×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Afilal: «Seul le Congrès est habilité à me limoger»

Par L'Economiste | Edition N°:2083 Le 10/08/2005 | Partager

. “Un parti ne peut pas avoir un syndicat” . “Abbas El Fassi doit respecter les principes de Allal El Fassi” . “Il n’y a plus de politiciens ni de partis valables”L’inamovible secrétaire général de l’UGTM dit aujourd’hui préparer la relève. Ce qui sous-entend son imminent départ en retraite. Mais Afilal refuse qu’on l’y accule. Il compte aussi bien gagner la partie contre ses adversaires. Ceux-là mêmes qui veulent le limoger pour “mauvaise gestion financière et administrative”. Il ne s’en tient pas là. Afilal pense que Abbas El Fassi a dévié des principes fondateurs de l’Istiqlal. Le syndicaliste tire aussi à boulets rouges sur les politiciens, les partis et le gouvernement.. L’Economiste: Est-ce que vos détracteurs au sein de l’UGTM ont le droit de vous limoger?- Abderrazak Afilal: J’ai été élu par le Congrès. Donc, seul ce dernier peut me limoger, à part si je démissionne ou je souffre d’une maladie qui m’empêche de gérer la Centrale. C’est ce que la loi stipule. Quant à ce que Mohamed Larbi Kabbaj a avancé concernant mon limogeage, l’UGTM a décidé de le poursuivre en justice. Car personne ne peut se nommer lui-même à la tête d’un syndicat, d’un parti ou n’importe quel autre organisme. . La tension monte aussi avec l’Istiqlal. Quelle est la relation que vous avez aujourd’hui avec le parti et son secrétaire général Abbas El Fassi? - Le premier paragraphe de notre statut dit que le syndicat ne peut faire de la politique ou s’immiscer dans les affaires religieuses. Donc, un parti, ne peut pas avoir un syndicat. Mais nous étions toujours en relation avec le parti surtout vis-à-vis de son programme, celui de Allal El Fassi qui n’est pas capitaliste et qui ne dévie pas des principes marocains et islamiques. L’UGTM s’accroche toujours à son rôle participatif. Nous défendons toujours ce principe pour que les acteurs soient forts et puissent résoudre les problèmes du pays. Quant à Abbas El Fassi, nous essayons de le convaincre pour qu’il respecte les principes de Allal El Fassi. Nous avons donc le droit de réponse quand il y a déviation. Quand Mohamed Douiri était responsable des relations entre le parti et l’UGTM, il se réunissait avec nous pour discuter de nos programmes et tendances. Mais du temps de Mohamed Soussi, il y a eu une coupure. Par ailleurs, nous avions des positions contre le parti. Par exemple, au sujet de l’ALE avec les Américains. Nous avons refusé, le parti a accepté. Sur d’autres sujets, comme les amendements de la loi de Finances, la Centrale et le parti étaient en désaccord. Nous avons aussi été contre le parti quant à la nomination d’un Premier ministre technocrate. Cela a créé des remous entre l’UGTM et les dirigeants du parti. Même concernant la composition du gouvernement. Nous avons toujours dit qu’il fallait des pôles. Alors, le gouvernement ne fonctionne pas et cette situation nous crée des problèmes. Nous avons une démocratie de devanture. Nous disposons de deux Chambres et des organismes constitutionnels, mais ils ne fonctionnent pas et ne reflètent pas la volonté du peuple parce qu’ils sont falsifiés. . Pourquoi avez-vous dernièrement limogé Kabbaj et trois autres responsables de la Centrale? - Ils étaient contre le syndicat. Pour m’écarter, ils ont établi une liste de personnes qui n’appartiennent plus à la Centrale. Depuis deux Congrès, ces personnes étaient membres du bureau exécutif. Ils ont donc commencé, au sein du comité central, à exiger que je rende des comptes. Je tiens à préciser que l’instance suprême de l’UGTM n’est pas le comité central, mais bien le Conseil général. Ce dernier regroupe les présidents des sections, les secrétaires généraux des Fédérations et des syndicats nationaux. A l’issue d’une dernière réunion, ils ont convenu que Mohamed Benjelloun Andaloussi, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement, affiliée à l’UGTM, a dévié des principes de celle-ci. Le règlement de notre centrale stipule que pour préparer le Congrès de l’UGTM, il faut commencer par les syndicats nationaux et les bureaux régionaux. Benjelloun est parti dans les régions pour créer des syndicats qui le maintiendront dans son poste de secrétaire général. Pour nous, la Fédération de l’Enseignement est une passerelle qui donne accès aux cadres. Benjelloun voulait l’indépendance de sa fédération par rapport à l’UGTM. C’est ainsi que le Conseil général a décidé de le démettre de ses fonctions. . Et pour les autres? - Lors des dernières élections parlementaires, l’UGTM aspirait à être le premier syndicat. Titna Mohamed Alaoui, Hamid Chabat et Kabbaj ont établi une liste de candidats qui se sont présentés sous l’étiquette d’un autre syndicat et non pas l’UGTM. Ils ont même acheté les voix de certains de nos propres délégués. Dans le temps, nous n’avons pas voulu les suspendre. Mais aujourd’hui, avec les dépassements qu’ils ont commis en voulant créer la scission au sein de l’UGTM, le Conseil général a pris la décision de les écarter. Ils n’ont pas voulu que le Congrès se fasse car il va les éliminer. Mais nous allons le tenir. . Etes-vous déjà fixé sur une date? - Nous avons décidé de commencer par tenir les congrès des structures pour que celui de la Centrale intervienne début octobre prochain. Aujourd’hui, il y a un retard parce que les congrès des instances n’ont pas encore été tenus. Mais aussi parce que Benjelloun, qui était président de la commission, n’a pas fait son devoir. Le même scénario du dernier Congrès se reproduit. Nous l’avions tenu sans refaire les structures de la Centrale. Surtout pour ce qui est de l’enseignement, car Benjelloun n’a jamais voulu le faire. Il sait qu’il ne sera pas reconduit. C’est un congrès qui a été tenu, il y a 22 ans. Depuis la Fédération de l’enseignement ne l’a jamais organisé. . Vos adversaires disent mener un mouvement de réforme au sein de la Centrale. Ils mettent en avant votre éventuelle implication dans l’affaire Laâfoura…- Dans cette affaire, j’interviens en tant que témoin. Les juges ont voulu apprendre ce que je sais. Par contre, je me sens visé par les autorités. Car c’est moi qui remplis encore l’affaire politique au Maroc. Il n’y a plus de politiciens ni de partis valables. Seule l’UGTM dit aujourd’hui et à haute voix ce qui est bien et ce qui ne l’est pas. Nous sommes les seuls à faire l’opposition. Après 50 ans de syndicalisme, ce n’est pas aujourd’hui que je vais dévier du droit chemin. A l’UGTM, je suis actuellement comme un chef d’orchestre. Je suis en train de préparer la relève. Ma stratégie se base sur l’ouverture et l’accès des jeunes et des intellectuels à la prise de décision au sein de la Centrale. Les membres du Conseil général sont des personnes cultivées et compétentes. Leur place n’est pas à côté des analphabètes. Kabbaj est un major d’exécution, il n’a pas pu accéder à un cadre supérieur. C’est la même chose pour Chabat. Ils ne veulent pas avoir des intellectuels avec eux alors que l’UGTM est un syndicat de cadres. . Mais cela n’a pas empêché sa perte d’altitude sur des secteurs comme l’enseignement ou celui des cheminots. - L’enseignement oui. Mais nous sommes toujours en tête dans le secteur de la santé et ceux de la fonction publique. Nous avons des problèmes dans le privé, car c’est le patronat qui fait les élections. Et s’il n’y avait pas la trahison de Kabbaj et les autres, nous aurions pu être le premier syndicat. Dernièrement, nous avons pu avoir une grande représentativité à la CNSS, qui arrive avec 6.000 adhérents. Idem pour le syndicat des ingénieurs et celui des médecins. Nous sommes les premiers dans le secteur des phosphates et des mines. Propos recueillis par Mostafa BENTAK

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc