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    Economie

    AMO: L'Emploi et la Santé jouent des coudes

    Par L'Economiste | Edition N°:633 Le 08/11/1999 | Partager



    · MM. Khalid Alioua et Abdelouahed El Fassi adressent leurs versions de l'AMO à différents ministères
    · Le montage institutionnel semble s'acheminer vers un système de couverture sociale qui exclurait les assureurs privés


    Le gouvernement pourra faire observer qu'il a de bonnes raisons de prendre tout son temps sur le dossier de l'assurance maladie obligatoire (AMO). La couverture médicale reste, il est vrai, une équation difficile à résoudre sur les plans financier et technique.
    Mais il faudra aujourd'hui tenir compte d'une nouvelle donne: le jeu de coudes entre les Ministères de l'Emploi et de la Santé. Le phénomène n'est pas nouveau. Les deux Départements revendiquent depuis longtemps la paternité du dossier. Le feuilleton vient maintenant de prendre une nouvelle tournure. Après l'accalmie de l'été, les équipes de M. Khalid Alioua et du Dr. Abdelouahed El Fassi ont repris les choses en main. Chacune de son côté, celles-ci ont adressé une "étude" sur l'AMO aux différents départements ministériels.
    Le Ministère de l'Emploi aurait cependant une longueur d'avance sur celui de la Santé. Son projet aborderait en effet les aspects techniques et financiers de l'AMO, y compris les prestations, les modalités de gestion et l'estimation financière.
    Comme prévu, le Département de l'Emploi opte pour une couverture obligatoire par étape, autrement dit, une qui porterait d'abord sur les salariés du privé. A première vue, il s'agirait du fameux projet CNSS qui avait été à l'origine d'une polémique il y a quelques mois avec les assureurs privés.
    Quant à la proposition du MSP, elle semble, selon des sources proches du dossier, surtout s'attarder sur les grandes lignes de l'AMO et "pèche par l'absence d'un volet technique". La volonté exprimée par le ministre de la Santé est de couvrir dès le départ les économiquement faibles. C'est le projet RAMEF (régime d'assistance médicale aux économiquement faibles) qui doit en principe faire jouer une contribution de l'Etat.

    Hésitations


    Dans une déclaration à L'Economiste, M. El Fassi estime "qu'il faut généraliser la couverture médicale à tous les niveaux. Celle-ci devrait être essentiel- lement étendue aux économiquement faibles".
    Paradoxalement, il semble y avoir consensus autour de la question du montage institutionnel (ou du choix de l'organisme gestionnaire). Le constat risque de déplaire aux assureurs privés. Les deux départements avancent à peu de choses le même argument: l'AMO est d'abord une affaire sociale. "Le plus important à mon avis est de mettre en place une assurance sociale. Le but lucratif n'est pas concevable à ce niveau" souligne M. El Fassi. Le ministre de la Santé rejoint par là la position de M. Alioua. Sauf que le ministre de l'Emploi observe aujourd'hui un silence, que certains ont interprété comme révélateur des hésitations gouvernementales.
    Jusque-là, le débat sur la couverture médicale généralisée n'a guère permis d'éclairer les choix possibles. La polémique qui avait opposé il y a quelques mois la CNSS aux assureurs privés ne s'est pas entièrement dissipée. Pour sa part, la CGEM n'a pas digéré la volonté du Ministère de l'Emploi de mettre à contribution les entreprises. Le groupement du patronat avait d'ailleurs manifesté son opposition au projet CNSS à plusieurs reprises.
    Le silence de Alioua n'est pas encore parvenu à faire taire les mauvaises langues qui multiplient, jusque-là, commentaires acerbes et mise en garde sur le traitement réservé par le gouvernement au dossier.

    Mohamed BENABID & Khadija MASMOUDI













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