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Agriculture: Des scénarios de sortie de crise

Par L'Economiste | Edition N°:2561 Le 03/07/2007 | Partager

. Un seul des trois proposés «est discutable» LAHLIMI est recalé. Le haut commissaire au Plan est invité à revoir sa copie. Le rapport sur la prospective agricole du Maroc pour les vingt-trois prochaines années qu’il a présenté hier, lundi à Casablanca, n’a pas reçu le sceau des experts. Les trois scénarios agricoles, retenus de la thématique «Quelle agriculture pour le Maroc?», n’ont pas fait l’unanimité. C’est le moins qu’on puisse dire. Les premiers à émettre de sérieuses réserves sur le rapport, le président du directoire du Crédit agricole du Maroc, Tariq Sijilmassi, et le professeur Najib Akesbi, de l’Institut Hassan-II agronomique et vétérinaire de Rabat. Des trois scénarios exposés (ouvertures subie, accélérée, maîtrisée), les deux contradicteurs de Lahlimi n’en retiennent qu’un seul. Pour Sijilmassi comme pour Akesbi, «le premier est un scénario catastrophe et le second a un caractère aventurier». Le patron du Crédit agricole du Maroc fonde son argumentaire sur des faits chiffrés. Du 1,5 million d’exploitations agricoles répertoriées, un peu plus du 1/10e serait viable. «Les 108.000 exploitations sont suffisamment grandes pour être viables économiquement, avec un statut foncier clair», admet-il. Les microexploitations, qu’il évalue à environ 660.000 structures (de 1 à 3 ha de surface cultivable), posent un problème de bancarisation. Parlant d’elles, Sijilmassi a appelé «à réinventer des systèmes de financement plus adaptés pour les sortir de leur situation de survie». Il suggère la création d’un bras financier armé de l’Etat pour accompagner le Scénario 3. Car «il ne suffit pas de dire que le monde rural est la nouvelle frontière pour l’investissement, il faut le démontrer», dénonce Sijilmassi. Ses arguments sonnants et trébuchants renseignent sur l’excédent de trésorerie du Crédit agricole du Maroc actuellement de 12 milliards de DH, qui vont passer à 20 milliards à fin 2008, s’il ne trouve pas de projets viables à financer. D’ailleurs, cet excédent atteint aujourd’hui entre 100 et 120 milliards de DH, si l’on considère tout le réseau bancaire national. Mais le gros problème auquel le Scénario 3 de Lahlimi sera confronté, vu du côté des banquiers, concerne plutôt les 700.000 à 800.000 exploitations agricoles (la grande masse) qui ne sont pas bancables parce que ne jouissant d’aucun statut foncier. Sans être du domaine, le second contradicteur, le Pr Akesbi dénonce «la gestion calamiteuse de l’héritage colonial». Il évoque les «630.000 ha donnés à des privilégiés du système», dénonçant l’absence d’une fiscalité ou encore de réglementation des marchés de gros. Comment préserver les emplois en milieu rural, rester compétitif et en même temps s’ouvrir à l’international? «C’est l’équation impossible», décrypte Akesbi. La viabilité du Scénario 3, tel qu’il est présenté, passe par «la création d’un système de régulation, fondé sur une politique des revenus des populations rurales», renchérit-il. Ce qui pose la question de savoir qui financera. Au-delà, Najib Akesbi assène que, «pour espérer sortir notre agriculture de sa situation actuelle, le choix à faire, c’est entre les ALE déjà signés ou encore ceux en cours et le Scénario 3». Le débat sur «Quelle agriculture pour le Maroc?» d’ici à 2030 ne fait que commencer.Bachir THIAM

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