×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

Agadir: Polémique à la commune urbaine

Par L'Economiste | Edition N°:2960 Le 10/02/2009 | Partager

. Le maire et un élu en désaccord sur un dossier urbanistique . Une commission d’enquête est demandée Vent préélectoral ou simple désaccord sur un dossier? La commune urbaine d’Agadir est en tout cas sous tension ces derniers jours. Et rien ne va plus entre Tariq Kabbage, maire de la ville, et Lahcen Bijdiguen, vice-président au sein du bureau de la commune, en charge du volet urbanistique. Ce qui a engendré un climat houleux au sein du bureau et le retrait de la délégation de signature à Bijdiguen par Kabbage. A l’origine de cette situation, la cession de six parcelles de terrain situées au quartier Assalam à Agadir. «Ces lots ont été attribuées par le vice-président en charge de l’urbanisme à des fonctionnaires de la commune. Ceci sans l’approbation des membres, du bureau. De plus, ce terrain est dédié, selon le plan d’aménagement, à la construction d’une infrastructure, à savoir un marché», souligne Tariq Kabbage. «Faux, le plan d’aménagement de ce lotissement a été modifié le 21 décembre 1989», rétorque Bijdiguen, documents à l’appui. On pourrait se demander toutefois, pourquoi la vente des parcelles, origine de la discorde, n’a pas été discutée au sein du conseil, puisque comme il est disposé dans le paragraphe 6 de l’article 36 de la Charte communale, toute vente d’un bien communal doit faire l’objet d’une délibération du conseil. Le bien, avant d’être vendu, doit également faire l’objet d’une évaluation de prix. Par ailleurs, le dossier doit être approuvé par le ministère de tutelle. Selon des fonctionnaires de la commune, le dossier a déjà passé toutes ces étapes lors d’un précédent bureau. Et la vente des six parcelles qui a eu lieu dernièrement n’est que le solde d’une opération qui a commencé entre 1981 et 1985. «La preuve c’est que le fruit de la vente a été versé dans un compte spécial et que l’enregistrement au nom des nouveaux propriétaires a été bouclée», souligne la même source. La commission d’enquête demandée par les élus auprès du ministère de l’Intérieur éclaircira sûrement sur ce dossier. En attendant, on assiste à une valse de tirs croisés au sein du bureau de la commune. Mohamed Oudmine, élu communal, a accusé ouvertement Tariq Kabbage de «réaliser un projet hôtelier sur un terrain du Founty qui, à l’origine, était destiné à accueillir un espace vert et un parking». «Le plan initial de cette parcelle a été modifié en 2006 et les investisseurs dans le projet, qui sont des promoteurs étrangers, n’ont rien à voir avec moi», répond Kabbage, lui aussi documents à l’appui. Aujourd’hui il envisage d’ester en justice contre Oudmine qui soutient qu’il y a des liens entre les investisseurs et le président du Conseil de la ville. «Reste que c’est à lui d’en apporter la preuve», renchérit Kabbage.


Débat sur la cause amazighe
. C’était à l’occasion du 10e congrès de l’association Tamaynut . L’Officialisation de la langue tamazight, une des principales revendicationsLa cause amazighe était au cœur du débat tout dernièrement à Agadir. C’était à l’occasion du congrès de l’organisation Tamaynut qui soufflait sa trentième bougie. Au rendez-vous, près de 160 personnes pour notamment dresser le bilan de l’association. La rencontre des membres de Tamaynut était également l’occasion pour revenir sur la question de l’intégration de la langue tamazight dans l’enseignement et le paysage audiovisuel. Les membres de Tamaynut regrettent le manque de volonté politique sur ce plan. Pour eux, l’officialisation de cette langue dans le Royaume passe par une reconnaissance à travers la constitution. «Et nous ne sommes pas les seuls à adopter cette position. Le comité onusien qui a examiné en 2006 le rapport du Maroc relatif aux droits économiques et sociaux a recommandé l’officialisation de tamazight», souligne une note de Tamaynut. Cette revendication pour les représentants de Tamaynut est une priorité. Parce qu’ils craignent de voir disparaître cette langue. Si la situation de la langue amazighe préoccupe tant les membres de Tamaynut c’est que selon le Haut-commissariat au plan (HCP), seulement 28% de la population du Maroc utilise une des variantes linguistiques amazighes dans la vie quotidienne. Ce pourcentage qui atteint en milieu rural 34% n’est que de 21% en milieu urbain. Toujours selon les statistiques du HCP, la population amazighophone est de neuf millions et l’effectif de ceux qui ne parlent exclusivement que l’une des variantes linguistiques amazighes, à savoir tamazight, tachelhit, tarifit, est de trois millions. Au-delà de la préoccupation d’assurer la pérennité de la langue amazighe, les revendications des membres de Tamaynut ont des raisons plus profondes. De leur avis, «dans une situation de concurrence linguistique, seules les langues qui ont le pouvoir politique et celles qui ont l’appui des pouvoirs publics peuvent résister». Ils soulignent également que la recherche de l’amélioration du niveau de vie contraint les locuteurs des langues marginalisées à répudier les langues maternelles et épouser les langues dominantes. «Lorsqu’une communauté s’aperçoit que le coût du maintien de sa langue n’a plus de contrepartie suffisante sous forme de gains sociaux et psychologiques, la langue disparaît, poursuivent-ils. Abdallah Hitous, membre de Tamaynut, met en exergue particulièrement que le partage équitable du pouvoir, des richesses et des valeurs est étroitement lié au statut de la langue amazighe. «Si on retient la définition selon laquelle la politique linguistique est l’ensemble des choix conscients effectués par les pouvoirs publics dans le rapport entre langue, vie sociale et vie nationale, on comprend mieux l’impact de la langue et les enjeux y afférents», renchérissent les représentants de Tamaynut.

Carte de visite

Depuis sa création le 16 octobre 1978, l’association nouvelle pour la culture et les arts populaires réunit des intellectuels et étudiants amazighs. Elle compte aujourd’hui à travers le Royaume une trentaine de sections. Depuis sa naissance, l’ONG a accordé un intérêt particulier à la coordination amazighe. Cette coordination a été consacrée le 5 août 1991, lors de la signature par six associations amazighes de la charte d’Agadir. Un document qui a présenté leurs revendications, à savoir la constitutionnalisation de la langue amazighe en tant que langue nationale, l’intégration de la langue amazighe dans le système éducatif et les médias publics, la création d’un centre des études et de recherches amazighes. De notre correspondante, Malika ALAMI

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    publicite[email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc