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International

Le Brexit freine l’élan des IPO

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:4812 Le 13/07/2016 | Partager
Au 2e trimestre 2016, elles ont baissé de 26%
Avec un recul de 75%, Londres a été particulièrement touchée
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Source: PwC
Au total, 95 IPO européennes ont permis de lever 10,9 milliards d’euros au cours du trimestre écoulé (contre 50 IPO et 3,5 milliards d’euros au premier trimestre 2016)

La baisse des introductions en Bourse en Europe est l’une des premières conséquences du Brexit. Au deuxième trimestre 2016, elles ont baissé de 26% par rapport à l’an dernier, indiquent les experts de PwC dans la dernière édition de l’étude «IPO Watch». Les IPO sur le continent ne devraient pas dépasser les 25 milliards d’euros d’ici la fin de l’année 2016 (soit moins de la moitié des 57,4 milliards levés en 2015). Optimiste, PwC prévoit que les candidats à une IPO reviendront progressivement vers le marché entre la fin de l’année et le début 2017. A condition toutefois que les investisseurs regagnent confiance et que les incertitudes se dissipent. 
Londres a vu sa part dans le volume d’activité des IPO européennes chuter à 11%, son plus bas niveau depuis 2009. Avec 21 opérations d’un montant total de 1,2 milliard d’euros, la place londonienne a enregistré une baisse de 75% par rapport au deuxième trimestre de 2015 et de 49% par rapport au niveau, déjà bas, du premier trimestre de 2016. Les observateurs redoutaient que le référendum du Royaume-Uni sur la sortie de l’UE n’entraîne une série d’annulations ou de reports d’IPO. Dans les faits, ces annulations ou reports annoncés sont restés à un niveau comparable à celui des précédents trimestres. 11 IPO annoncées ne se sont pas concrétisées, soit 13% des opérations, contre une moyenne trimestrielle de 12 annulations ou report. La volatilité a été relativement faible sur l’ensemble du trimestre et les entreprises ayant programmé leur IPO autour de la date du référendum étaient peu nombreuses. Il n’est pas surprenant que 10 des reports d’IPO concernent l’Europe continentale. Les candidats britanniques ayant d’emblée évité cette période d’incertitude. 
Le reste de l’Europe s’en sort mieux, avec une baisse de 6% seulement, à 9,7 milliards d’euros de fonds levés. 
Au premier semestre, les introductions en Bourse ont atteint un montant total de 14,4 milliards d’euros, soit moins de la moitié des fonds levés au cours des deux derniers records de 2014 et 2015. L’activité a toutefois triplé entre le premier et le deuxième trimestre 2016, même si le référendum britannique a pesé sur les volumes dans toutes les places boursières européennes. Au total, 95 IPO européennes ont permis de lever 10,9 milliards d’euros au cours du trimestre écoulé (contre 50 IPO et 3,5 milliards d’euros au premier trimestre 2016). Le mouvement des IPO a été généré pour l’essentiel par les Bourses de l’Europe continentale. Plus de 70% des fonds levés au deuxième trimestre 2016 l’ont été sur OMX, Euronext et la Bourse espagnole. Ces places ont profité de plusieurs privatisations et spin-offs, qui ont boosté leurs volumes. Il s’agit notamment de l’IPO de Dong Energy à Copenhague d’un montant de 2,3 milliards d’euros, soit la plus importante dans le monde en 2016. Outre les IPO de ASR (1 milliard d’euros) et de Philips Lighting (863 millions d’euros) à Amsterdam. 
Après un premier trimestre inactif (une seule IPO), la Bourse de Paris a accueilli 7 IPO au cours du second trimestre 2016, d’un montant total de 683 millions d’euros. C’est loin des niveaux d’activité de l’année dernière: 10 IPO pour près de 2 milliards d’euros. 

Le seuil des 25 milliards d’euros en 2016

«Plusieurs transactions ont été repoussées après le résultat du référendum, du fait des incertitudes planant sur le marché. Reste que la majorité des entreprises candidates à une IPO au second semestre 2016 ont maintenu leurs plans», indique Philippe Kubisa, associé spécialiste des marchés de capitaux chez PwC. «Le retour à la stabilité politique et une plus grande transparence sur l’avancée des négociations entre Londres et Bruxelles seront essentiels pour que l’activité des IPO reprenne après le creux traditionnel de l’été», poursuit l’expert. «Si c’est le cas, la réussite des premières introductions en Bourse arrivant sur le marché à la rentrée sera décisive pour le reste de l’année. Même si l’on ne s’attend pas à une activité au point mort, il est peu probable que les IPO européennes parviennent à dépasser le seuil des 25 milliards d’euros en 2016», note Philippe Kubisa. 

 

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