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    Economie

    Agriculture
    Quand arrêterons-nous de colmater?

    Par L'Economiste | Edition N°:2488 Le 20/03/2007 | Partager

    . Laenser engage le débat: “On ne réussira pas en essayant de satisfaire des besoins conjoncturels”. Encourager le regroupement des terres. Passer à un élevage intensif«L’agriculture marocaine a besoin de réformes lourdes et profondes et ce n’est pas en essayant de satisfaire des besoins conjoncturels que l’on réussira». Mohand Laenser, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Pêches maritimes, engage aujourd’hui le débat quoique tardivement. L’agriculture marocaine traîne de très lourds boulets et il y a urgence à mettre en place une réforme de fond pour un secteur aussi stratégique. Face à l’ouverture, le Maroc n’a plus le choix que de gérer d’une autre manière son développement agricole. Alors stop au colmatage et aux stratégies de sauvetage. Elle ne servent de toutes les façons à rien. Dans un entretien accordé à L’Economiste, Laenser explique la stratégie mise en place par son département pour la mise à niveau de ce secteur, ainsi que les grandes réformes inscrites dans la stratégie 2020, “mais qui ne donneront leurs fruits que dans quelques années”. Aujourd’hui, le département de l’Agriculture, selon Laenser, a ouvert des dossiers sur différents fronts. Sur la question des dettes, le ministre explique que «tous nos agriculteurs demandent à être dispensés du remboursement de leurs crédits, mais il ne peut y avoir d’effacement d’ardoises parce qu’ensuite le fellah ne pourra plus avoir accès au crédit». Le ministre n’exclut pas toutefois les cas de personnes insolvables. Il estime qu’il y a également ceux «des agriculteurs dont les dettes peuvent être rééchelonnées et ceux qui doivent impérativement payer leurs dus». Cela parce que, pendant longtemps, les gens ont confondu Crédit Agricole et aide de l’Etat. Or ce dernier a «beaucoup fait pour le secteur notamment en prenant des mesures pour la modernisation de l’agriculture», souligne Laenser en faisant référence aux dernières dispositions du gouvernement pour faire face à la sécheresse. Pour rappel, les subventions pour la mécanisation ont été portées à 40%. Résultat, la vente des tracteurs par exemple a doublé en un an. Autre dossier, l’ambitieux plan arboricole qui vise à porter la superficie en oliveraies de 600.000 hectares à un million. En effet, seulement 5.000 à 7.000 hectares étaient plantés par an. Le processus déclenché depuis trois ans a permis de passer d’une moyenne de 400.000 plants distribués par an à 2,5 millions, voire 3 millions actuellement. L’accélération de ce processus permettra effectivement de reconvertir des terres qui ne sont plus valables pour la céréaliculture en oliveraies. Le plan oléicole est donc sur les rails. La fréquence de plantation d’oliviers est passée à plus de deux millions de plants subventionnés à 80%. Le département de l’Agriculture intervient également dans la modernisation des pressoirs. Des primes d’investissement sont donc allouées aux agriculteurs. L’huile d’olive marocaine commence aujourd’hui à être connue sur le plan international et l’Etat est en train d’accompagner ce processus notamment par la préparation de conventions avec de gros producteurs et utilisateurs. A noter que des producteurs de vin (entre autres Les Celliers de Meknès et Castel) commencent à s’intéresser à la production de l’huile d’olive. Cette dernière aura donc son cru et son millésime avec des appellations d’origine contrôlées. Les Portugais sont aussi de la partie et sont en cours d’installation dans la région de Kalâat Sraghna. . Elevage: L’autosuffisance assuréeL’agriculture c’est également l’élevage. Tel qu’il est perçu par les Marocains, l’élevage bovin va continuer à s’améliorer parce qu’il rentre dans le cadre d’une politique d’amélioration génétique et surtout d’autosuffisance en viande rouge. Le Maroc est aujourd’hui à 100% d’autosuffisance en viandes rouges et blanches et à 85% pour les laitages. C’est ce qui se traduira inéluctablement par une baisse des prix. Pour les ovins et caprins, l’élevage continuera aussi à s’améliorer, mais différera. Les élevages extensifs sont effectivement en train de se réduire pour s’orienter vers l’élevage intensif, dans les étables où les bêtes sortiront beaucoup moins parce qu’il y aura moins de pâturages. Aujourd’hui, le Maroc compte 1,7 million d’agriculteurs. Un chiffre qui s’est stabilisé au cours des 15 dernières années dû aux nombreux départs vers la ville ainsi qu’aux partages et cessions d’exploitations. Pour Laenser, il serait «souhaitable que ce nombre diminue non pas à cause des exodes vers les villes, mais parce qu’il y aura des reconversions vers d’autres activités complémentaires dans le monde rural». C’est un peu ce que vise l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et le programme de développement rural intégré initié par le ministère de l’Agriculture. L’idéal, selon le ministre, serait de ne pas dépasser 800.000 exploitations. Actuellement, le Maroc en compte 1,6 million ayant une superficie moyenne de moins de 5 hectares divisés en 6 parcelles. Mais, si on procède à un regroupement des terres, l’agriculture peut aisément se moderniser, notamment par le renforcement de la mécanisation. Autre point noir, le taux d’analphabétisme chez les agriculteurs qui a atteint près de 80%. C’est énorme. Ce taux est exacerbé par le vieillissement, la moyenne d’âge des agriculteurs dépassant les 55 ans et les jeunes qui ne s’intéressent plus beaucoup à l’agriculture. C’est pour cela que le département de l’Agriculture a initié une politique de formation pour 2.500 à 3.000 ingénieurs et techniciens par an. Plus tous les programmes destinés aux fils d’agriculteurs (près de 15.000 formations par an).


    Fini l’abattage clandestin?

    Le département de l’Agriculture prépare actuellement un plan pour la construction de nouveaux abattoirs. Mais de l’aveu même du ministre, l’opération risque de prendre du temps dans la mesure où les abattoirs à viande sont gérés par les communes parce qu’ils sont générateurs de recettes pour elles. Le réseau d’abattoirs envisagé ne va pas remplacer ceux qui existent. Mais l’objectif est d’en avoir un par grande zone, justement pour qu’ils soient dans les normes. Et surtout l’objectif est de combattre l’informel et l’abattage clandestin. Ce sera une gestion concédée ou déléguée. Les ministères de l’Intérieur et de la Santé seront associés à ce plan de modernisation du secteur de l’abattage. Jamal Eddine HERRADI

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