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Economie

Agrumes: La sécheresse brouille les données

Par L'Economiste | Edition N°:1160 Le 07/12/2001 | Partager

. Persistant, ce phéno-mène inverse la tendance à la hausse prévue en début de campagne. Le recul serait, selon les régions, compris entre 10 et 15%Un mois après le coup d'envoi de la campagne 2001-2002, l'optimisme affiché par les agrumiculteurs est tombé d'un cran. Aujourd'hui, ils revoient leurs prévisions et leurs comptes à la baisse. La sécheresse a fini par les rattraper et inverser la tendance. Si elle persiste, ses conséquences pourraient se répercuter sur la campagne prochaine 2002-2003, estiment les opérateurs.Initialement prévue à 1,185 million de tonnes, la production totale d'agrumes pour 2001-2002 ne serait que de 1 million. L'export total Maroc, quant à lui, passe de 543.000 en début de campagne à 480.000-500.000 tonnes.Aujourd'hui, les opérateurs sont dans l'expectative et espèrent des pluies pour les jours qui viennent, souligne Ahmed Derrab, secrétaire général de l'ASPAM (Association des Producteurs d'Agrumes du Maroc). En attendant, poursuit-il, “il se confirme aujourd'hui que la baisse se situerait entre 10 et 15%, selon les régions”.C'est le Souss, touché de plein fouet par la sécheresse, qui affiche le plus important recul (de 15 à 20%). Berkane, qui a enregistré des niveaux de pluviométrie moyens, connaîtra une baisse de 5%. Pour le Centre (Béni Mellal, Gharb), elle serait de 10%.Depuis plusieurs années, la sécheresse a fini par porter une estocade aux performances lorsqu'elles pointent du nez. Le Maroc l'a compris à ses dépens: l'irrégularité des pluies devient un fait récurrent et il devra désormais intégrer cette donnée. Depuis les années 80, le pays a connu neuf années de sécheresse, soit pratiquement une année sur deux.Au fur et à mesure, les pertes se sont accumulées. Il y a deux ans, elles se sont élevées pour le secteur agrumicole à près de 400 millions de DH. Pour la campagne précédente, les chiffres ne sont pas encore arrêtés, mais le manque à gagner devrait atteindre les 150 millions de DH dû essentiellement à une baisse du tonnage.. Liquidités immédiatesCes résultats financiers déficitaires ont poussé les opérateurs à se tourner vers le marché intérieur plus rémunérateur et pourvoyeur de liquidités immédiates. Les prix sur ce marché sont actuellement jugés assez intéressants. Les écarts de triage de la clémentine se situent entre 1,20 et 1,40 DH le kilo. Ceux des fruits avec feuilles, ils oscillent entre 2 et 2,50 DH le kilo. Cette situation de crise ne s'arrête pas là et touche les usines de transformation de Frumat. Celle-ci a écrasé l'année dernière 38.000 tonnes, volumes qualifiés de très faibles. Ce qui, avance Ahmed Derrab, “créera des difficultés pour l'entreprise et ce, malgré les nombreuses mesures de restructuration et de redressement menées avec succès”, souligne le secrétaire général de l'ASPAM. Selon lui, les producteurs devront fournir un effort supplémentaire pour garantir à Frumat un tonnage minimum de 60.000 à 70.000 tonnes. “Ce n'est qu'à ce prix-là que pourra être sauvé cet outil qui joue un rôle de soupape de sécurité pour le secteur”.


Les marchés à contrat

Au 2 décembre et depuis le démarrage de la campagne en octobre dernier, le Maroc a exporté 82.000 tonnes contre 65.000 à la même date de l'année dernière (+26%). En dépit des difficultés, cette tendance à la hausse tranche avec les résultats de la saison passée, la plus mauvaise depuis 40 ans après celle de 1994/95 où le Maroc n'avait exporté que 410.000 tonnes. Sur les 82.000 tonnes expédiées, 80.000 tonnes sont des clémentines. Pour ce fruit, les prévisions ont aussi été revues à la baisse: 140.000 tonnes contre 163.000 tonnes prévues au départ. Concernant la navel, 30.000 tonnes devront être exportées sur les marchés étrangers contre 45.000 tonnes prévues initialement.Depuis le démarrage et comme à l'accoutumée, la priorité est donnée aux marchés à contrat (Canada, pays de l'Est, Russie et Scandinavie). Ce n'est qu'à partir du 15 novembre dernier que les exportateurs se sont orientés vers les pays de l'Union européenne où les cours sont actuellement intéressants en raison des problèmes qualitatifs qu'a connus l'Espagne, frappée par les intempéries. Autre fait marquant, le déroulement de la campagne export, l'insuffisance, selon les producteurs, de concertation et de coordination entre les deux groupes d'exportation, Maroc Fruits Bord et Fresh Fruits. Si au début de la saison, ces deux pôles ont tenté un rapprochement, mais cela n'a pas abouti. La concurrence entre eux, avancent des producteurs, s'est ressentie sur le marché canadien qui a été quelque peu surapprovisionné. Face à cela, les deux groupes se sont réunis la semaine dernière pour trouver un terrain d'entente. Vivement souhaité par la profession, “ce rapprochement devrait éviter les télescopages ou surdosages des marchés afin de ne pas affecter négativement la recette des producteurs”.Meriem OUDGHIRI

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