×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

×

Message d'erreur

  • Notice : Undefined variable: user dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Trying to get property of non-object dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1236 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1246 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
  • Notice : Undefined index: visite dans eco7_vf_preprocess_page() (ligne 1250 dans /home/leconomi/public_html/sites/all/themes/eco7_vf/template.php).
Economie

Anticorruption: L'imprécation a remplacé l'action

Par L'Economiste | Edition N°:1431 Le 07/01/2003 | Partager

. Les doléances contre la petite corruption augmentent. A côté de progrès remarquables comme ceux de la Douane, le laisser-aller a repris le dessus. L'action politique a «noyé le poisson«Ce n'est pas mesuré et sans doute pas mesurable, mais les plaintes sont là, plus nombreuses aujourd'hui qu'hier, pas vérifiables mais incontournables: la petite corruption aurait pris de l'ampleur, se serait développée…Ici, c'est pour les certificats de résidence, là, pour des légalisations, ailleurs, pour des petits marchés publics, plus loin, des notes sur des devoirs scolaires, sur la route des amendes qui sautent… Des personnes qui n'avaient jamais, de leur vie, donné 1 seul dirham, disent aujourd'hui qu'elles l'ont fait.Pourtant, les deux gouvernements Youssoufi ont mené campagne, publicité et actions judiciaires à l'appui, contre la corruption. Ils l'ont fait par conviction. Ils l'ont aussi fait par nécessité puisque sans ces actions, le Maroc se serait fait mal voir des instances internationales. Depuis 1997 pour la Banque Mondiale, depuis 1998 pour les pays de l'OCDE (qui sont des bailleurs d'aides importants pour le Maroc), la lutte contre la corruption fait partie des conditionnalités pour l'octroi des crédits, pour les classements dans les investissements…Une commission interministérielle a donc été constituée sous la houlette de Lahlimi, le numéro deux des deux gouvernements Youssoufi. . Situation dégradéeAlors que s'est-il passé, pour qu'au moment où l'anticorruption devenait une affaire publique et politique, la situation sur le terrain se soit dégradée?L'explication est évidente: quand un service public ou privé fonctionne mal, la corruption s'y installe. C'est une règle de base, la première de toutes. Or, depuis cinq ans, le fonctionnement de l'Etat marocain s'est globalement dégradé, avec une accélération de cette dégradation au cours des deux dernières années. Ce n'est pas que les services publics ne sont pas rendus, ils le sont: les fonctionnaires travaillent, les budgets sont utilisés, le pays «tourne«. Mais il y a eu un vrai problème de perte de sens, engendrant des lourdeurs et des hésitations. Or, l'activité sociale et économique n'attend pas et pour ne pas attendre, elle va plus souvent qu'avant, recourir à la corruption, la petite corruption. Contrairement à ce qui se dit souvent, c'est la plus dangereuse car ses victimes sont les petites gens, ceux qui ne peuvent pas se défendre, car ils ne connaissent pas vraiment leurs droits ou parce qu'ils sont en position fragile. Au niveau politique, le mot «anticorruption« s'est effacé progressivement au profit du mot «moralisation«, plus large mais plus flou. L'association Transparency Maroc, qui privilégie le travail de terrain et l'accompagnement des organismes qui entreprennent d'améliorer leurs procédures, est maintes fois «oubliée« lors des convocations de réunion de la commission. L'association prend diplomatiquement le prétexte de l'élargissement du concept pour se retirer de l'opération. Tout s'est passé comme si l'imprécation avait remplacé l'action de fond. L'action de fond est fastidieuse, désagréable car elle devait rendre les services publics et privés plus transparents, plus fluides, plus accessibles, pour faire disparaître la nécessité de recourir à la corruption. Pourtant, il y a eu des réalisations impressionnantes. La Douane a fait un travail exemplaire. . Vérité nuancée mais navranteLa Conservation Foncière, la CNSS, la CNCA, la Justice ont aussi entamé des travaux de même nature, mais sont moins avancées et ont réellement besoin que le message politique dans leur direction soit nettement en faveur du redressement qu'elles ont en cours. Peut-on dire que la prise en charge politique de l'anticorruption a été faite dans le but de limiter précisément l'effort d'amélioration? Il n'est pas impossible que l'Histoire le dise dans quelques années, considérant qu'objectivement cette prise en charge s'est traduite par l'accroissement de la négligence et l'abandon de certaines actions de terrain.La vérité cependant est plus nuancée mais plus navrante. Il est douteux qu'il y ait eu une stratégie machiavélique pour stopper les efforts de la société civile contre la corruption. Ce qu'il y a eu en revanche, ce sont de multiples maladresses, voire de l'infantilisme et en tout cas, bien peu de professionnalisme.Ainsi, cette commission s'est-elle longuement penchée sur la sensibilisation, sans vraiment mesurer que celle-ci est un acquis dans l'opinion publique. De même, a-t-elle négligé les efforts à faire au niveau des procédures, pour les rendre fluides et transparentes, ce qui réduit très sensiblement le «besoin de corruption«. Peut-être y a-t-il eu aussi le désir d'occuper un champ politique, sans se préoccuper des résultats réels. En tout état de cause, le résultat est mince, voire négatif, pis que la situation précédente.En effet, les plaintes et les critiques des citoyens sont là. Et tous les experts de l'anticorruption le disent: il est bien difficile d'avoir des preuves mais il faut toujours écouter attentivement les rumeurs dans ce domaine car elles sont des signaux d'alerte. Certes, elles ne donnent aucune preuve, et n'en donneront jamais. Mais elles signalent aux responsables politiques et administratifs qu'il y a des zones, des services, des départements en danger, où il faut agir rapidement et intelligemment, pour établir ou rétablir la transparence.


Perte des sens

. Le rôle des leaders politiques est essentiel pour donner ou détruire le sens Il est normal qu'une société qui se transforme ait du mal à moduler ses valeurs au fur et à mesure. Dans ce domaine, le rôle des leaders politiques est primordial: ou bien ils accompagnent, favorisent l'évolution en donnant le sens qu'il faut aux changements que les citoyens observent dans leur vie quotidienne, ou bien ils laissent faire ou pis encore, ils parlent et agissent de manière brouillonne, contradictoire. Dans le premier cas, l'évolution se fait sans difficulté pour l'immense majorité des citoyens. Dans les deux autres cas, les citoyens ne savent plus ce qui arrive, commencent à redouter l'avenir et tout naturellement se réfugient dans les comportements anciens. La société se déstructure, non pas physiquement mais moralement, se met à écouter les extrémistes, surtout ceux qui réclament des punitions exemplaires, en oubliant que ce n'est pas la punition qui fabrique la morale: elle ne fait que la renforcer, mais à condition qu'elle existe, nette et claire pour tout le monde. Si elle n'existe pas, ou si elle n'est pas claire et nette pour tous, alors les sanctions ajoutent au désordre. Elles vont obligatoirement renforcer le processus de déstructuration. Au lieu d'aider à construire, les sanctions mal faites, mal comprises ou contradictoires, vont détruire un peu plus. Par exemple, voir une campagne publicitaire contre la corruption et découvrir en même temps que des personnes sont présentées à la Cour Spéciale de Justice avec des charges très minces et que le Premier ministre n'agit pas contre un membre de son gouvernement fortement suspecté d'indélicatesses, sont trois faits contradictoires qui ne peuvent qu'engendrer le désordre moral dans une nation. D'un côté la stratégie politique dit qu'elle ne tolérera plus de manquement à l'éthique et de l'autre, elle y manque ouvertement. Le sens de l'action politique est perdu.Pis, si le sens de l'action politique est perdu, cela ne veut pas dire qu'il n'y a plus de sens du tout. En effet, l'opinion publique donne forcément un sens à ce qu'elle observe. Quel sens peut-on donner? Il est malheureusement terrible. On peut en effet rationaliser ces contradictions facilement en disant qu'à partir de maintenant, ce qui compte, c'est d'avoir des protections politiques, pas ce que l'on fait pour le bien de tous avec les responsabilités qui sont confiées. On peut dire aussi que la stratégie de lutte contre la corruption n'était que de la poudre aux yeux… Tout ceci engendre une désastreuse perte de sens.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc