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Affaires

Affaire Ennajat: L'étau se resserre autour de Bahnini

Par L'Economiste | Edition N°:1747 Le 14/04/2004 | Partager

. L'ancien directeur de la clinique Dar Essalam en détention provisoire. Il reproche aux autres associés d'avoir détourné des fonds. Ceux-ci lui demandent des comptes pour les sommes englouties «Pas d'ambiguïté sur ce dossier, rassure le ministre. L'opération de sélection va bon train». Qui ne se souvient pas de cette déclaration d'Abbas El Fassi, ancien ministre de l'Emploi? c'était dans le cadre de l'affaire Ennajat (voir encadré). Tout le monde se rappelle par ailleurs la suite de l'histoire, des milliers de personnes dupées et un rejet de responsabilité notoire de la part des autorités. Toujours est-il, cette affaire prend aujourd'hui un nouveau tournant. En effet, Jamil Bahnini, l'ancien directeur de la clinique Dar Essalam, établissement qui a effectué les visites médicales pour les ex-futurs employés de la société émiratie, se trouve aujourd'hui en détention provisoire. “Les associés de Dar Essalam lui ont demandé de fournir des explications sur les comptes du marché d'Ennajat. Et ce sont près de 37 millions de DH qui ont été engloutis, sans que rien n'apparaisse sur les cahiers comptables de l'établissement”, soutient l'avocat de la clinique Dar Essalam. Selon lui, Bahnini, auquel il est reproché un abus de biens sociaux, était seul responsable de ce dossier. “Il était l'unique interlocuteur des responsables émiratis, il a même signé un document attestant cela”, ajoute l'avocat. Contactés par L'Economiste, les 4 autres associés de la clinique se sont montrés peu prolixes. “Nous sommes tenus par le secret de l'instruction qui est en cours”, martèle l'un d'entre-eux. Cette procédure qui est actuellement menée par le juge d'instruction auprès du tribunal de première instance d'Anfa n'est toutefois pas vécue de la même manière par les deux parties. “Si les associés de la clinique poursuivent judiciairement Bahnini, ce dernier a également déposé plainte contre eux pour détournement de fonds”, s'écrie un ami de l'ancien directeur. Accusation à laquelle l'avocat de la clinique répond: “Les allégations de Bahnini ne sont nullement fondées. La défense a d'ores et déjà apporté la preuve par écrit qu'il n'existe aucun détournement de fonds”. Preuve écrite à l'appui, l'avocat fait allusion à des documents comptables qui ont vraisemblablement été audités et présentés au juge chargé de l'instruction du dossier. “S'il y a eu 18.000 dossiers traités à la clinique, il y a eu 18.000 paiements. Que ce soit par chèques, virement ou même en espèce, tout est répertorié dans les documents comptables de l'établissement”, ajoute-t-on auprès de la clinique. Reste que, d'après les proches de Bahnini, il est tout à fait inadmissible que l'ancien directeur de la clinique soit en détention provisoire et que les autres circulent en toute liberté. Autre son de cloche, celui des proches de Bahnini. “L'ancien directeur était le premier à avoir déposé plainte contre les autres associés, il leur reproche d'avoir détourné plus de 4 millions de DH”, explique l'un de ses amis. Les 4 millions constituaient, toujours selon la même personne, des chèques au porteur que le coursier, également impliqué, endossait au nom de l'un des associés, le tout à l'insu de Bahnini. Concernant l'affaire d'Ennajat, poursuivent les partisans de l'ancien directeur, ce dernier n'aurait jamais pu être le seul interlocuteur car il ne pouvait prendre une décision tout seul. “Les 4 autres associés savaient tout ce qui se passait”, souligne ce même proche. L'ancien directeur était associé à hauteur de 20% avec 4 autres personnes. “Ce qui revient à dire qu'il n'avait pas le pouvoir de décider tout seul. Il n'avait même pas la minorité de blocage, qui est établie à 33,3% du capital social selon les règles de droit des sociétés”, poursuivent les proches de Bahnini. Les tirs croisés vont donc bon train. D'un côté comme de l'autre, les protagonistes de cette affaire se rejettent la responsabilité. Bahnini avait-il vraiment informé ses associés de ce dossier? Et les gains ont-ils été partagés? Les associés ont-ils véritablement détourné des fonds à l'insu de Bahnini? Autant de questions que le juge d'instruction tentera d'élucider, dans une affaire qui donne le tournis à plus d'un.


Rappel

L'affaire Ennajat a commencé en 2002 lorsque la société émiratie éponyme annonçait qu'elle comptait sélectionner 22.000 Marocains pour les embaucher, notamment dans le secteur de l'hôtellerie. Les salariés devaient assurer l'accueil et la maintenance à bord de bateaux de plaisance américains et européens. Selon le ministre de l'Emploi de l'époque, tous les centres d'initiative touristique et d'orientation ont été informés de cette opération de sélection. De plus, la société émiratie et l'Agence nationale de promotion de l'emploi et des compétences (ANAPEC) avaient arrêté, lors d'une réunion, le nombre et le profil des employés marocains sollicités convenant aussi des critères de sélection. Les candidats retenus étaient censés travailler dans le cadre de contrats d'une durée de 12 mois renouvelable et percevoir près de 660 dollars américains par mois en plus d'une prime de 100 dollars environ pour les employés maîtrisant la langue anglaise, avait annoncé à l'époque Abbas El Fassi. Les compagnies étrangères prendront en charge les frais de logement, de nourriture et de soins. Il n'en fut rien. Et les milliers de protagonistes avaient versé chacun une somme de 900 DH à titre de la visite médicale qu'ils n'ont pour la plupart jamais revus. Naoufal BELGHAZI

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