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    Economie

    Après la libéralisation des importations : Bananes: les producteurs réclament 5 ans de grâce

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager


    Depuis le 8 septembre, l'importation de bananes est désormais libre. Un mémorandum a été adressé en août dernier au Ministère de l'Agriculture. L'étude du dossier est actuellement en cours.


    "Effondrement", "arrêt total de l'écoulement de la production de la banane", telles sont les réflexions des producteurs marocains face à la décision intervenue le 8 septembre 1995 qui ne soumet plus l'importation de bananes fraîches à la Déclaration Préalable d'Importation (DPI). L'importation s'effectue désormais sous couvert d'un engagement d'importation souscrit directement auprès de la banque choisie par l'importateur.
    Les associations professionnelles concernées ont demandé le 6 septembre 1995 au Ministère de tutelle la reconduction des dispositions prises le 8 juin 1995, à savoir la soumission des importations des bananes fraîches à la DPI. "Le but étant d'éviter une nouvelle fois l'arrêt de l'écoulement de la production locale et l'effondrement des cours et ce, en attendant la mise en place de dispositions susceptibles de résoudre le problème définitivement à court et moyen termes". Selon ces mêmes associations, en dépit de leur requête, "la banane étrangère est encore une fois libre à l'importation et nos producteurs ne réussissent plus à placer leur marchandise quel qu'en soit le prix".
    Suite à la récente décision, la Commission Consultative d'Importation a été saisie. L'étude du dossier est actuellement en cours. Selon certains experts, "le problème qui se pose au niveau de ce dossier n'est pas celui du prix, mais bel et bien de la qualité. La compétitivité et la compétition entre les produits agricoles se joueront désormais au niveau de ce critère. La filière doit revoir et remodeler toutes ses structures, de la qualité à la maîtrise du circuit de distribution en passant par l'amélioration du conditionnement".

    Les propositions


    Le Comité National de Coordination et de Sauvegarde du secteur des fruits et légumes, regroupant cinq associations professionnelles, a adressé un mémorandum des requêtes des producteurs de la banane au Ministère de l'Agriculture en août dernier.
    Les propositions émises par cette étude concernent en premier lieu l'arrêt des importations pendant les cinq prochaines années. Ce délai, est-il expliqué, correspondant à quatre cycles de production, permettra aux producteurs de se réorganiser et d'améliorer leur rendement et la qualité de leur production, "le but étant de pouvoir affronter une concurrence agressive et mieux expérimentée qui est celle des cartels puissants".
    La seconde proposition a trait au renforcement de la protection aux frontières du marché dues à des offres, en provenance de l'étranger, faites à des niveaux de prix susceptibles de provoquer un effondrement des cours, "comme nous l'avons vécu à partir du mois de juin 1995", expliquent les professionnels.

    Cet objectif, ajoutent-ils, peut être atteint par la mise en place d'une clause de sauvegarde permettant l'instauration de droits de douane additionnels au cas où les quantités importées dépassent 500 tonnes/mois. Ou encore si la banane est offerte à des prix inférieurs à un prix d'entrée à fixer par les autorités compétentes, en concertation avec les producteurs, "de manière à assurer l'écoulement de la banane locale à un cours qui assure un niveau de revenu équitable au producteur marocain".
    Actuellement, et suivant la nature de l'investissement et les rendements obtenus, le prix de revient du kilo de bananes départ ferme se situe entre 5 et 6 DH. "Si l'on estime que le producteur doit se contenter de 1,5 DH de marge, le prix départ exploitation doit se situer à 7,50 DH".
    De plus, estiment les professionnels du secteur, la fixation des droits de douane et autre taxes à l'importation devrait se réaliser sur la base d'un prix obtenu à partir de la moyenne sur quinze jours des cours relevés sur les marchés internationaux de référence majorés des frais d'approche.

    Qualité, normalisation...


    L'amélioration de la qualité du produit constituant la troisième proposition doit passer par la normalisation (grossissement optimum des fruits, calibres...) et le conditionnement dans un emballage approprié. A ce niveau, les professionnels demandent l'exonération de droits et taxes des emballages destinés à ce secteur.
    Les autres propositions concernent par ailleurs l'intervention des institutions techniques pour l'amélioration du matériel végétal ainsi que l'homologation des produits phytosanitaires utilisés dans les autres pays producteurs afin "d'enrayer l'action des nématodes, principaux responsables de la dégradation de nos plantations et par conséquent des diminutions de nos rendements".
    Figurent également, parmi les propositions, la rigueur dans le contrôle phytosanitaire de tous les produits agricoles importés par le Maroc et enfin l'arrêt des importations frauduleuses qui continuent et qui "nuisent aussi bien à nos producteurs qu'à nos services de douanes qui ne perçoivent pas les taxes et droits de douane dus".

    Meriem OUDGHIRI.

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