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International

Sécurité: L’Allemagne s’assume en acteur international

Par Ariane BADET | Edition N°:4813 Le 14/07/2016 | Partager
Publication d’un nouveau Livre blanc de la défense
Première hausse d’effectif depuis la chute du mur de Berlin
Réaction à la menace terroriste et russe
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Hier matin, le Conseil des ministres allemand a adopté un nouveau Livre blanc de la défense, ce document, présenté par la ministre de la Défense Ursula von der Leyen, est un tournant. Pour des raisons historiques, la France  a toujours  été  très réticente à tout ce qui ressemblerait à une quelconque volonté de reconstituer sa puissance militaire. Berlin se dit aujourd’hui prête à assumer un rôle plus important sur la scène internationale et à devenir «un partenaire fiable» dans la gestion des crises et des conflits dans le monde et pas seulement par le financement d’actions humanitaires. 
Ce changement de doctrine doit s’accompagner d’engagements militaires, il s’agit de «permettre à la Bundeswehr de produire des résultats dans tout le spectre des opérations». Le Livre blanc s’inscrit dans la lente évolution entamée par le pays il y a une vingtaine d’années. L’approche en matière de politique sécuritaire ne sera pas remise en cause, elle continuera de reposer «sur les principes du multilatéralisme et du partenariat». La France n’entend pas développer d’engagement militaire autonome: «L’OTAN, l’Union européenne, les Nations unies et l’OSCE continueront à former le noyau de notre approche», déclare le Livre blanc. Il s’agit avant tout d’une adaptation à la détérioration de la sécurité internationale. 
Les menaces principales citées dans le document sont le terrorisme transnational, les attaques dans les domaines du cyber et de l’information, et les conflits hybrides. Mais le changement le plus frappant par rapport au Livre blanc de 2006 concerne la Russie, qualifiée de «partenaire» en 2006, elle est aujourd’hui un sujet d’inquiétude car elle pourrait  «remettre en question l’ordre de paix européen». Au dernier sommet de l’OTAN, à Varsovie, la France a confirmé qu’elle assumerait le commandement d’un des bataillons déployés dans les pays baltes et en Pologne.
La lutte contre le terrorisme et en particulier contre Daesh est le principal enjeu de l’évolution de la politique de défense allemande. Entre autres, depuis deux ans, la Bundeswehr forme en Irak des peshmergas kurdes et après les attentats de Paris, elle a accepté d’envoyer des avions de reconnaissance au-dessus de la Syrie et de l’Irak. En revanche, l’Allemagne refuse que la lutte intérieure contre le terrorisme passe par un engagement militaire sur le territoire comme c’est le cas en France.
Le Livre blanc fixe également des objectifs précis pour permettre à la France de devenir un acteur efficace de la sécurité internationale, le budget de la défense passera de 34 à 40 milliards d’euros d’ici cinq ans et l’armée allemande entend recruter 7.000 soldats supplémentaires et 4.400 personnels civils. Il s’agit d’un engagement historique puisque l’armée allemande n’avait pas augmenté ses effectifs depuis 1990. Le pays reste tout de même sous la barre des 2% du PIB fixé par l’OTAN. 
Ces changements pourraient ouvrir la voie à une plus grande coopération et à un meilleur partage de la charge de la politique de défense européenne, voire sur le long terme au développement de l’Europe de la défense comme le réclame la France depuis plusieurs années. 

 

 

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