouvernement a atteint ses objectifs. Ce dénouement remet la situation à ce qu'elle était début juillet avant l'arrivée des 6 gendarmes marocains sur l'îlot. En d'autres termes, retour au statu quo anté. Le Premier ministre espagnol José Maria Aznar, ne dissimulait pas sa volonté de parvenir à un accord avec le Maroc avant la tenue du Conseil des ministres des Affaires étrangères des Quinze prévu aujourd'hui à Bruxelles. Il craignait que l'Espagne soit présenté comme un pays colonisateur ou bien le pays qui a entraîné l'UE dans une affaire peu claire. En témoignent les hésitations de l'Union après le ferme soutien des premiers jours. Manque de chance: le coup de poker marocain pour sortir d'un tête-à-tête avec l'Espagne depuis le rappel de l'ambassadeur Abdeslam Baraka a réussi à internationaliser le contentieux. Washington est prise à témoin sur des questions dont la diplomatie américaine n'avait peut-être pas suffisamment connaissance.Après le dénouement de cette affaire, l'heure des bilans a sonné. Le Maroc doit tirer les enseignements de cette épreuve. La première leçon est d'ordre managérial. Un ministre et un secrétaire d'Etat sont à la tête du département des Affaires étrangères et les deux sont montés au créneau, le secrétaire d'Etat démentant à l'occasion des propos attribués à son ministre par une radio espagnole. Même les grandes puissances ont un seul chef de la diplomatie. La gestion bicéphale a ses limites. Un navire est sans doute mieux dirigé par un seul commandant. Dans cette affaire, le Premier ministre semble être hors le coup. D'ailleurs, au plus profond de la crise, Abderrahman Youssoufi et d'autres ministres ont été envoyés jeudi, à l'autre bout du pays, à Laâyoune exactement, pour lancer le programme de développement des provinces du sud. En pareilles circonstances, la Primature devait être normalement impliquée et ne pas se contenter d'un lourd silence. Finalement, ce sera le Souverain qui montera au créneau et sera l'unique interlocuteur du médiateur américain Powell.Ce dénouement intervient à un moment où le Maroc avait marqué un point sur le plan diplomatique et commence à engranger des sympathies. Il a été agressé d'une manière disproportionnée alors qu'il exerçait une simple opération de police sur l'îlot Leïla afin de lutter contre les trafics. Cela répond parfaitement à une demande pressante de l'Union européenne et plus encore de l'ONU. Au lieu d'encourager cette initiative, l'Espagne a déployé une armada militaire. Mais incidemment, la crise provoquée par Leïla a remis sur la table les dossiers de Sebta, Melilla et les îles méditerranéennes toujours occupées par l'Espagne. Durant les entretiens avec le Département d'Etat, le Maroc a pu passer ses arguments au niveau de tous les dossiers en contentieux: Sebta, Melilla et surtout l'affaire du Sahara. Il a pu montrer du doigt l'obstruction de Madrid qui s'est opposé aux différentes versions du plan onusien et des scénarios de James Baker. Elle a refusé la troisième voie pour une large autonomie dans le cadre de la souverainté marocaine pourtant appuyée par Washington.Certes, l'Espagne a voulu donner un avertissement au Maroc pour qu'il ne hausse pas le ton concernant la décolonisation des présides. Car, elle a vu dans l'initiative marocaine le début d'un processus de démantèlement de la présence espagnole dans le nord du Maroc. Avec l'épreuve de Leïla, la revendication de leur décolonisation sera plus pressante. Leur retour à la mère patrie figure d'ailleurs dans les programmes de tous les partis politiques. Il ne manquera pas de constituer un axe majeur de la campagne électorale pour les prochaines élections législatives. Reste maintenant à tout mettre sur la table pour dégager le ciel de cette brouille entre Rabat et Madrid, empoisonné depuis près d'un an par des dossiers nommés Sahara, pêche, immigration…


    Madrid-Alger

    Cette affaire a encore une fois montré les intentions d'Alger envers le Maroc. Au lieu d'un soutien sans faille du voisin dans le cadre de l'OCI et de la Ligue Arabe, un membre du gouvernement algérien s'est précipité pour “condamner le fait accompli du Maroc”. Il a ainsi donné le signal à la presse algérienne pour se déchaîner, en termes violents, sur les voisins. Sur la réaction du voisin algérien au coup de force espagnol, le ministre Mohamed Benaïssa s'est contenté de dire qu'elle n'était pas au niveau attendu. La réserve diplomatique recommande de ne pas aller plus loin. En tout cas, Madrid cherche à remplacer l'axe Rabat-Madrid par celui de Madrid-Alger. Les deux capitales ont décidé de renforcer leur partenariat et comme par hasard les nouveaux contrats ont trait à la pêche. Au niveau des Nations unies, la coordination bat son plein également. L'objectif commun est de bloquer systématiquement toute initiative pour une solution au Sahara marocain. Leur volonté d'affaiblir le Maroc et le nouveau règne est incontestable. Mohamed CHAOUI

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