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    Courrier des Lecteurs

    Amyn Alami, président de la SBVC : "La cotation électronique provoquera un big bang"

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Les textes sur la modernisation de la Bourse et l'institution d'un Dépositaire Central viennent d'être approuvés par le Parlement. M. Alami lance un appel aux maisons mères des sociétés de bourse pour la mise à niveau.


    - L'Economiste: Les deux pièces manquantes à la réforme de la bourse sont mises en place. Quelle est leur portée?
    - M. Amyn Alami: Considérable. Le texte sur la Bourse permettra en effet une véritable modernisation des règles de fonctionnement de la Bourse vers plus de transparence, de liquidité et de sécurité. Le marché officiel et les cessions directes cèdent la place à un marché central unique qui comprendra un marché de blocs. Dans ce compartiment ne s'échangeront que des blocs d'une taille minimale fixée par la SBVC.
    Autre innovation: le prix pratiqué sur le marché des blocs est lié au prix du marché central. Ainsi, en attribuant au marché central un rôle pilote dans le processus de formation des cours, le nouveau texte autorise une transparence absolue. Un second marché aux conditions d'accès plus souples, destiné aux entreprises de taille moyenne, est également créé pour attirer les entreprises de taille moyenne. Enfin, la loi nous permettra d'adopter un système de cotation électronique par fixing. Concrètement, toutes les valeurs seront cotées en début de séance sur la base du fixing. Puis, les valeurs les plus liquides seront cotées en continu pendant quelques heures supplémentaires.

    - La loi interdit la globalisation et la compensation des ordres et impose la diligence dans la transmission des ordres. Quelles sont les conséquences de ces dispositions?
    - Concrètement, quelle que soit la taille de l'ordre d'achat, celui ci sera acheminé dans les plus brefs délais jusqu'au système central de cotation, sans être inséré dans un ordre global de l'intermédiaire. Après saisie de tous les ordres et formation du prix d'équilibre, les ordres situés dans la fourchette seront servis sur la base d'une allocation proportionnelle.
    Ainsi, si le prix du donneur d'ordre correspond au prix d'équilibre déterminé par le système de cotation, l'investisseur est certain de l'exécution partielle ou totale de son ordre. En définitive, le nouveau système de cotation est construit pour maximiser les échanges et donc la liquidité, tout en favorisant la transparence et l'équité.

    - Mais pour que cela fonctionne, il faut plus de rigueur sur toute la chaîne.
    - En effet, le logiciel de cotation a des fonctionnalités spécifiques qui imposeront aux donneurs d'ordre de nouvelles disciplines dans la transmission des ordres. L'investisseur institutionnel comme le petit porteur devront spécifier leurs ordres de façon à ce qu'ils correspondent aux types d'ordres répertoriés par le système de cotation.
    En clair, le donneur d'ordre ne peut plus laisser à l'intermédiaire la possibilité d'exécuter "au mieux" son ordre. Ce réflexe, qui a prévalu jusqu'ici, explique en partie l'illiquidité du marché.
    On constate en effet que l'exécution aux meilleures conditions débouche souvent sur une rétention des ordres par les intermédiaires. En spécifiant clairement son ordre, l'investisseur contribue donc à la liquidité du marché.

    - Outre l'efficience du marché, la loi améliore la sécurité des transactions.
    - A travers trois innovations majeures: le dépôt de garantie, l'appel de marge et la garantie de bonne fin délivrée par la Bourse.
    L'investisseur qui lance au jour j un ordre d'achat est tenu d'effectuer auprès de son intermédiaire (société de bourse ou réseau collecteur) un dépôt en vue de garantir le paiement de la transaction. Entre le jour j et j+3 qui correspond à la date de règlement, l'intermédiaire procède quotidiennement à un appel de marge pour compenser la variation du cours observé sur le marché.
    L'intermédaire est à son tour tenu de constituer dépôts de garantie et appels de marge auprès de la SBVC. Celle-ci délivre en contrepartie une garantie de bonne fin.

    - Dans quelle mesure le texte instituant le Dépositaire Central contribue-t-il lui aussi à la sécurité des transactions?
    -Le texte sur le Dépositaire Central approuvé par le Parlement institue la dématérialisation des titres et rend possible le règlement/livraison simultané. Cela contribuera à minimiser le risque de défaillance d'un donneur d'ordre ou d'une société de bourse.
    Dans l'environnement matérialisé dans lequel nous avons évolué jusqu'à présent, la sécurité du marché est certes assurée mais elle repose exclusivement sur le professionnalisme des intermédiaires. Avec ces deux textes, la sécurité du marché repose également et surtout sur la rigueur des procédures.

    - Dans quel cadre comptez-vous préciser toutes les procédures techniques qui vont désormais régir le marché?
    - Le texte prévoit l'élaboration d'un règlement général de la Bourse. Nous y travaillons depuis 6 mois. Il sera finalisé dans quelques semaines, à la veille du lancement du nouveau système de cotation.
    Ce règlement spécifie, entre autres, les règles de fonctionnement du marché, le contrôle des intermédiaires, les règles d'introduction et de radiation, etc...

    - Les intermédiaires sont-ils prêts sur les plans humain et technique?
    L'entrée en vigueur du nouveau système de cotation dans les prochaines semaines aura un effet de "big bang" sur la place.
    Nous vivons une réforme technologique structurante qui nécessite la mobilisation de tous. La mise à niveau concerne aussi bien les sociétés de bourse et les réseaux collecteurs que les investisseurs institutionnels. Sa réussite suppose notamment l'implication des banques, maisons mères de la majorité des sociétés de bourse, pour allouer tous les moyens nécessaires à leur adaptation.
    Pour sa part, la SBVC s'est engagée dans cette voie avec le doublement de son effectif depuis le mois de septembre, l'installation de la plate-forme électronique dans les nouveaux locaux et le lancement d'un plan de formation des professionnels.

    Propos recueillis par
    Mouna KABLY




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