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    Economie

    Agriculture : La sécheresse s'installe

    Par L'Economiste | Edition N°:164 Le 26/01/1995 | Partager

    Après une bonne campagne, la sécheresse menace de nouveau. La situation actuelle se traduit par la baisse des surfaces semées de 40 et 30% respectivement pour les céréales et les légumineuses. Même s'il pleut, la production sera dans l'ensemble médiocre. Le Ministère de l'Agriculture à déjà établi des mesures d'urgence pour atténuer les conséquences du déficit pluviométrique sur le cheptel.

    Alors que la saison agricole est déjà bien avancée, le déficit pluviométrique s'aggrave. Jusqu'à présent, n'ont été enregistrées que des précipitations de faible envergure, très espacées dans le temps. La météo n'a toujours pas décelé un changement climatique favorable. En somme, la perspective d'une année de sécheresse plane de nouveau. De l'avis des experts du MAMVA (Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole), "la crise s'est accentuée en décembre et les chances de réaliser une bonne récolte s'amenuisent de jour en jour.". Cette situation difficile coïncide avec une année de transition marquée par la libéralisation de la filière céréalière prévue le 1er avril et la décision plusieurs fois réitérée du MAMVA d'expérimenter l'assurance agricole. Celle-ci devrait être entamée par la couverture de 100.000 ha de céréales dans la région de Fès.

    Elevage: Situation stable

    Auprès du Ministère concerné, il est annoncé que 2,8 millions d'hectares ont été emblavés, soit 62% de la superficie moyenne habituelle. Les 500.000 ha consacrés à l'orge sont dans un état critique et seront perdus s'il ne pleut pas au bout d'une quinzaine de jours, précise-t-on. Cette situation touche essentiellement les régions du Tensift, de Kelâa des Sraghna, de Safi et de Marrakech.

    S'agissant des légumineuses, la superficie semée a régressé de 30% par rapport à la moyenne, un recul concernant principalement les fèves, est-il souligné. Ce produit est supposé être perdu. Mais, comme les semis s'étalent sur décembre et janvier, des pluies abondantes pourraient atténuer les prévisions avancées. De toute manière, les légumineuses connaîtront le même sort que les céréales quant à la production.

    La baisse des surfaces cultivées est confirmée par le niveau des ventes de semences. La Sonacos, qui propose environ 800.000 q(1) de semences par an, dont un peu plus de 750.000 en céréales d'automne (blé tendre, blé dur, orge), n'avait écoulé que la moitié de son stock à la mi-décembe. La même situation prévaut chez le secteur privé qui intervient pour une quantité infime.

    Du point de vue hydrologique, la Sasma a relevé un rabattement de la nappe phréatique entraînant le tarissement de certains puits dans plusieurs secteurs de Casablanca et d'El Jadida. Dans la région d'Agadir, le taux de salinité est monté entre 1,7 et 1,8%. A partir de 1%, le maraîchage commence à souffrir. Pour le Souss-Massa, la profondeur des puits atteint 60 à 65 m contre 15 à 20 m auparavant. Cette évolution ne relève pas de la conjoncture. C'est le résultat d'un processus dont le démarrage remonte à plusieurs années.

    Autre volet important, l'état du cheptel. Les experts du MAMVA soulignent que l'absence de pluies a entraîné une baisse de l'ordre de 20% du prix des animaux d'élevage, précisément les brebis et les vaches. Le prix des brebis est tombé de 1.000 à 700 Dirhams entre septembre et janvier et parfois plus bas. En revanche, il se maintient pour les vaches de race pure. Par ailleurs, il est noté que les importations de génisses se poursuivent, et ce au niveau des zones irriguées où existent encore des stocks d'aliments.

    La chute de prix qui frappe les animaux d'élevage pèse moins sur l'embouche. Le prix des animaux de 400 kg a légèrement baissé. Le prix du kg au vif est passé de 28 à 26 Dirhams. Celui des animaux de race locale dont le poids est inférieur à 200 kg est actuellement de 23 Dirhams. Cette catégorie d'animaux était commercialisée entre 26 et 27 Dirhams le kg.

    Les prix des aliments de bétail connaissent une progression assez significative. L'orge est passé de 1,40 Dirham en novembre à 1,80 en décembre, le son de 1,80 à 2 Dirhams. Quant à la botte de paille, elle est vendue 9 Dirhams en janvier alors qu'elle était à 6 le mois précédent.

    Les experts du MAMVA estiment que s'il pleut d'ici début février, rien ne sera perdu pour l'élevage. Mais dans tous les cas, précisent-ils, des mesures d'urgence sont déjà décidées. Elles portent sur:

    - la subvention d'aliments composés qui sera entamée dès février;

    - la prise en charge par le Ministère des frais de transport des aliments de bétail;

    - l'importation d'orge (au total 600.000 q vont être réceptionnés en février) dont le prix de vente est fixé à 1,60 Dirhams/kg départ port;

    - le renforcement de la protection sanitaire du cheptel;

    - l'abreuvement du cheptel grâce à l'aménagement de points d'eau;

    - le maintien de l'exonération des droits de douane et taxes sur les aliments de bétail, en particulier le son, la pulpe sèche de betterave et les herbes déshydratées.

    En attendant, le comportement du marché des animaux s'est répercuté sur le prix de la viande. D'après les observations du MAMVA, faites sur le marché central de Rabat au cours de la journée du 23, les viandes bovine et ovine se vendaient à 50 et 52 Dirhams/kg, respectivement.

    A Casablanca, le prix à l'abattage est de 46,5 Dirhams en moyenne alors qu'il était de 50 en décembre. Cependant, cette baisse n'a pas été répercutée par les détaillants "en raison de l'insuffisance de contrôle de la part des services compétents", notent les experts du Ministère.

    Pour le mois de Ramadan, il est prévu une baisse des prix de la viande ovine d'environ 15% par rapport à 1994 et de 5% pour la viande bovine. En ce qui concerne le poulet, les prix ont déjà reculé de l'ordre de 30 à 40% par rapport à 1994.

    La situation se présente autrement, pour certains produits fortement demandés durant ce mois, entre autres les lentilles, les pois chiches et les fèves qui connaissent actuellement une tendance très marquée à la hausse. La même observation vaut pour les légumes et fruits.

    A.D.N.

    (1)La Sonacos distribue des semences de fourrage, de betteraves et des plants de pommes de terre.

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