×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Tribune

Ancienne Médina de Casablanca : Les indemnisations contestées

Par L'Economiste | Edition N°:43 Le 03/09/1992 | Partager

NOUS sommes surpris de lire que les enquêtes ont révélé deux types de ménages à indemniser, à savoir: les ménages occupants (propriétaires, locataires ou propriétaires des murs) et ménages non occupants. Or en réalité il existe dans l'Ancienne Médina (dans la zone destinée à être rasée) cinq sortes de ménages qui sont les suivants: les locataires (occupants), les pleins propriétaires occupants (murs+terrain), les propriétaires des murs (zinataires) occupants, les propriétaires des murs (zinataires) non occupants, et les propriétaires du terrain non occupants. Ceci sans compter une catégorie de locataires non occupants parce qu'ils ont acheté d'autres maisons ailleurs, qu'ils sont partis les habiter et qu'ils ont laissé fermés la chambre ou l'appartement en location. Le loyer en est évidemment dérisoire: 30DH parfois 20DH! La deuxième remarque concerne le système d'indemnisation du locataire et du propriétaire lors du recasement: si comme le dit votre article, la Sonadac finance 75% du prix de l'appartement à acquérir, au locataire, nous tomberons dans une situation aberrante, injuste et dangereuse qui privilégiera largement le locataire par rapport au propriétaire (qu'il soit zinataire ou ayant pleine propriété): Par exemple, un propriétaire des murs non occupant peut louer sa maison pendant de très longues années à des prix aujourd'hui devenus moins que dérisoires (50DH un appartement, 30 ou 20DH une chambre, par mois). Le locataire refuse d'entretenir les dégâts qu'il cause dans les lieux d'habitation, et refuse même de payer le dérisoire loyer. Alors comment peut-on concevoir d'indemniser un tel locataire en lui offrant un cadeau de 75% du prix du nouvel appartement! Le locataire se trouvera ainsi largement avantagé par rapport au propriétaire qui a payé des impôts, qui a vu sa maison se détériorer (alors qu'il y a 35 ou 40 ans, il l'a louée à l'état neuf), qui a entamé de longues procédures judiciaires pour des augmentations hypothétiques de loyer. On impose au propriétaire une indemnisation sur la "qualité du bâti". Que reste-t-il comme qualité après tant d'années d'occupation presque gratuite et de détérioration par le locataire?
Par ailleurs, ces ressources locatives même dérisoires sont le plus souvent le seul moyen de subsistance de ces propriétaires. Si l'on suit donc le raisonnement de la Sonadac, un locataire qui occupe réellement ou fictivement une chambre à 20DH par mois se trouve propriétaire, selon ce système d'indemnisation, d'un "cadeau" qui lui tombe du ciel par le biais de la Sonadac de 187.500DH (75% de 250.000DH). Ceci sans compter que le locataire, devenu propriétaire, peut se livrer sans problème à la spéculation, puisque les appartements "offerts" valent sur le marché 500.000DH! Alors que fera le propriétaire qui se retrouverait avec peut-être 25 ou 30% de l'indemnité qu'aura touchée son locataire, vu la qualité actuelle du bâti, alors qu'il y a quarante ans il a livré au locataire une habitation à l'état neuf. D'ailleurs, aujourd'hui dans les textes législatifs, ces habitations de l'ancienne médina sont qualifiées de "vétustes". Si les autorités prennent ces critères pour mener l'opération d'indemnisation, elles auront bafoué le droit de propriété. Le moyen qui serait le plus logique pour tout le monde serait de vendre au locataire les nouveaux logements sur la base de traites ou autre, et d'indemniser le propriétaire pour le préjudice qu'il va subir par la destruction de sa maison sur la base des charges qu'il a supportées durant les longues années d'occupation par le locataire (impôts élevés, manque à gagner par la fermeture abusive des locataires qui achètent d'autres logements, détérioration de son immeuble causée par cette occupation, etc...)

Un groupe de propriétaires
de l'Ancienne Médina
de Casablanca

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc