×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Après la suppression des crédits à taux bonifiés : L'ASMEX proteste

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    L'Association Marocaine des Exportateurs demande le report de la suppression des taux d'intérêt bonifiés appliqués aux exportations. L'ASMEX réclame aussi une concertation pour un système de financement des exportations efficace.


    L'Association Marocaine des Exportateurs (ASMEX) demande de surseoir à la mesure de suppression des taux bonifiés, adoptée par le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne, le 20 avril dernier(1). "Nous sollicitons au préalable une réunion avec le gouvernement pour discuter des mesures d'accompagnement compte tenu de l'état actuel des exportations", a déclaré M. Mohamed Tazi, président de l'ASMEX.
    La mesure de suppression des taux bonifiés à 10% pour les préfinancements à l'export et les ACNES (avances sur créances nées à l'étranger) s'avère, selon les exportateurs, "inutile et inopportune".

    Baisse continue des encours à l'export


    L'ASMEX considère la mesure inutile, puisque l'encours de ces crédits est en diminution constante depuis 1990.
    Plusieurs facteurs y ont concouru. Outre la croissance ralentie des exportations en volume et valeur (suite notamment aux difficultés sur le marché européen et à la dévaluation des monnaies espagnole et portugaise), les exportateurs dénoncent le "désintérêt des banques commerciales pour ces lignes bonifiées" dès l'entrée en application du désencadrement du crédit: "la levée de l'encadrement du crédit a supprimé l'avantage que cet encadrement réservait jusque-là aux crédits à l'export et aux CMTR".
    De plus, le taux bonifié de 10% est devenu peu attractif pour les banques par rapport à d'autres produits plus rémunérateurs. Ainsi, à partir de 1991, date de levée de l'encadrement du crédit, l'encours des crédits à l'export a entamé une baisse régulière: Dés décembre 1991, l'encours diminue de 11% et poursuit sa baisse en 1992 de 14,8%, passant ainsi de 7 à 5 milliards de DH dans les seules trois premières années du désencadrement.

    "Le système de financement des exportations constituait déjà un des maillons faibles de la politique d'incitation à l'export, comparativement aux pays concurrents", poursuit M. Tazi.
    Bien que peu incitatif et touchant un nombre limité de PME, ce système de bonification permettait à certains opérateurs de faire prévaloir la concurrence interbancaire par la négociation des taux, notent les exportateurs.
    La suppression du système nécessite, selon l'ASMEX, des mesures d'accompagnement. La seule prévue par le CNME reste le réaménagement du refinancement des banques auprès de Bank Al-Maghrib. Ainsi, les supports des pensions à 5 jours seront constitués pour moitié par des effets représentatifs de crédit à l'export et/ou des CMTR pour PME et Jeunes Promoteurs et le reste en bons du Trésor souscrits par adjudication.

    Le dumping des concurrents


    La mesure est aussi jugée inopportune, compte tenu de l'état actuel du commerce extérieur.
    "Pour la première fois depuis 15 ans, les exportations marocaines de biens finis ont accusé une baisse de 2,6% en 1994, touchant tous les produits à l'exception des médicaments", souligne M. Tazi. Cette morosité se confirme pour les premiers mois de 1995, vu la baisse de l'activité portuaire. Par ailleurs, les fluctuations survenues sur les marchés des changes en début d'année ont induit des ajustements mécaniques du Dirham par rapport à d'autres monnaies. "Cela vient du mode de fixation de la valeur du Dirham par rapport à un panier de devises constitué à partir de la structure des échanges". Et ces perturbations de change ont nui aux produits exportés.
    De plus, la politique de dumping pratiquée par les pays concurrents du Maroc sur le marché maghrébin a aggravé l'état des exportations. "Cette baisse de prix déloyale concerne plusieurs produits, notamment les cosmétiques et le textile (fins de série)".

    En outre l'embargo sur la Libye et l'Irak, deux marchés porteurs pour l'industrie, limite davantage les perspectives de diversification proposées aux exportateurs. "L'incertitude qui plane sur les marchés européens incite les exportateurs à explorer d'autres débouchés, mais il leur faut un système de financement incitatif et efficient".
    Plusieurs mesures en faveur de l'export, adoptées par la Loi de Finances 1995, figuraient déjà dans le Plan Export établi par l'Association avec l'administration, notamment l'exonération de la TVA des services liés à l'export, le prélèvement de 0,25% sur les importations, la création d'un nouveau régime économique en douane (entrepôt industriel franc).
    "Cependant, d'autres points restent en suspens, et l'ensemble des exportateurs attendent leur règlement, en particulier la révision à la baisse des taux d'intérêt", souligne l'ASMEX. Elle compte former dans l'immédiat une commission pour la mise à jour de ce Plan Export. D'autres commissions auront à étudier, par région, les problèmes spécifiques qui se posent aux exportateurs.

    Mouna KABLY

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc