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AMO/médicaments remboursables: Ça va chauffer

Par L'Economiste | Edition N°:1688 Le 21/01/2004 | Partager

. Les industriels ont arrêté leurs propositions. Quatre familles thérapeutiques retenuesLe monde de la santé est en effervescence. Industriels du médicament, officinaux , médecins et représentants du ministère de tutelle multiplient les réunions ces dernières semaines pour remettre, avant la fin du mois de janvier, la liste des médicaments remboursables dans le cadre de l'Assurance maladie obligatoire (AMO). Ce n'est pas un hasard si au cours d'une réunion organisée récemment par l'AMIP, l'ensemble des industriels du médicament étaient présents. Auparavent, une réunion préparatoire a rassemblé les représentants de la CNSS (Caisse nationale de sécurité Sociale) et de la CNOPS (Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale), ceux de la Fédération nationale des pharmaciens et de l'AMIP. Il faut toutefois noter qu'aucune instance représentative des consommateurs ne prend part à ces réunions. Les enjeux sont considérables: il s'agira incontestablement du plus grand évènement auquel l'industrie pharmaceutique aura jamais été confrontée au cours de ces dernières années. La volonté affichée par le gouvernement Jettou de boucler le dossier AMO en 2004 y est pour quelque chose. Jusque-là, l'essentiel de la consommation de médicaments est directement financée par les usagers. La population couverte par une assurance maladie, et qui bénéficie du remboursement d'une partie de la dépense en médicaments, est de l'ordre d'à peine 15%. Même les dépenses pharmaceutiques dans le secteur hospitalier sont, pour une bonne part, à la charge des ménages. C'est dire que la généralisation de la couverture médicale est une aubaine pour un secteur de la santé en mal de financement. Ce sont plus précisément les producteurs de médicaments et les pharmaciens, avec les professionnels de la santé qui ont pour charge de déterminer les catégories de médicaments. Les négociations entre organismes de remboursements, CNOPS et CNSS et producteurs de soins, risquent d'être difficiles. Tout le monde se souvient de la polémique en France autour de la notion de service médical rendu (SMR). Les pouvoirs publics doivent en tout cas se montrer vigilants, pour garantir que l'établissement des listes de médicaments remboursables se fasse en toute objectivité et en toute indépendance. Il s'agit de passer au crible près de 5200 articles de médicaments qui seront répartis en catégories. Le taux de remboursement de chacune d'elles sera différent. Les enjeux sont déterminants. Ce taux aussi bien pour les industriels, les grossistes que les officinaux peut en effet influencer directement son niveau de consommation et donc sur les marges et les bénéfices des uns et des autre. C'est le cas de nombreux articles, sauf ceux destinés à soigner les pathologies lourdes. A titre d'exemple, un cancéreux (maladie lourde) qui nécessite une cure chimiothérapique mensuelle ne dispose d'aucune autre alternative. Les fabricants proposent donc que le remboursement soit à ce niveau à 100%. L'AMIP doit communiquer fin janvier ses propositions à la commission chargée de l'AMO. Ali Sedrati, le président de l'AMIP, estime qu'il est encore tôt pour se prononcer. Selon nos informations, il y a néanmoins consensus au sein du secteur sur les premières propositions sans aller toutefois jusqu'à définir une liste de médicaments remboursables. La classification retenue pour l'heure est d'ordre thérapeutique et, partant, ceci déterminerait leur niveau de remboursement. Quatre grandes catégories de médicaments ont été identifiées: les essentiels pour les pathologies lourdes, pour lesquels un niveau de remboursement total est jugé nécessaire, les médicaments moyennement remboursables, les fortement remboursables et ceux qui ne bénéficieront d'aucun remboursement (comme les fortifiants par exemple). Cette dernière catégorie ne représenterait que 15% du chiffre d'affaires. Il y a également la question du générique, sur laquelle les industriels du médicament ne se prononcent pas non plus. “Nous souhaiterions plutôt que le débat se fasse par rapport à un prix de référence et non pas par rapport au médicament le moins cher”, souligne un industriel. Reste à savoir si les autres partenaires seront du même avis. Mais d'ores et déjà chez les industriels, on reconnaît que le dossier AMO a permis de fédérer le secteur. L'euphorie est telle qu'il est question de créer une Fédération du médicament qui regrouperait tous les acteurs.


Le médicament, produit industriel?

Le médicament est un produit industriel auquel la forte portée sociale confère une position particulière. C'est cet argument qu'avancent les officinaux pour demander le remboursement intégral de tous les médicaments. Pour Belhaj Soulami Kamal, président de la Fédération nationale des pharmaciens, “les moyens de remboursement existent. Pour donner à l'AMO sa véritable portée, l'option à retenir est celle du remboursement intégral et de la non-différenciation en catégories”. Ce scénario apparaît peu réalisable. Le Maroc vient en dernière position des pays maghrébins en matière de consommation/an/tête. Elle est de 287DH alors qu'elle avoisine 900Dh en Tunisie.


Conflits d'intérêts

LA polémique qui a porté en France sur la notion de service médical rendu n'a pas été d'ordre scientifique seulement. Plusieurs experts ont en effet mis en garde contre des conflits d'intérêts qui pouvaient résulter le plus souvent du fait que les experts entretiennent des liens avec l'industrie qui les rétribue à des titres divers pour des missions plus ou moins réelles. Le même constat a ciblé les hauts fonctionnaires qui, sur le papier, n'ont pas de liens financiers avec l'industrie, mais qui posent problème à travers leur mobilité : des fonctionnaires partant ou revenant du privé !Le Maroc est-il suffisamment bétonné ?Amale DAOUD

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