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Affaires

Academia: 284 jeunes aidés dans leurs études

Par L'Economiste | Edition N°:3182 Le 31/12/2009 | Partager

. La Fondation a prêté plus de 16 millions de DH. Gros coup de pouce aux filières d’excellence. Plus de rigueur dans les remboursementsLa Fondation Academia a un nouveau président: Mohamed Benchaâboun, PDG de la Banque populaire, succède à Anas Alami, pour un mandat de deux ans. Alami avait été choisi alors qu’il présidait aux destinées de la Poste; au cours de son mandat à Academia, il avait donc changé d’adresse pour aller s’installer, toujours à Rabat, dans le quartier d’à-côté, celui de la Caisse de dépôt et de gestion. Academia est cette fondation, créée il y a onze ans, pour prêter l’argent nécessaire à des jeunes ayant réussi le concours d’entrée à de grandes écoles, au Maroc ou ailleurs (surtout «ailleurs»), mais qui n’ont pas de bourse ou pas assez de ressources familiales pour faire face aux dépenses de cette scolarité d’élite.Autrefois tous ces jeunes, qui venaient pratiquement tous de l’enseignement public marocain, avaient des bourses quasi automatiques, soit du gouvernement marocain, soit du gouvernement français. Puis dans les années 90, le principe s’est lentement perdu: la France a été de moins en moins généreuse, le Maroc de plus en plus pingre… si bien que voilà l’année 1997, avec un contingent de concours réussis, mais, en face, aucun financement disponible. Une poignée d’hommes d’affaires décident de prendre les choses en main, sous la houlette de Mourad Chérif aujourd’hui PDG de la BMCI. L’idée est simple: chaque entreprise membre(1) mettra chaque année 60.000 DH au moins; l’argent collecté sera prêté aux étudiants méritants, sans bourse, et dont les parents ne peuvent financer les études dans les grandes écoles surtout à l’étranger. L’argent sera rendu dès que le jeune diplômé travaillera et sera donc prêté à un autre étudiant. A ce jour, 160 jeunes ont bénéficié de ces prêts pour un total de plus de 16 millions de DH.

Filières d’excellence en route
A côté des prêts qui couvrent toutes les études, Academia donne des «Prix d’excellence». Que le jeune soit ou non boursier, qu’il soit ou non aidé par une fondation, Academia lui fait un cadeau de 15.000 DH s’il arrive premier dans son concours. La condition, c’est d’être le Marocain et donc d’être premier. 124 chèques ont été signés. Aussi étonnant que cela soit, ce cadeau n’est pas facile à faire. En effet, les écoles ne répondent pas toutes quand Academia leur demande qui est le premier Marocain de leur concours.Assez rapidement, ce groupe d’entreprises découvre l’état de délabrement des classes préparatoires et d’une manière générale, des filières d’excellence, avant que les jeunes se présentent au concours. Notons que le ministre actuel, Ahmed Akhchichine, a placé dans son programme prioritaire le rétablissement de ces filières. Lors de la remise des prix de L’Economiste le 9 décembre, il a expliqué que les filières d’excellence était aussi une émulation pour l’ensemble du système scolaire. Un discours nouveau dans le paysage. Mais on part de loin et il faut faire preuve de patience: «A petits pas, à tout petits pas, sans fâcher personne» recommande Abdelhafid Rerhraye, la cheville ouvrière d’Academia depuis sa création. Les réformes dans ce domaine doivent être conduites avec prudence à la recherche constante du consensus pour avoir des chances d’aboutir, même si tout le monde est d’accord sur l’objectif.En revanche, la Fondation Academia va abandonner sa bonhommie et sa patiente recherche de consensus, avec ceux de ses bénéficiaires qui oublient de rembourser leur prêt. Le dernier conseil d’administration a décidé de recourir aux agences spécialisées dans le recouvrement. Sans compter que le hasard fait souvent bien les choses: si les entreprises membres d’Academia n’ont pas recruté le jeune «oublieux», il est fréquent qu’elles se trouvent en contact d’affaires avec l’entreprise qui, elle, l’a recruté. Et les cadres, inévitablement, se parlent entre eux. Dans le cas d’un jeune cadre qui aurait oublié de payer ses dettes, comment croire que cela n’aura pas d’impact sur une carrière? Un remède puissant pour lutter contre les amnésies.

Incroyables «prépas» (un)
Et puis s’en sont mêlés des idéologies anti-élitistes, lesquelles faisaient dire aux responsables (r’batis et parisiens) de l’époque que «l’Etat n’avait pas à payer pour l’élite scolaire». Bévue dramatique: puisqu’il n’y avait plus de financement pour les jeunes qui en avaient besoin, alors l’élitisme scolaire est devenu l’apanage des familles riches, celles qui pouvaient payer la scolarité de leurs enfants. On a ainsi perdu l’élite sélectionnée par le mérite, pour entretenir les avantages hérités du statut social. Vingt ans plus tard, au Maroc comme en France, on a du mal à redresser la barre. Les projets de réformes se heurtent à de vives résistances, particulièrement chez les enseignants, qui pensent pourtant agir au nom de l’égalité des chances et dans l’intérêt des élèves. Signe du choix idéologique: les classes préparatoires publiques, dans les deux pays, sont négligées, et ce bien plus au Maroc qu’en France.Les classes préparatoires marocaines, les «prépas» sont entrées dans le troisième millénaire avec des bureaux cassés, des tableaux qui ne tenaient plus au mur, des sols collants de crasse et des internats… bien pires, encore. C’était donc là que durant une, plus souvent deux années, entre le bac et la grande école, les jeunes les plus brillants des lycées de tout le pays devaient préparer leurs concours. Le plus étonnant, c’est qu’il y avait qui réussissaient… même si une incroyable histoire de primes avait fait disparaître les examens d’entraînement (qu’on appelle «colle»). Il est arrivé ce qui devait arriver: les établissements privés se sont emparés de cette niche. Et ce fut heureux, sinon la sélection par l’argent aurait été encore plus féroce puisque seuls les jeunes qui pouvaient se permettre de résider à l’étranger pour leurs études, auraient eu accès aux «prépas» et aux grandes écoles.Mais pendant ce temps, plus question d’ascenseur social par le mérite scolaire.

Incroyables «prépas» (deux)

Il y a 6-7 ans qu’Academia, comme les autres associations s’occupant de jeunes élèves, entre autres les Fondations Moulay Youssef et Attijariwafa bank, sont rentrées dans le domaine des classes préparatoires, lesquelles menaçaient ruines. Le premier pas a été de rétablir, dans tous les lycées habilités, la maintenance et la propreté des locaux: repeindre, réparer les fenêtres, changer les meubles, faire fonctionner la cantine… Chaque fois c’est du cas par cas. Ensuite, il a fallu s’occuper de l’enseignement, qui par endroits était tombé au-dessous d’un minimum acceptable, avec parfois de conflits d’intérêts préjudiciables aux jeunes…Après, il a fallu s’occuper de faire voyager les jeunes, avions mais aussi visas et logements, pour qu’ils puissent passer les oraux. A ce niveau le rôle de Driss Benhima, PDG de la RAM, a été déterminant (pour les billets d’avion, mais aussi et surtout, pour l’imagination dont il fait preuve). Et puis, étape en cours, l’accent est mis sur les «colles» (les galops d’essais) que les enseignants n’assurent plus dans le cadre du public, mais où Attijariwafa s’est investie. N. S.--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Les entreprises membres sont Akwa, Attijariwafa bank (qui a aussi sa propre fondation pour soutenir les étudiants), BMCE, BMCI, Centrelec, CFG Group, Ciments du Maroc, Cooper, Banque Populaire, L’Economiste, Holcim, Lafarge, Poste Maroc, Lydec, Maroc Telecom OCP, ONE, Onep, Procter&Gamble, RAM, Samir, Sanofi, Société Générale, ST Microelectronics et Véolia.

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