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    Politique

    Abdellatif Filali raconte….

    Par L'Economiste | Edition N°:2763 Le 24/04/2008 | Partager

    . Cinquante ans dans la diplomatie marocaine. Quelques pointes bien senties, ici ou là. L’obsession européenne«Ce n’est pas une décision facile que celle d’écrire ses souvenirs», dit Abdelatif Filali, qui vient de publier aux éditions Scali (de Paris) «Le Maroc et le monde arabe», avec une préface d’Hubert Védrine, lui aussi ancien ministre des Affaires étrangères.Abdelatif Filali a aujourd’hui 79 ans, dont près d’une cinquantaine au service de l’Etat marocain et de son Roi Hassan II: deux fois ministre des Affaires étrangères, une fois Premier ministre et tant de fois ambassadeur… Il a été de presque tous les gros coups de politique extérieure du Maroc: l’indépendance de l’Algérie, les multiples crises du Proche-Orient, la mort de Franco, la décolonisation du Sahara, les accords de pêche avec l’Espagne puis l’Europe… Il n’est pas vraiment arrivé à s’imposer comme Premier ministre face au puissant Basri, alors qu’il a bien conduit la préparation de l’Alternance avec les élections de 1998. Son successeur ne sera autre que Youssoufi.Il ne faut pas s’attendre à beaucoup d’anecdotes croustillantes avec le livre de Filali: ce n’est pas le genre de la maison. Peut-être est-ce la personnalité de Filali, «ould ness» qui tient sa parole quitte à faire les frais de mauvaises surprises, qui a façonné à la longue le style de la diplomatie marocaine. A moins que ce soit la culture marocaine qui donne ce genre de diplomates évitant les esclandres… Sauf que Filali peste contre la politique du Maroc actuel qui accepte de limiter l’émigration: «Au nom de quoi l’Etat se substitue-t-il au libre arbitre des gens?». Il marque son désaccord aussi, et de manière virulente, contre la passivité de Rabat face à la visite de Juan-Carlos à Sebta et Melilia: «Il fallait rompre les relations diplomatiques!» Rien que cela! Et quelques autres éclats de la même eau: «La Ligue arabe ne sert à rien», «Le sultan Moulay Abdel Aziz était un idiot»…Plus subtile est son analyse des relations avec l’Europe (ce n’est pas exactement dans le sujet du livre, elle y occupe pourtant tout un chapitre, plus des annotations ici ou là). Pour le Maroc, pour Hassan II, l’Europe est une obsession. Normal. Ce qui modèle des rapports de diplomatie très particuliers: une grande difficulté à faire valoir les points de vue marocains, quand rien de stratégique pour l’Union n’est en jeu; par contre, une extraordinaire mobilisation de toutes sortes de pressions, quand Bruxelles ou un des membres veut obtenir quelque chose. Une profonde dissymétrie, aggravée par le fait que la puissance du marché européen modèle le système productif marocain, qu’il le veuille ou non. Chez Filali, ces observations prennent une étonnante richesse de nuances.. Démarche rarissime Abdelatif Filali fait aussi la liste historique des créances du Maroc sur l’Algérie; une liste où il n’oublie rien: un bon diplomate garde toujours au moins un fer au feu. Il ne croit pas à un rapprochement. Il y a trop d’erreurs politiques dans la construction de l’Etat algérien pour que son personnel politique soit, dans un avenir proche, libre et décomplexé de s’ouvrir au monde. Si le lecteur cherche des exclusivités piquantes sur les Rois du Maroc, il sera un peu déçu. En revanche, au détour d’une page, au sein d’un paragraphe, Mohammed V puis Hassan II surgissent, s’assoient, discutent, s’étonnent, ordonnent…. La plume de Filali leur donne une présence surprenante, une épaisseur singulière: on croirait les avoir vus et entendus soi-même. La démarche d’Abdelatif Filali de partager ses souvenirs et donc de les verser au patrimoine politique marocain, reste une démarche rarissime dans le personnel politique. Mais n’était-il pas, avec Mohamed Kabbaj (à l’époque, ministre de l’Equipement) le premier à oser les conférences de presse? Aujourd’hui, pas moyen de le faire sortir de son livre. Il refuse obstinément de porter des jugements sur la politique actuelle qui n’ait pas déjà été bien pesés pour être écrits dans son ouvrage. Et ne comptez pas sur la fatigue pour venir à bout de son obstination: Abdelatif Filali pratique toujours la diplomatie comme promenade de santé. Abdelatif Filali et, derrière lui, son fils Fouad (qui fut PDG de l’Omnium nord-africain, avant que le groupe ne devienne l’ONA tout court). Abdelatif Filali fait partie de ces très rares personnalités marocaines qui ont eu la résolution et l’énergie de coucher sur le papier, donc à la vue de tous, leurs mémoires et réflexions. Une majorité d’ex-responsables préfèrent l’expression orale en privé, laquelle permet opportunément de changer de discours en fonction du public…N. S.

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