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    Agadir: Un site d’une autre époque à cinq minutes du centre ville

    Par L'Economiste | Edition N°:3326 Le 23/07/2010 | Partager

    . Les douars des Piémonts attendent leur restructuration . Tout manque sur les lieux, à commencer par les réseaux d’assainissement . Plus de 40.000 habitants et 3.000 maisons dans la localitéPoussières, odeurs désagréables par endroit, ruelles étroites et tortueuses, fossés, failles de terrains, pas d’infrastructures goudronnées, pas de réseau d’eau potable, pas d’écoles… Bienvenue dans les douars des Piémonts d’Agadir où l’anarchie urbanistique règne depuis des années et s’est développée au vu et au su de tout le monde. Difficile à croire, mais on est environ à cinq minutes à peine en voiture du centre ville de la station balnéaire. En «s’urbanisant» les piémonts se sont beaucoup rapprochés du cœur de la cité. Et pourtant tout manque ici ou presque en terme d’infrastructures de base. «C’est comme si nous étions des laissés-pour-compte», déplore un habitant du douar Taoukt. Selon lui, la zone compte plus de 40.000 habitants et plus de 3.000 maisons. Des bidonvilles en dur. Et si la jeune métropole d’Agadir a relevé le défi de se débarrasser de ses 15.000 baraques en tôles pour être déclarée ville sans bidonvilles en 2009, il y a encore beaucoup de travail à faire dans ces lieux. De fait, avec la démolition des bidonvilles dans la cité, le phénomène de l’habitat anarchique s’est développé dans les Piémonts. Beaucoup d’attributaires de lots revendant leur terrain et s’installant sur le site parce qu’ils n’avaient pas les moyens de construire leur maison ou parce qu’il était plus rentable de vendre le lot et de s’installer dans les Piémonts. Au fil des ans, les douars de ce site se sont peuplés et des quartiers clandestins se sont implantés constituant une «véritable bombe» à retardement. Aujourd’hui, fort heureusement, il y a une prise de conscience du côté des élus et des institutionnels. De fait, l’état des Piémonts est au cœur d’une nouvelle étude de restructuration actuellement. La société Al Omrane Agadir a été chargée de ce dossier plutôt urgent. Fossés, falaises ou encore carrières abandonnées, les terrains de la zone sont accidentés et nécessitent des protections pour éviter des incidents dans les environs des habitats mitoyens. C’est ce que rapportait déjà une première expertise réalisée en 2008 pour le compte de la société Al Omrane Agadir. Selon cette étude, les douars des Piémonts sont construits sur un site à forte sismicité. Par ailleurs, il y a des risques de glissement de terrain et d’éboulements par endroits, donc un grand danger pour des habitations implantées sur des talus. Ceux qui occupent le domaine public hydraulique le sont aussi car ce sont des zones inondables. Inondable ou pas, le terrain a vu son prix au fil des ans prendre de l’ampleur. «Auparavant, le coût d’un terrain de 100 m² était estimé à 10.000 DH. Aujourd’hui, il tourne autour de 50.000 DH», avance un habitant des lieux. Ainsi même sans infrastructures de base, le foncier a pris du galon dans la localité. Celle-ci n’étant équipée que du réseau d’électricité depuis 2006 dans le cadre du programme d’électrification rurale car avant d’intégrer la commune urbaine d’Agadir, ces dernières années, les douars des Piémonts faisaient partie de la commune rurale de Drarga. «Ces douars se sont implantés depuis plus de 100 ans», précise un habitant originaire des lieux. Cependant, malgré une population ancestrale, les habitants sont encore obligés de vivre de manière moyenâgeuse. Ils sont encore à se ravitailler en eau potable par le biais de citernes. «Cela nous coûte 120 DH la citerne de 5 tonnes», lance un habitant du douar. Avec ses amis, ses voisins et la société civile, il a bien tenté de mettre en œuvre un projet d’adduction d’eau potable dans le cadre du programme INDH mais le projet bien que ficelé n’avance pas. Volonté politique, peur de voir les populations augmenter sur les lieux? Les initiateurs du projet n’arrivent pas à comprendre pourquoi ce dossier fait du sur place. Peut-être est-il tributaire du projet de restructuration des Piémonts. En attendant, ces douars sont le dortoir de plus en plus de jeunes désoeuvrés sans moyens. Parmi eux, des petits dealers de drogue, selon certains habitants de la localité. Avec la toute proximité de Hay Mohammadi, la nouvelle zone d’urbanisation d’Agadir, beaucoup de main d’œuvre notamment du bâtiment a élu également domicile sur les lieux pour y louer des logements de fortune au prix de 400 DH la chambre environ et 1.000 DH pour un deux pièces sans eau et sans assainissement. «Il n’y a que des fosses sceptiques ici et nous souffrons tous, petits et grands de maladies respiratoires», déplore un jeune commerçant du coin. Mais les habitants ont-ils d’autres choix que de supporter ces conditions de vie difficiles? Aux institutionnels et élus de la ville d’activer le dossier de restructuration des Piémonts. Ils semblent qu’ils n’ont pas eux aussi d’autres choix.De notre correspondante, Malika ALAMI

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