×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Agro-industrie : Primeurs : Un cas d'organisation d'un secteur

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Le secteur des primeurs connaît aujourd'hui une forte croissance de la production et une participation massive des grands producteurs dans les exportations. Les stations de conditionnement mais aussi la frigorification demeurent les principaux atouts.

    Des la fin du monopole de l'OCE, une restructuration du secteur des primeurs a débuté, impulsée par les groupes de commercialisation et de conditionnement. Les principes généraux établis alors sont encore en vigueur. La filière s'est structurée pour tenir compte des rendements d'échelle et de taille d'une part et des caractéristiques propres de chacun des marchés visés d'autre part. L'AFB (Atlas Fruit Board) a été créée par les grands groupes pour assurer surtout la logistique maritime et la gestion de quelques marchés hors UE.

    Dans tous les cas, le secteur des primeurs, aujourd'hui, se caractérise au Maroc par une forte croissance de la production, particulièrement dans le Souss, une intégration rapide des nouvelles technologies (semences hybrides récentes, fertigation, innovation dans la plasticulture). S'ajoutent une participation croissante des grands producteurs dans les exportations et une distinction selon les régions du niveau technique et des rendements. Les stations de conditionnement sont l'aspect le plus crucial dans une agriculture tournée vers l'exportation. En effet, précisent les experts de l'AMI, c'est à ce stade que la valorisation de la production s'effectue. Selon les opérateurs du secteur, les écarts de prix de près d'1FF/kg entre une tomate bien calibrée, uniforme en couleur, en variété, porteuse d'une marque connue, sont faciles à obtenir. Les opérateurs, ayant réalisé la rentabilité d'une bonne station d'emballage, investissement de plus en plus dans cette fonction.

    Projet de promotion

    Pour bien comprendre la situation actuelle de cette fonction, soulignent les analystes de l'AMI, un retour en arrière s'impose. En 1975, la Banque Mondiale identifie un projet de promotion de l'agriculture maraîchère dans la zone sud de Casablanca, qui s'étend sur Casablanca, Azemmour, El Jadida et Oualidia. Ce projet, fondé sur l'introduction d'un paquet technique radicalement nouveau, devait permettre de revenir vers des niveaux d'exportation maraîchères perdus depuis l'instauration des prix de référence. Le paquet technique comportait la serre, la semence hybride de tomates et le développement d'une fumure raisonné. La commercialisation, l'encadrement technique et de gestion (projet de financement, comptabilité) étaient assurés par l'OCE, entreprise publique investie du monopole de commercialisation des primeurs, des agrumes et des conserves végétales et animales produites au Maroc. Deux solutions ont été envisagées pour le développement des stations de conditionnement:

    -reprendre le modèle des stations de conditionnement d'agrumes, propriétés du secteur privé et/ou de l'OCE,

    -développer des coopératives de conditionnement, à l'image des groupements maraîchers français.

    Due au faible coût à l'entrée dans le conditionnement des tomates, au régime fiscal favorable aux coopératives et aux orientations du Ministère de l'Agriculture, la seconde option a été retenue. Elle s'est traduite par le développement des coopératives de conditionnement des primeurs. "Leur caractéristique générale tient à la petite taille de ces unités et à leur équipement rudmentaire, faisant essentiellement appel à la main-d'oeuvre féminine qui a développé de fortes compétences dans le calibrage (taille et couleur)", précisent les analystes de l'AMI. Par ailleurs, concernant la frigorification, cette fonction a pris une importance considérable avec le développement des exportations de tomates par voie terrestre en camion frigo. En effet, une bonne valorisation du produit requiert une préréfrigération au moment du chargement sur le camion. Afin de maîtriser les exportations et éviter une forte baisse des cours associés à la présence sur le marché de produits de faibles qualités, l'EACCE a mis en oeuvre une réglementation interne. Celle-ci exige la disponibilité d'un frigo dans la station d'emballage pour recevoir l'agrément d'exporter. De son côté, la commercialisation des primeurs au Maroc évolue lentement. Les circuits de commercialisation mis en place par l'OCE, du temps de son monopole sur les exportations, sont encore dominants. C'est ainsi que l'essentiel des ventes marocaines de primeurs est le fait de commissionnaires, à quai ou opérant sur les marché de Rungis et de Perpignan. "Le développement des ventes aux centrales d'achat et aux chaînes de supermarchés ne progresse pas beaucoup, spécialement sur la France", soulignent les experts de l'AMI.

    Enfin, s'agissant du transport international, longtemps considéré comme le point noir de la logistique marocaine pour l'exportation des primeurs, il s'est beaucoup développé durant ces dernières années, et ce, suite à la ratification de la Convention TIR par le Maroc et l'Espagne. Cette ratification a permis le transit sans rupture des produits agricoles à travers ce pays.

    M.O.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc