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Affaires

Abbas Azzouzi au Club de L’Economiste
Le Maroc a reconstruit sa crédibilité

Par L'Economiste | Edition N°:2646 Le 07/11/2007 | Partager

. Un «miracle» dû aux performances de la «Vision 2010». MRE: 3 millions de clients potentiels que personne ne prend en chargeL’UN des acquis incontestables de la destination est le rétablissement de la crédibilité auprès des grands opérateurs mondiaux qui comptent dans le tourisme. Les résultats de la «Vision 2010» et l’accompagnement politique qui la soutient ont fait beaucoup de bien, analyse le directeur général de l’ONMT. Il y a 3-4 ans, les interlocuteurs des responsables marocains dans les grands salons internationaux étaient des chefs de produits, révèle Abbas Azzouzi. Pourquoi? Parce que le Maroc ne représentait pratiquement pas grand-chose dans leur portefeuille. Tenez par exemple le groupe TUI. A lui seul, le numéro un mondial du tourisme pèse plus que le parc hôtelier du Royaume et sa flotte aérienne. Décrocher un rendez-vous avec son président en brandissant quelques dizaines de milliers de clients était quasiment impossible, concède Azzouzi. «Il fallait donc réfléchir aux moyens d’impliquer ces grands opérateurs sur la destination et les convaincre qu’ils pouvaient gagner avec nous en se forgeant une visibilité dans leur portefeuille». C’est ce que le gouvernement a réussi en multipliant des partenariats de co-marketing avec ces big-players qui ont pris des risques sur la destination en ouvrant des dessertes et en investissant dans l’hôtellerie. TUI, First Choice et les autres, sont aujourd’hui liés par des accords de partenariat avec le Maroc. Ce dernier consacre actuellement 500 millions de dirhams aux opérations de co-marketing avec ces grands acteurs de l’industrie touristique. Et à en juger par les résultats, la mayonnaise a bien pris. Résultat: «Nous sommes aujourd’hui cités en exemple par ces grands groupes lorsqu’ils négocient avec d’autres pays», confie le patron de l’Office du tourisme. Si la plupart des clignotants du secteur sont au vert, il ne faut surtout pas s’endormir sur ses lauriers, met en garde le directeur général de l’Office du tourisme. Nous avons encore des lacunes pour l’accueil d’une clientèle qui forme près de la moitié des flux touristiques du Maroc, les MRE. La frange des MRE qui viennent pour des raisons familiales ira en diminuant. Il va falloir donc se préparer à cette éventualité en faisant en sorte que les jeunes (3e génération) visitent le Maroc en tant que destination touristique. Malgré le potentiel, le management de l’ONMT a le sentiment que les opérateurs négligent à la limite ce segment de marché. «Il est curieux qu’il n’y ait pas à ce jour un T.O spécialisé sur un segment potentiel de 3 millions de clients», s’étonne Abbas Azzouzi. Pour attirer cette clientèle, l’offre marocaine, notamment le parc hôtelier doit subir des ajustements. Le type d’hébergement destiné aux familles lui fait cruellement défaut, le même hébergement grâce auquel l’Espagne a su séduire des milliers de ménages marocains.L’appropriation d’Internet par le secteur est l’une des deux grosses ruptures à laquelle il faut se préparer dès maintenant, constate le directeur général de l’ONMT. La visibilité internationale de l’offre touristique marocaine dépendra en partie de la réussite de ce challenge, poursuit-il. Internet a complètement chamboulé la distribution des voyages. Au niveau mondial, entre 30 et 40% des achats se font en ligne. Aux Etats-Unis, cette proportion est au-delà de 50% et encore plus pour la billetterie. Ces changements de comportement d’achat déstabilisent les grands T.O (tour-operateurs). Le client reprend le pouvoir grâce à Internet qui a fait voler en éclats le monopole des tour-operateurs dans la vente des forfaits touristiques. Le client reprend le pouvoir et peut désormais accéder à l’information pour se décider. Le contexte a changé: d’une stratégie de l’offre, on est passé dans un contexte où il faut convaincre le client. Ce retournement des rapports de force explique en partie le mouvement de concentration observée dans l’industrie touristique européenne, croit savoir le directeur général de l’Office du tourisme.Où se situent donc nos opérateurs dans cette révolution? Pour l’instant, à l’exception de quelques cas marginaux, hôteliers, voyagistes et l’essentiel de la chaîne de prestataires sont dans la position de spectateurs. On est loin du compte, concède Abbas Azzouzi, qui omet de relever que l’Office qu’il dirige ne fait pas mieux que les opérateurs privés en matière de présence sur la toile mondiale.«Notre hôtellerie doit être en mesure d’utiliser Internet en tant qu’outil de réservation et de vente en affichant ses capacités disponibles (actualisées) sur cette vitrine mondiale», conseille Abbas Azzouzi. L’enjeu de cette exposition est capital: acheter en ligne est déjà un réflexe pour une grande partie des clients européens; une destination qui ne s’assurera pas une présence crédible sur Internet est appelée à souffrir dans les années à venir. Bien sûr qu’il restera toujours des produits haut de gamme pour lesquels le conseil d’un professionnel est incontournable, mais pour 4/5 de la demande, la donne ne sera plus la même. Pour les professionnels marocains, Internet c’est aussi l’intégration dans les réseaux globalisés, la réduction des circuits de distribution et, donc, une amélioration des marges.


Se battre contre l’image du chameau

CE n’était pas le moindre des challenges à relever dans la communication institutionnelle de la destination. L’image du Maroc (touristique) était souvent associée à des clichés. Il n’y a pas si longtemps encore, Maroc renvoyait d’abord au chameau et à un certain folklore, explique Abbas Azzouzi. «C’est contre ces clichés qu’il a fallu se battre», ajoute-t-il. Le thé à la menthe et le henné exposés à l’entrée des stands du Maroc dans les salons internationaux du tourisme ont aussi contribué à alimenter ces clichés. Le matraquage publicitaire ne peut suffire à inverser la tendance. Les réformes structurelles, comme celle du statut de la famille, l’ouverture démocratique... ont participé à la consolidation de l’image du pays.


ONMT/Ministère: Des périmètres de compétences clairs

LES rapports entre le ministère du Tourisme et l’ONMT sont beaucoup plus clairs aujourd’hui que jadis, assure le directeur général de l’Office. Ce ne fut pas toujours le cas, l’Office, créé des décennies avant le ministère, était un monstre de par ses attributions (voir aussi article en pages 9 et 10). Avant que le ministère ne soit institué, l’ONMT s’occupait de la régulation, de la formation et détenait un impressionnant portefeuille des participations dans des entreprises touristiques dont l’assainissement a laissé des traces. A cela il faut ajouter des chevauchements dans la gestion des personnels dans les délégations, certains employés relevant du ministère pouvaient être payés sur le budget de l’Office.Tout cela a été clarifié, insiste Abbas Azzouzi. Ceux qui rêvaient aussi d’un Office indépendant du ministère, lorsqu’ils poussaient vers la transformation de l’établissement en société anonyme, en prennent pour leur grade: «L’ONMT exécute la politique définie par le gouvernement et doit travailler en symbiose avec sa tutelle».Abashi SHAMAMBA

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