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    Abdeljalil Chraïbi, président de la Fédération : «La libéralisation veut des compagnies solides»

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


    Les travaux se sont accélérés autour du futur code comme du redressement et de l'épineux problème des tarifs automobiles. Le président de la Fédération, M. Abdeljalil Chraïbi, décrit les enjeux.

    - L'Economiste: Le tarif auto sera libre d'ici deux ans, les compagnies seront-elles prêtes?
    - M. Abdeljallil Chraïbi:
    Je ne crois pas que se soit une question de compagnies prêtes ou pas prêtes. C'est une question de hausse de prix. Nous sommes en train de terminer une étude sur la tarification automobile. D'après les premières données, les insuffisances techniques restent très importantes. Je comprends parfaitement le dilemme dans lequel se trouve l'Administration: personne ne prendra de gaîté de coeur une décision qui multipliera par deux la prime pour les cyclomoteurs. Or, c'est ce qu'il va falloir faire. Donc il faudra des étapes. Pour les voitures de tourisme, nous avons effectivement vu disparaître 35% des sinistres matériels l'année dernière, avec en corollaire l'augmentation du coût moyen par sinistre. Sur le corporel, la baisse est de l'ordre de 4%, sauf à la CAT où la cadence a baissé de 10%. Le malus joue donc, mais il faudra le renforcer, tout en sachant qu'il y a une limite à ce renforcement. Nous sommes sur une bonne voie pour la libéralisation des tarifs. Le seul point qui donnerait à penser que les compagnies peurraient avoir des difficultés pour passer à un tarif libre, c'est la complexité du suivi des dossiers individuels. Mais le vrai problème reste la décision politique de passer à la libéralisation avec les hausses inévitables qu'elle engendrera.

    - Reste quand même la Compagnie Assurance Transport?
    - Là, le texte créant le Fonds de Solidarité est très clair: il doit intervenir pour aider les compagnies qui ont des difficultés du fait de la tarification automobile. C'est typiquement le cas de la CAT. Elle a reçu son agrément du Ministère des Finances, précisément pour offrir aux consommateurs, et particulièrement aux régies de transports et aux taxis, une possibilité d'assurance pour leurs passagers et leurs véhicules. Nous sommes parfaitement dans le cas d'interventions du Fonds de Solidarité. Je conçois que le Ministère des Finances ait des appréhensions sur ce dossier puisque le déficit cumulé à fin 1995 était de 500 millions de DH, par simple phénomène mécanique. Aux engagements pris tant à la création du Fonds, qui regroupe l'argent des assurés, qu'à la création de la CAT, s'ajoute donc la taille du problème. Mais le Ministère des Finances comme nous-mêmes à la Fédération savions bien ce que nous étions en train de faire en créant la CAT: nous cherchions une solution consensuelle que l'on ne peut pas remettre en cause aujourd'hui.

    . Mais les compagnies doivent reprendre une partie du risque?
    . Oui, le transfert des dossiers des compagnies mises en liquidation était provisoire. Nous sommes bien déterminés à reprendre ces risques, qui représentent environ 1 milliard de DH sur le 1,3 milliard de CA de la CAT. Nous ne contestons pas notre engagement et nous allons le tenir. Permettez-moi de souligner que l'objectif du redressement et de la réforme des assurances n'est pas de saupoudrer les pertes mais bien de trouver un système qui soit viable.

    - Et comment faire en pratique?
    - Ce que nous souhaitons c'est un calendrier coordonné. D'un côté notre calendrier, année par année, pour reprendre le portefeuille de la CAT, et du côté de notre administration de tutelle un calendrier précis pour la libéralisation de chacun des tarifs de la branche automobile. Il faut bien se dire que s'il y a 20 ans les règles prudentielles avaient été introduites, nous n'aurions jamais eu tous les problèmes que nous avons aujourd'hui. C'est une question de volonté politique et les compagnies suivront. Celles qui ne suivent pas, tant pis pour elles. Nous ne pouvons pas les attendre indéfiniment. Je demande d'ailleurs que les mesures prudentielles soient renforcées, de manière à ce que les actionnaires des compagnies prennent leurs responsabilités face aux choix commerciaux de leur société. Il n'y a pas d'autre moyen d'avoir un secteur sain et fiable.

    - Et le code?
    - Il faut qu'il soit rapidement examiné et mis en place. C'est notre instrument majeur. Nous rencontrons une très bonne écoute auprès de la Direction des Assurances. Il ne reste plus que quelques points à travailler. Et même sur la répartition des risques automobile que voulait introduire le texte, nous sommes en train de trouver une solution avec la Direction, qui garantisse aux consommateurs de trouver à s'assurer, sans que l'on soit obligé de renoncer aux principes de la libéralisation.

    Propos recueillis par Nadia SALAH

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