×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Agrumiculture
Le secteur est-il piégé par son propre dynamisme?

Par L'Economiste | Edition N°:2648 Le 09/11/2007 | Partager

. Un talon d’Achille, l’eau d’irrigation dans le Souss. Forte adaptation du profil variétal aux marchés extérieurs . 45% des plantations de petits fruits ont moins de 10 ans «BRAVO au ministère!», s’exclame le président de l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc à l’issue de la présentation, mercredi à Casablanca, des résultats définitifs du recensement général des agrumes. Un travail colossal qui a mobilisé de gros moyens et nécessité plusieurs mois d’investigations sur le terrain. Pas moins de 150 cadres et enquêteurs ont été mis à contribution pour collecter, traiter et analyser les données recueillies. Le tout procède d’abord de la délimitation des zones agrumicoles par le biais de prise de vue aérienne. La superficie couverte est de près de 680.000 ha englobant les six régions de production agrumicole. «Le recensement a, en effet, la particularité d’utiliser, pour la première fois, des documents cartographiques comme support à l’enquête de terrain», se félicite Hassan Serghini, directeur de la DPAE (Direction de la programmation et des affaires économiques) qui a réalisé l’enquête. Au final, l’interprofession dispose désormais «d’une bonne base de données», commente un producteur du Souss. «Mais qu’en est-il de sa mise à jour?» s’interroge un technicien. Surtout pour les volets de la conduite des vergers et des programmes d’investissement et de reconversion. «Pas avant 2012», tranche Serghini. Car, depuis sa finalisation en novembre 2006, le capital humain et matériel du ministère a été réduit de manière draconienne. Départ volontaire oblige! «Au demeurant, la diffusion d’informations concernant les divers paramètres de l’exploitation du verger relève du secret professionnel», argumente encore le directeur de la DPAE. Et le ministère dispose désormais d’une fiche signalétique assez détaillée pour chaque verger et chacune des parcelles. La profession a aussi une mine d’informations pour puiser les éléments de l’argumentaire devant appuyer son contrat-programme. «C’est donc un partenariat gagnant/gagnant», ironise un conditionneur. D’emblée, l’enquête révèle un dysfonctionnement de taille: l’agrumiculture est fortement présente dans des zones où la ressource hydrique se fait de plus en plus rare. Sur les 81.550 ha recensés, le Souss Massa concentre plus de 40% des superficies. Et le rythme de plantation y est le plus élevé avec une moyenne quinquennale de 1.522/ha/an contre 500 pour les autres régions. Entre 2002 et 2006, le programme national de plantation a porté sur une moyenne annuelle de 3.330 ha. «C’est le rythme le plus rapide jamais enregistré depuis 30 années», signale l’enquête. Depuis le recensement de 1991, environ 32.500 ha ont été plantés dont 69,3% en remplacement des arbres âgés ou en reconversion variétale. L’extension a concerné moins de 10.000 ha. Par groupe d’agrumes, 45% des plantations des petits fruits ont moins de 10 ans, alors que les oranges n’en comptent que 20%. C’est que la dynamique du rajeunissement demeure un phénomène récent. Le détonateur? La perte de vitesse constatée face aux nouveaux concurrents comme l’Egypte et la Turquie ou encore la présence d’oranges pakistanaises sur le marché russe qu’on croyait acquis pour 50% des exportations nationales. Et la mue est à portée. Dans la mesure où le verger agrumicole «reste dominé par les grandes exploitations: sur les 12.820 exploitants, 2,3% détiennent près de 43% des superficies», dévoile le recensement de 2006. Et les vergers de taille supérieure à 10 ha occupent 72,1% des plantations alors qu’ils ne représentent que 11, 3% du patrimoine agrumicole. Cependant, 60% des agrumiculteurs disposent de moins d’un hectare. Mais le type d’exploitation demeure le dénominateur commun: près de 97, 8% des vergers sont exploités par des personnes physiques.Autre caractéristique commune, le recours au pompage pour l’irrigation. Il représente 50,2% à partir des puits ou forages et 7,5% en provenance des rivières. Le pompage à partir des puits intervient aussi pour 23,8% dans les zones de grande hydraulique. L’irrigation par l’eau du barrage n’intéresse que 14% des plantations. C’est dire l’importance de l’irrigation privée dans le secteur des agrumes. Le coût, notamment du carburant, a certes stimulé le développement de l’arrosage localisé. Et le Souss est champion en la matière. La région concentre le taux le plus élevé: 79,8%. Mais la ressource y est dangereusement menacée. D’autant plus que la zone se distingue par d’autres cultures non moins exigeantes en eau. Les solutions préconisées convergent vers le transfert des eaux du nord vers le sud ou encore vers la mise en œuvre de projets de dessalement d’eau pour l’alimentation des agglomérations. Question de baisser la pression sur la ressource. Mais la cherté du transport milite pour d’autres options. La plus évidente pour la tutelle est de valoriser l’utilisation de la ressource selon les disponibilités régionales. Cela veut dire que l’agrumiculture trouverait meilleur terrain dans les zones où la ressource est pléthorique. Encore faut-il stimuler le déplacement des compétences et du savoir-faire.A. G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc