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    Economie

    Agroalimentaire
    Le Maroc, partenaire central pour l’Allemagne
    Entretien avec Gerd Müller, ministre fédéral adjoint de l’Alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs

    Par L'Economiste | Edition N°:3420 Le 09/12/2010 | Partager

    L’Allemagne participe activement à la 9e édition du Salon international professionnel de la filière fruits et légumes (Sifel) qui démarre aujourd’hui à Agadir. A cette occasion, Gerd Müller, ministre fédéral adjoint de l’Alimentation, de l’agriculture et de la protection des consommateurs a accordé une interview exclusive à L’Economiste. Coopération, échanges commerciaux, l’origine Maroc suscite de plus en plus l’intérêt des Allemands. - L’Economiste: L’Allemagne est l’invitée d’honneur de la 9e édition du Salon international professionnel de la filière fruits et légumes. Quelle importance attachez-vous à cette manifestation?- Gerd Müller: Les relations entre l’Allemagne et le Maroc dans le domaine agroalimentaire ont connu ces derniers temps une évolution positive. Nous avons lancé, ne serait-ce que cette année, plusieurs projets de coopération. L’Allemagne a d’abord été, au mois d’avril dernier, l’invitée d’honneur au Siam à Meknès, auquel la plus importante délégation allemande de l’histoire des relations maroco-allemandes dans le domaine agroalimentaire a pris part. A cette occasion, un accord de coopération bilatérale dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments a été signé. Par ailleurs, nous avons mis en place au sein de l’ambassade d’Allemagne à Rabat, il y a un peu plus d’une année, un service dédié aux affaires agricoles. A la lumière de ces données et bien d’autres en la matière, il va sans dire que la présence de l’Allemagne au Sifel revêt une importance majeure. - L’Allemagne s’intéresse de plus en plus à l’origine Maroc en matière de fruits et légumes. A quoi est dû véritablement cet intérêt?- Les importateurs allemands sont à la recherche de fournisseurs fiables de fruits et légumes pour assurer notamment l’approvisionnement des marchés durant les mois d’hiver. Les fournisseurs qui sont en mesure de livrer les produits avant le mois d’avril sont donc particulièrement sollicités. Aussi, durant ces dernières années, les produits marocains ont rencontré un grand succès. Il ne faut pas oublier que la libéralisation prévue des échanges dans le domaine agricole entre l’Union européenne et le Maroc constitue un avantage aussi bien pour le Maroc que pour les importateurs et consommateurs allemands. - L’Allemagne et le Maroc ont conclu en avril 2009 un accord de coopération dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Concrètement, à quoi a abouti cette coopération?- Il y a deux mois, une délégation de l’Office national de la sécurité sanitaire des aliments (ONSSA) a effectué une visite d’information en Allemagne. Au menu du programme, figuraient des entretiens approfondis avec l’organisme partenaire allemand, à savoir l’Office fédéral pour la protection des consommateurs et la sécurité alimentaire (BVL), ainsi que des visites de centres de recherches et de laboratoires allemands de référence et de surveillance. Pour finir, l’Onssa a participé à un congrès international du BVL sur la mondialisation des flux de marchandises, qui s’est tenu voici quelques semaines. - Quels projets aujourd’hui pour développer la collaboration dans ce domaine? - Lors de la visite de la délégation de l’Onssa en Allemagne, les deux parties ont convenu de domaines concrets de coopération. Il s’agit de l’appui dans l’élaboration de plans de surveillance et de programmes de contrôle dans le domaine des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. Mais aussi d’échange dans les domaines des laboratoires de référence et de surveillance. Nous envisageons enfin de collaborer pour une procédure d’homologation des produits phytosanitaires et la possibilité de reconnaissance unilatérale. Sans oublier la fixation des limites maximales de résidus des produits phytosanitaires, le contrôle de ces produits et les mesures de gestion et techniques de leur utilisation.- Le Maroc compte s’appuyer sur l’expérience allemande pour développer la culture bio. Que préconisez-vous à ce sujet? - L’Allemagne est le plus grand marché européen pour les produits bio. En 2009, les produits issus de l’agriculture biologique ont généré en Allemagne un chiffre d’affaires de près de 6 milliards d’euros (plus de 66 milliards de DH). Durant les douze dernières années, le chiffre d’affaires total a ainsi presque quadruplé. Plus de 21.000 exploitations agricoles allemandes produisent sur près d’un million d’hectares des produits bio. De fait, depuis 1996, le nombre des exploitations allemandes bio a triplé. Le Maroc peut donc aussi profiter de cette tendance. Pour pouvoir commercialiser dans les pays de l’Union européenne des produits marocains sous le label bio, il faudrait que le Maroc dispose d’une règlementation relative à la production et au contrôle similaire à celle qui prévaut en Europe. A ce niveau, je tiens à saluer les efforts déployés par le ministre marocain de l’Agriculture et de la pêche maritime, Aziz Akhannouch, en vue d’élaborer un cadre législatif pour l’agriculture biologique. Dans tous les cas, l’Allemagne apportera son soutien à ce processus et signera lors du Sifel à Agadir un accord de coopération dans ce sens.- Quelles sont les perspectives d’avenir des relations maroco-allemandes dans le domaine agroalimentaire? - A l’échelle de toute l’Afrique du Nord, le Maroc est déjà actuellement le partenaire central pour l’Allemagne dans le domaine agroalimentaire. L’accord de libéralisation avec l’Union européenne renforcera davantage nos échanges mutuels à ce niveau. Pour l’avenir, j’espère que nous pourrons aussi développer nos échanges commerciaux au niveau des produits transformés. Je me félicite également de la participation du Maroc, au mois de janvier prochain, à la Semaine Verte internationale de Berlin avec un grand stand. La Semaine verte internationale est, comme vous le savez, le plus important salon de l’agroalimentaire au monde. Par ailleurs et pour la première fois, un forum sur le Maroc, organisé par le ministère marocain de l’Agriculture et de la pêche maritime, aura lieu lors de ce salon.


    Echanges commerciaux

    L’année dernière, le volume des exportations marocaines de produits agroalimentaires vers l’Allemagne a atteint 126 millions d’euros (près de 1,4 milliard de DH), avec en tête la tomate qui totalise 41 millions d’euros. Parallèlement, les deux tiers des bovins d’élevage du Maroc proviennent d’Allemagne. En 2009, l’importation de bovins allemands a progressé de plus de 40%. Aujourd’hui, le Maroc compte s’appuyer sur l’expérience allemande en matière de culture biologique. Une conférence sur l’agriculture biologique est organisée par l’Allemagne lors du Sifel et sera marquée par la signature d’un accord de coopération bilatérale.


    Modèle

    «L’agriculture biologique est devenue partie intégrante de la production agricole», précise Gerd Müller. Aussi, les exploitations agricoles biologiques doivent opérer selon les lois du marché, poursuit-il. A ce niveau, les petites exploitations sont toujours exposées à des défis particuliers. C’est la raison pour laquelle les exploitants agricoles allemands se regroupent, depuis plus d’un siècle déjà, en coopératives afin d’avoir une plus forte position sur le marché. Actuellement, il existe en Allemagne plus de 2.500 coopératives agricoles qui réalisent un chiffre d’affaires annuel total de près de 40 milliards d’euros. De l’avis du haut responsable allemand, «le système coopératif allemand, qui a fait ses preuves, pourrait servir de modèle pour le Maroc». Propos recueillis par Malika ALAMI

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