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International

Algérie/charte de réconciliation
Des ONG internationales montent au créneau

Par L'Economiste | Edition N°:2119 Le 29/09/2005 | Partager

. Elle serait une menace pour les historiens et les familles touchéesLes organisations internationales de défense des droits de l’homme accusent les autorités algériennes de vouloir imposer, à travers la “Charte pour la paix et la réconciliation”, une “vérité officielle” sur la période de la guerre civile afin de la soustraire au travail des historiens et de la presse.Les Algériens sont appelés à se prononcer aujourd’hui, jeudi 29 septembre, par référendum sur ce projet de charte proposé par le président Abdelaziz Bouteflika, pour “consolider la paix et sceller la réconciliation nationale”, après plus d’une décennie de violences qui ont fait plus de 150.000 morts et des milliers de disparus.Les ONG mettent en cause une disposition de la charte, affirmant que “nul, en Algérie ou à l’étranger, n’est habilité à utiliser ou instrumentaliser les blessures de la tragédie nationale pour porter atteinte aux institutions de la République, fragiliser l’Etat, nuire à l’honorabilité de tous ses agents (...) ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international”. “C’est le travail des historiens qui est ainsi interdit”, s’est indigné  Michel Tubiana du Réseau euroméditerranéen des droits de l’homme (REMDH), samedi, lors d’une cérémonie à Paris en hommage aux disparus d’Algérie. Avec cette disposition, les défenseurs des droits de l’homme “ne pourront plus faire leur travail en Algérie et les familles des disparus ne pourront plus manifester” comme elles le font toutes les semaines depuis des années, a-t-il ajouté.Amnesty International (AI) a relevé la semaine dernière que les organisations des familles de “disparus” faisaient face à une “recrudescence des actes d’intimidation” à l’approche du référendum. Le sujet des “disparus” a constitué pendant longtemps une source de vive controverse entre les organisations de défense des droits de l’homme et les autorités algériennes.Quand les ONG accusaient les forces de sécurité d’avoir “enlevé”, avant de les faire disparaître, des militants islamistes, les autorités affirmaient que ces personnes avaient rejoint clandestinement les rangs des groupes armés.Finalement, la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH, officielle), a reconnu que plus de  6.000 personnes avaient disparu après avoir été arrêtées par les services de sécurité. Son président, Farouk Ksentini, a indiqué que des “agents de l’Etat” étaient responsables de ces disparitions, mais qu’ils avaient “agi à titre individuel” et “en toute illégalité”.De son côté, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH, indépendante) évalue à 18.000 le nombre de disparus “enlevés et tués par les services de sécurité sur l’ensemble du territoire algérien” sur “ordre du commandement militaire”.Synthèse L’Economiste

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