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Agro-industrie : La nouvelle stratégie pour les exportations agricoles

Par L'Economiste | Edition N°:222 Le 21/03/1996 | Partager

Le nouveau cadre dans lequel devront opérer les exportateurs marocains est aujourd'hui en place. Si le Maroc possède des atouts, il ne peut en tirer le maximum sans une révision des stratégies actuelles des secteurs privé et public.


Les accords de Marrakech, la mise en place du grand marché unique et l'élargissement de l'UE de 12 à 15 pays constituent les trois plus importants événements qui sont en train de changer la position concurrentielle des exportations marocaines sur le marché mondial.
Le nouveau cadre pour les exportations agricoles marocaines est donc en place. L'étude sur "le changement de la compétitivité des exportations agricoles marocaines"(1), menée dans le cadre du Projet de Promotion de l'Agribusiness au Maroc (PPAM), a fait le point sur ces différents changements. Elle a aussi formulé des recommandations qui forment une ébauche de stratégie d'action pour le quinquennat qui débute. Cette nouvelle stratégie supposera une adaptation des produits offerts et des services mis à la disposition des opérateurs au nouveau cadre et aux nouvelles conditions d'accès. Or, soulignent les analystes de l'étude, "ce nouveau cadre offre au secteur des opportunités sérieuses de croissance". Ces opportunités sont fondées sur les acquis de l'accord d'association et l'avantage du coût salarial par rapport au principal concurrent (l'Espagne) et l'avantage de proximité et de coût de transport par rapport à la plupart des autres concurrents. Cependant, "il ne serait pas possible de tirer le maximum de ces atouts sans une révision des stratégies actuelles des secteurs privé et public".

Réduire la concentration sur l'UE

L'orientation majeure de la nouvelle stratégie devrait être la consolidation des avantages détenus actuellement et l'ouverture de nouveaux marchés afin de réduire la concentration sur l'UE des 85% actuels à un taux avoisinant les 60% à l'an 2000.
Pour la mise en oeuvre de cette stratégie à moyen et long termes, quatre ensemble de mesures sont à considérer.
Le premier consiste à réduire les surcoûts le long de la chaîne logistique, c'est-à-dire réduire le nombre des contrôles, abaisser les taxes et les tarifs, accroître la concurrence dans le secteur du transport (cabotage, ouverture de lignes, services au sol...) et trouver de nouvelles sources de financement des infrastructures, fondées sur une réforme des prérogatives des monopoles publics dans le secteur.
Le deuxième ensemble de mesures concerne la privatisation des terres irriguées encore détenues par les sociétés étatiques ainsi que des activités d'importation, de production et de distribution des plants et des semences. "La concurrence actuellement exercée par les sociétés étatiques inhibe les investisseurs et réduit par conséquent le potentiel de croissance".

Le troisième a trait au recentrage de l'Etat sur les fonctions de régulation, de contrôle et de fourniture des services d'intérêt collectif et général. Pour les analystes, les domaines prioritaires de ce recentrage sont ceux relatifs à la fourniture et à la certification des semences et des plants, dont le contrôle doit être amélioré, à l'usage des pesticides et des méthodes biologistes, aux normes sanitaires et alimentaires, et aux normes et standards techniques relatifs aux installations agro-industrielles.
Enfin, le quatrième ensemble tient au renforcement de la coopération entre l'Etat et les opérateurs privés dans le suivi de l'application des mesures prévues dans les différents accords internationaux signés par le Maroc. S'ajoute la préparation des positions à défendre par le Maroc lors des prochains rounds de négociations, dont la préparation est en cours, notamment la réforme des organisations communes des marchés des fruits et légumes en Europe et la prochaine phase de négociations multilatérales dans le cadre de l'OMC.

Malika.OUDGHIRI.


Un nouveau profil de l'accès au marché


Une classification des produits selon les caractéristiques de la demande est proposée comme première étape dans la définition des actions à mener pour consolider les avantages du secteur et la promotion des exportations agricoles marocaines. Quatre groupes de produits ont été distingués.
-Groupe 1: Les produits leaders menacés par la protection européenne et la concurrence espagnole: tomates et agrumes. Les marchés à cibler sont l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Est, suivis des marchés asiatique (sauf pour les tomates) et du Moyen-Orient.
-Groupe 2: Les produits en croissance avec avantages compétitifs: les fraises, les melons, les asperges, les poivrons et les produits surgelés. Le marché européen restera porteur, surtout en dehors du marché français.
-Groupe 3: Les produits soumis à la concurrence extra-européenne: les fleurs, pommes de terre, oignons, aulx, artichauts, huile d'olive, vins, olives de table, tomates en conserve et haricots verts. Les marchés à cibler restent les mêmes que pour le Groupe 2.
-Groupe 4: Produits en stagnation ou en déclin: produits mis en conserve traditionnellement par le Maroc et dont la demande se restreint du fait de la concurrence des produits frais et surgelés (conserves d'abricots verts et d'abricots). Les priorités seraient ici le maintien des destinations traditionnelles et la diversification des préparations et des conditionnements (y compris les produits surgelés prêts à la consommation).


Changement de décor pour le marché local


Longtemps négligé et considéré comme un débouché accessoire, le marché local est devenu aujourd'hui capital. "Nous nous sommes rendu compte que ce marché, en dépit du faible pouvoir d'achat, représente et regroupe des créneaux intéressants", soulignent les professionnels.
Certains opérateurs créent pratiquement un marché local avec de nouveaux produits qui viennent bousculer sur les rayons les marques importées. Tel est le cas par exemple des jus de fruits. "Avec l'ouverture des frontières, l'invasion des jus de fruits, notamment espagnols, a révélé sur ce créneau un marché encore vierge". En effet, le Maroc, grand producteur de fruits, ne consomme que 0,6 litre par habitant et par an, face à la Turquie qui consomme 16 litres, l'Allemagne 36 et la Grande-Bretagne 43. De plus, les jus de fruits importés par le Maroc sont fabriqués, dans certains cas, avec la matière première marocaine. Face à cette situation, les producteurs marocains de jus ont récemment lancé de nouveaux produits sur le marché local, soutenus par des campagnes publicitaires et promotionnelles. Outre l'orange, "l'élargissement de la gamme à tous les fruits que produit le Maroc (pomme, poire, raisin...) s'impose également", indiquent les opérateurs.

Aujourd'hui, avec de nouveaux produits, de nouveaux styles de consommation se sont installés. Les habitudes alimentaires sont en train de changer et la rapidité prime. L'objectif du consommateur est d'acheter des produits "pratiques" et rapides à préparer. C'est cette tendance et cette mouvance que les producteurs de surgelés ont décidé d'investir. Selon eux, "le chemin est encore long avant de convertir le consommateur à ce type de produit". Il y a certes un début de répondant sur le marché, mais le potentiel reste encore très restreint. "Il y a donc toute une culture et une éducation que nous devons absolument mener auprès du consommateur". De plus, le développement de ces produits ne peut se faire que par la mise en place d'équipements adéquats. Des distributeurs investissent actuellement dans des bacs réfrigérants. Des sociétés de produits surgelés commencent à mettre en consignation des bacs au niveau de différentes supérettes. Outre le poisson, le surgelé s'attaque également à d'autres produits non commercialisés durant toute l'année. Tel est le cas des oignons, des haricots verts, des truffes...
L'innovation sur le marché local concerne également les emballages, notamment pour les huiles, les confitures...

Meriem OUDGHIRI.


Les recommandations-clé


Les recommandations-clé de l'étude, parmi la quarantaine proposées, sont au nombre de cinq et concernent les divers stades du processus de production, conditionnement, transport et commercialisation. Pour les analystes, ces recommandations forment "l'ossature d'un programme d'actions réalisables à court et moyen termes".
· Simplifier les procédures de contrôle à l'exportation: Le contrôle(1) à l'exportation est encore trop souvent source de manipulations physiques, ruptures dans la chaîne de froid et rallongement des délais de transport, ce qui constitue un surcoût non négligeable. Afin de minimiser ces coûts pour les exportateurs et améliorer les services offerts par les transporteurs, il s'agira de réduire et de déplacer les contrôles vers l'amont, de généraliser les contrôles sur base documentaire et de procéder par échantillonnage pour les contrôles physiques.
· Améliorer le traitement post-récolte: Pour les experts, les investissements requis pour améliorer ce traitement ne sauraient être rentabilisés sans une réduction des risques de détérioration et de rupture de la chaîne de froid à la sortie des stations (cf recommandation 1).

· Faciliter et protéger le commerce variétal: Associer la profession dans le débat parlementaire que suscitera le projet de loi en cours.
· Gérer de manière plus efficace les quotas: Il s'agira de mettre en place un mécanisme de gestion des quotas pour les produits sensibles qui assurent la fiabilité de l'origine marocaine, tout en rémunérant les efforts de diversification. Un dispositif de répartition des quotas fondé en partie sur les performances passées et en partie sur les performances en dehors des marchés traditionnels pourrait assurer cette fonction. L'efficience économique de ce dispositif serait accrue par l'autorisation d'échanger les quotas entre les exportateurs, car elle permettrait aux plus performants d'accroître leur part de marché, en "rachetant" les quotas historiques des autres.
· Accroître la disponibilité des terres: Privatiser les terres, en particulier irriguées, détenues par les sociétés étatiques et réviser les dispositions du Code des Investissements Agricoles qui font obstacle à une utilisation efficiente du facteur terre.





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