×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie Internationale

    Accidents de travail: Le BIT sonne l'alarme

    Par L'Economiste | Edition N°:485 Le 14/04/1999 | Partager

    · La moyenne annuelle des décès liés au travail dépasse celle des accidents de la route

    · Les travailleurs des pays en développement sont en moyenne deux fois plus touchés que ceux des pays industrialisés

    · Les indemnisations représentent près de 4% du PIB mondial


    Le Bureau International du Travail (BIT) vient de publier des chiffres sur le nombre des décès liés aux accidents de travail quotidiennement dans le monde. A la veille du Congrès mondial sur la santé et la sécurité du travail de Sao Paulo au Brésil, l'agence des Nations Unies basée à Genève sonne l'alarme. Plus d'un million de personnes meurent chaque année suite à un accident lié à leur travail. En effet, pas moins de 3.000 personnes sont tuées chaque jour dans le cadre de leur activité professionnelle, soit 2 chaque minute. Un quart d'entre elles meurent à la suite de maladies graves (cancer, troubles cardio-vasculaires, respiratoires ou nerveux) causées par des expositions à des substances ou produits dangereux. Par exemple, l'amiante est à elle seule responsable du décès de 10.000 travailleurs par an. Le BIT signale que le nombre des décès liés au travail dépasse les moyennes annuelles de morts causées par les accidents de la route (990.000), les conflits armés (502.000), la violence (563.000) et le sida (312.000).

    Dans les pays industrialisés, la situation est moins dramatique que dans ceux en développement. En effet, le taux des décès d'origine professionnelle relevé dans les premiers représente la moitié de celui enregistré en Europe centrale et orientale, en Chine et en Inde. Dans les pays d'Amérique latine et des Caraibes ce taux est encore plus élevé et en Asie (sauf la Chine et l'Inde) il est équivalent à quatre fois celui des pays industrialisés. Dans certaines professions ou activités particulièrement dangereuses, les risques peuvent être mulitipliés par 10, voire par 100. Par exemple, les chantiers de construction sont dix fois plus dangereux dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.
    En parallèle, le BIT fait état de 250 millions d'accidents professionnels annuels entraînant des arrêts de travail, soit l'équivalent de quelque 685.000 accidents par jour, 475 par minute et 8 par seconde. Toutes ces personnes sont victimes d'accidents et exposées à des produits dangereux. 12 millions d'accidents professionnels touchent des enfants qui travaillent et chaque année 12.000 en moyenne sont mortels.
    Ces accidents, décès et arrêts de travail coûtent cher aux Etats.
    Le BIT indique que les indemnisations payées représentent environ 4% du PIB mondial. Il s'agit des indemnisations sur les arrêts de travail pour maladie, les traitements médicaux et les allocations versées aux travailleurs devenus invalides ou à leur famille en cas de décès. Le montant du PIB consacré aux dépenses entraînées par les lésions et maladies d'origine professionnelle est supérieur au montant total du PIB de l'Afrique, des Etats arabes et de l'Asie du Sud-Est réunis et dépasse même le volume global de l'aide gouvernementale au développement apportée à l'ensemble des pays du Tiers-Monde, relève le BIT.


    600.000 vies à sauver chaque année


    Le BIT avertit que le nombre de travailleurs souffrant de maladies d'origine professionnelle devrait doubler d'ici 2020 et que si l'on ne prend pas des mesures correctrices de sécurité maintenant, les travailleurs exposés actuellement seront morts dans 20 ans. Ainsi, il évalue à environ 600.000 le nombre de vies qui pourraient être sauvées chaque année grâce à de telles mesures et à la diffusion d'une information adéquate.

    Nadia BELKHIYAT (AFP, MAP)

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc