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Economie

ALE Maroc-USA: Un accord «OMC moins», selon De Boissieu

Par L'Economiste | Edition N°:1745 Le 12/04/2004 | Partager

. Pour le célèbre universitaire, l'accord offre moins d'avantages au Maroc que l'OMC…. …Mais tant mieux s'il stimule la concurrenceSalle comble vendredi dernier à la Banque Commerciale du Maroc, à l'occasion du débat organisé autour du thème du libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis. Christian de Boissieu, professeur à l'Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), président du Conseil d'analyse économique auprès du Premier ministre et par ailleurs chroniqueur à L'Economiste, était invité à intervenir sur un sujet d'une actualité brûlante au Maroc. Cet accord est-il avantageux ou pas pour l'économie marocaine? Que faudra-t-il en urgence entreprendre pour protéger les secteurs qui seront le plus touchés par cette ouverture? La problématique posée par l'accord est quasi similaire à celles relatives aux autres accords, particulièrement celui conclu depuis plusieurs années déjà entre le Maroc et l'Union européenne. Non pas en termes de procédures ou formalités à mettre en œuvre mais en matière de philosophie générale. Toute ouverture suppose une plus grande concurrence. Et suppose par conséquent l'alignement des niveaux des économies concernées. Lequel des divers accords passés à l'échelle internationale permet-il plus de compétitivité?Pour De Boissieu, «le dernier accord conclu entre le Maroc et les Etats-Unis confère au Royaume moins d'avantages que ceux contenus dans l'accord de l'Organisation mondiale du commerce». Le professeur ira même jusqu'à le qualifier de «OMC moins». De Boissieu ne manque pas de relever au passage que l'ALE avec les Etats-Unis ne s'est pas accompagné d'engagements financiers de la part des Américains (et ce contrairement à l'accord avec l'UE). «Or, il faut reconnaître que les transferts d'argent restent le meilleur moyen pour corriger les asymétries entre des pays à économies différentes» . De ce fait, «le Maroc aura forcément à revoir certaines positions». «Un des grands dangers actuels concerne la segmentation entre deux grands blocs à l'échelle planétaire, notamment en ce qui concerne la recherche et le développement», explique De Boissieu. «Or, il ne faut surtout pas que les pays en voie d'émergence comme le Maroc n'investissent pas dans ces créneaux, les considérant comme de l'unique ressort des pays industrialisés». Les interrogations persistent également dans les domaines des banques et des assurances. Les négociations du chapitre relatif aux services financiers englobant banques, assurances et marché des valeurs mobilières ont tenu compte du rôle que ce volet représente pour le développement du pays. L'accord a aussi tenu compte de la nécessité de maintenir une cohérence entre les différents engagements internationaux du Maroc et la libéralisation à un rythme maîtrisable. Ainsi, la partie marocaine s'est réservé le droit de ne pas autoriser une prise de contrôle d'une grande banque marocaine par le capital étranger. L'objectif primordial de cette mesure est d'éviter un déplacement du centre de décision du Maroc vers l'étranger. Par ailleurs, pour la réglementation future des services financiers, le Royaume s'est réservé le droit d'introduire de nouvelles restrictions à l'accès du marché à l'avenir, pour les services financiers non encore réglementés à la date de la signature de l'accord. Ce sont les sociétés d'assurance et les OPCVM qui auront le plus à souffrir de la conclusion de l'accord. Le texte octroie aux compagnies américaines la possibilité de s'installer en tant que succursales dans un délai de quatre ans. Les professionnels marocains estiment toutefois être pénalisés par ces dispositions. Pour Christian de Boissieu, la question principale qui se pose a trait aux retombées de l'accord sur l'activité boursière. «Va-t-il permettre de relancer la Bourse de Casablanca?» s'interroge-t-il, «et faciliter la consolidation de la place de Casablanca, c'est-à-dire contribuer à mettre en place les instruments financiers nécessaires pour corriger le manque de titres?» Selon lui, «le Maroc ne dispose pas de la bourse qu'il mérite» et «il devrait faire en sorte de profiter de son internationalisation pour la dynamiser». En somme, il estime que «l'accord n'a pas que des aspects positifs». Nezha Lahrichi, professeur à l'ISCAE, modératrice des débats, a pour sa part été appelée à intervenir sur le volet de «l'exception culturelle». C'est aujourd'hui au Maroc de «profiter au mieux de l'expérience et du savoir-faire du pays de l'Oncle Sam» pour s'intégrer dans l'économie internationale.


Position géostratégique

La position géographique du Maroc est considérée comme stratégique. Au carrefour de plusieurs continents, le pays est en passe de devenir une plate-forme de production et d'exportation non seulement tournée vers le nord et l'ouest mais aussi vers l'Asie. C'est du moins ce que pensent les conférenciers. Un des grands atouts de l'accord Maroc-USA est de permettre d'attirer des exportateurs européens et asiatiques, lesquels pourront réexporter vers les Etats-Unis à partir du Maroc en exonération des droits de douane. Hormis le textile et l'agroalimentaire, secteurs-phares de cet accord, les investissements concerneront aussi les services: banque, assurance, transport, ou encore audiovisuel. Amale DAOUD

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