Entreprises

Al Omrane au Parlement
Villes sans bidonvilles, un lourd chantier

Par L'Economiste | Edition N°:3493 Le 24/03/2011 | Partager
Il mobilise 20 milliards de DH
Une seconde réunion, prévue le mardi 5 avril

«Certains projets immobiliers ont été présentés au Souverain par des opérateurs qui n’ont pas rempli leurs engagements. D’autres ne remplissaient pas les conditions à la réalisation», a déclaré Badr Kanouni, président du directoire du groupe Al Omrane (Ph. Bziouat)

La holding Al Omrane revient de loin. C’est ce qui ressort de l’exposé de Badr Kanouni, le tout nouveau président de l’entreprise publique, lors de sa rencontre avec la Commission des finances et du développement économique de la première chambre du Parlement, tenue mercredi 23 mars. Une réunion qui n’a pas permis d’analyser la situation financière et commerciale de la société. Rendez-vous a donc été pris pour une seconde rencontre, mardi 5 avril prochain. Mais d’ores et déjà, il faut savoir que le montant des investissements de la holding est passé de 2,5 milliards de DH en 2002 à 8,3 milliards en 2009. De plus, le nombre de destruction des baraques a augmenté, passant de 5.000 baraques en 2002 à 30.000 en 2009. Quelque 56.000 unités sociales ont été construites en 2009 contre seulement 20.000 en 2002. Quant au capital de la société Al Omrane, il est passé de 1,1 milliard à 2,1 milliards de DH.
Par ailleurs, et à la faveur d’un programme de départs volontaires, le nombre d’employés a baissé de 1,400 en 2002 à 1,214 en 2009. Quant à l’endettement de la holding, il est tout simplement nul. Pour rappel, Al Omrane devait 1,8 milliard de DH au CIH et au Fonds Hassan II. A fin 2010, Al Omrane a lancé 337 projets, totalisant 857.037 unités, pour un investissement global de 40,6 milliards de DH, dont une subvention de 7 milliards versée par la tutelle. Reste encore à réaliser 107 projets, dont 47 connaissent des retards. Au niveau du logement à 140.000 DH, 11.059 unités ont été achevées à fin 2010. S’y ajoutent 69.497 autres unités programmées à l’horizon 2012, dont 70% en partenariat public-privé. Pour ce qui est du logement à 250.000 DH, 360 conventions ont été signées avec la tutelle dans 74 villes.
Au total, 100.000 unités ont été autorisées, dont 60.000 sont en cours de construction. Mais la priorité des priorités est le chantier de la lutte contre les bidonvilles. Sur les 346.000 familles concernées, 67,6% verront leurs conditions de logement changer. Pour les 112.000 familles restantes, des projets sont encore en phase d’étude (73.000 familles) ou en cours de programmation (39.000 familles). Au total, ce chantier lourd mobilise 20 milliards de DH, dont 7,5 milliards provenant de l’Etat. Pour assurer une bonne réalisation des projets, la tutelle procède au contrôle de la holding, notamment pour l’exécution des 724 programmes subventionnés, la mobilisation d’une réserve foncière de 8.832 ha, dont 5.543 ont été dédiés aux villes nouvelles. Plusieurs contraintes se dressent devant l’activité d’Al Omrane. Parmi elles, l’offre limitée en logements, le glissement des classes moyennes vers le logement social, la lenteur des délais d’autorisation, le faible engagement des banques dans le financement du logement social… Autres contraintes et non des moindres, l’achat des logements d’Al Omrane par certains spéculateurs.
H. E. A.

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