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Accidents: Une petite ville disparaît chaque année

· Programme du Comité: Finir son siège

Par L'Economiste | Edition N°:428 Le 25/01/1999 | Partager

Les routes marocaines sont toujours meurtrières. Plus de 3.000 personnes sont tuées, soit l'équivalent d'une petite ville. Pendant ce temps, le Comité de Prévention des Accidents met la dernière retouche à son siège flambant neuf.


Le Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation (CNPAC) tient son assemblée générale aujourd'hui lundi 25. Outre le programme d'action, l'attention des membres sera focalisée aussi sur l'état d'avancement du siège du Comité. Cet immeuble est pratiquement achevé. Une dotation d'environ 4 millions de DH sera allouée aux travaux de finition de l'édifice qui va abriter le siège du Comité (menuiserie, électricité et revêtement du sol...), soit plus de 10% du budget total.
L'immeuble, en deux bâtiments de quatre niveaux, a une superficie de 1.106 mètres carrés. Le tout pour un effectif de 45 employés.
L'ordre du jour ne se limite pas à cette nouvelle bâtisse. Il comprend d'autres points dont l'adoption du budget. Les ressources prévisibles pour l'exercice en cours s'élèvent à 31,6 millions de DH. Les dépenses sont estimées à 46,8 millions de DH. A eux seuls, les frais de fonctionnement absorbent 7,2 millions de DH, soit 40% des dépenses prévues pour les actions de sensibilisation évaluées à 18 millions de DH. Les salaires et les charges sociales avoisinent 5 millions de DH. Voilà qui ne va pas améliorer l'image et la cote de ce comité.

Le CNPAC est en effet très critiqué par les assureurs qui lui reprochent son manque d'efficacité du fait de l'augmentation de la sinistralité automobile. Ce qui explique en partie les hésitations de ces derniers à lui verser les contributions qu'ils prélèvent sur les polices. A fin 1998, cette contribution s'élève à 8 millions de DH.
Il n'y a pas de grandes innovations dans le programme d'action du CNPAC qui sera en principe adopté le lundi 25 janvier, malgré une évolution des accidents plutôt inquiétante. Les actions préconisées à ce sujet ne sont pas nouvelles. Comme les années précédentes, le CNPAC poursuivra sa campagne médiatique et mettra en avant des actions dans les écoles. Les routes marocaines sont parmi les plus meurtrières au monde. L'année 1994 détient le record avec 3.605 tués. En dépit d'une accalmie enregistrée en 1995 et 1996, les accidents de la route continuent de coûter la vie à des milliers de personnes. Le bilan de l'année 1997 a été encore une fois accablant. Sur les 40.786 accidents recensés sur l'ensemble du réseau routier, 3.081 personnes ont trouvé la mort, 12.240 ont été gravement blessées et 48.337 légèrement atteintes.
Les campagnes de sensibilisation n'y font pas grand-chose et même le relèvement de l'amende à l'infraction au code de la route n'a pas produit l'effet escompté. La sensibilisation devra donc toucher "les plus vulnérables" à savoir les piétons (1.125 tués) et les usagers des deux-roues (529 tués) qui représentent plus de 53% du nombre des tués.
Le Comité déplore le manque de coordination entre les intervenants dans la sécurité routière. Dans son programme 99, le comité compte développer la concertation et le lobbying envers les décideurs, essentiellement les pouvoirs publics et les collectivités locales. L'objectif est de les sensibiliser pour la création d'une commission ministérielle ad hoc chargée de l'élaboration et de la mise en oeuvre d'une stratégie nationale de prévention routière.


Plus de morts en ville


Le spectre des accidents a plané surtout sur le zones hors agglomération (67,3% des tués). Les risques sont plus élevés dans le réseau secondaire et le reste du réseau qui ont été les plus meurtriers, suivis par les autoroutes qui ont connu une hausse considérable des tués sur le tronçon Kénitra-Larache (38%), indique le CNPAC.
Par ailleurs, les véhicules les plus impliqués dans les accidents corporels de la circulation sont les voitures de tourisme avec 57%, suivies des engins à deux-roues avec 27,1%.
En plus, l'état mécanique du parc laisse souvent à désirer du fait de sa vétusté. Plus de la moitié des véhicules sont âgés de plus de 11 ans. Une enquête menée par le CNPAC en avril 1998 sur les axes Casablanca-Settat, Marrakech-Casablanca et El Jadida-Marrakech a montré que la moyenne d'âge des véhicules accidentés est de 10,5 ans. Près du tiers du parc de ces axes dépasse la barre de 15 ans, notamment les taxis(1) .
La responsabilité des accidents incombe en grande partie au facteur humain, responsable pour 90% des cas, soit pour non-respect du code routier, de la surcharge pratiquée par les poids lourds ou de l'ébriété au volant. Par ailleurs, la complaisance qui prévaut lors de l'octroi des permis de conduire explique le nombre croissant des accidents de la circulation.
La sensibilisation ne saurait cependant porter ses fruits sans des mesures de répression dissuasives. Le CNPAC souhaite accompagner ses actions d'information par des mesures de répression des contrevenants. La réforme du code de la route devrait durcir les sanctions pénales.
Les chiffres rapportés par le CNPAC soulignent une baisse des accidents durant le premier semestre de l'année 1998. Ainsi, il a été enregistré, au niveau national, une chute de 2% du nombre des accidents, de 12% du nombre des tués, de 0,23% du nombre des blessés graves et de 5,11% du nombre des blessés légers.

Nadia LAMLILI

(1) Cf L'Economiste du jeudi 21 janvier 1999 sur l'âge du parc marocain.

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