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Competences & rh

Entrepreneuriat
Les bons tuyaux pour se lancer

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4794 Le 14/06/2016 | Partager
Conseils d’experts et d’entrepreneurs
Exit le business plan et les longues études de marché!
Développer un «produit minimum viable» et le confronter rapidement aux clients
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Le nombre d’entreprises qui meurent chaque année au Maroc équivaut pratiquement à 10% du nombre de celles créées. Combien survivent au-delà de 5 ans? Il n’existe pas vraiment de chiffre précis sur la question. En France, cette part est de seulement 50% (Insee). La vie d’entrepreneur est tout sauf facile. Il est conseillé d’être toujours préparé au pire, et surtout valoriser l’échec. Perdre une bataille, c’est dur, mais c’est aussi une formidable source d’apprentissage

Pour entreprendre, peu importe que vous soyez bardé de diplômes ou que vous ayez un QI supérieur à la moyenne. Si vous posez la question aux entrepreneurs, d’aucuns vous diront que la réussite, avant d’être une affaire d’intelligence, est une question de passion, de foi inébranlable en votre projet et, surtout, de persévérance. Pourvu aussi que vous ayez, au départ, «LA» bonne idée. Celle qui vous permettra de vous démarquer, de disposer de facteurs différenciants et d’apporter votre propre valeur ajoutée. «Dans les pays développés, c’est très compliqué de trouver des idées qui n’ont pas encore été exploitées. Au Maroc, il y a encore de nombreux champs à explorer et des besoins colossaux à combler», avait déclaré, à L’Economiste, le ministre de l’Industrie et serial entrepreneur, Mly Hafid Elalamy.

En clair, il suffit de vous creuser les méninges, ou encore d’observer les tendances à l’international. «Pourquoi ne pas s’inspirer directement des nouveaux concepts créés aux Etats-Unis, car c’est là où l’on peut identifier les activités porteuses de demain, au lieu de rester focalisé sur l’Europe qui est elle-même dans une logique de rattrapage dans de nombreux domaines», conseille, pour sa part, le patron d’Outsourcia, Youssef Chraïbi, qui a très tôt flairé les opportunités de la relation client au début des années 2000, avec comme modèle l’offshoring américain en Inde.
Les formalités administratives de création d’une entreprise sont, par ailleurs, beaucoup plus simples qu’avant. «Dans les années 90, il m’a fallu 2 ans pour monter ma société en raison de blocages administratifs. Ce fut un calvaire», témoigne, Abdellah Elfergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME. Actuellement, c’est une question de jours.
Faut-il se lancer dans un domaine que l’on maîtrise? De préférence oui, mais ne vous interdisez rien, si vous croyez en votre projet. «Il n’existe pas d’homme d’affaires infaillible capable de gérer tous les secteurs, toutes les situations et tous les métiers. Lorsque vous entrez dans un secteur où vous ne disposez pas de savoir-faire, et que vous n’avez pas eu le temps d’apprendre, mieux vaut commencer le plus petit possible pour que les enjeux soient limités», recommande Mly Hafid Elalamy. Les grandes histoires démarrent parfois de rien! Mais un effort permanent d’apprentissage et d’adaptation est nécessaire.

Le casse-tête du financement

Pour commencer, il faut rêver grand et penser «outside the box»! «La plus grosse problématique chez les porteurs de projets au Maroc est qu’ils réfléchissent petit, à 99,99%», regrette Adnane Addioui, country leader de l’ONG Enactus Maroc, dont la mission est d’accompagner les étudiants dans leurs projets d’entrepreneuriat social. Le point fondamental de tout projet est évidemment le financement. «Il est important de sécuriser sa source de financement en amont. Certains perdent beaucoup de temps sur des projets qui au final ne se concrétisent pas faute de moyens», relève Youssef Chraïbi. Tout le monde s’accorde aujourd’hui à dire qu’il n’existe pas vraiment d’offre dédiée aux jeunes porteurs de projets. Les fonds de capital amorçage sont quasi inexistants, les business angels rarissimes et les banques trop frileuses. «Depuis Moukawalati, il n’y a pas eu de dispositif dédié.
La seule option, c’est le système bancaire qui exige toujours des garanties», déplore Abdellah Elfergui. Faute de garantie, beaucoup font d’abord le tour de leur famille ou amis pour récolter un fonds de départ. Il est également possible de se diriger vers le tissu associatif. Plusieurs ONG, comme Enactus ou encore le Réseau Entreprendre Maroc, offrent des fonds d’amorçage ou des crédits d’honneur. Les sommes concédées sont petites, mais elles permettent de donner un coup de pouce au démarrage du projet. Néanmoins, l’écosystème des ONG manque également de ressources. «S’il n’y avait pas une entité du nom de l’OCP, tout fermerait! C’est le seul bailleur de fonds qui soutient l’entrepreneuriat de manière structurelle», souligne Addioui.  
Le financement est un sérieux frein à l’entrepreneuriat. Mais il faut frapper à toutes les portes, avant de s’avouer vaincu.
Pour minimiser le risque de se tromper et enrichir sa vision, il est préférable de confronter son idée à un maximum de personnes (businessmen, experts, clients potentiels,…). «Certains ont peur de partager leurs idées par crainte de se faire voler leur concept. Mais en fait, des idées de génie, il n’y en pas tant que ça. Souvent, il y a des tendances de fond, que tout le monde connaît. Ce qui fait la différence, c’est d’arriver au bon moment sur le marché et d’avoir une capacité d’exécution, avec la bonne équipe», estime le patron d’Outsourcia.
D’aucuns conseillent de sortir de la théorie et de concrétiser au plus vite son projet. Si, par exemple, vous n’avez pas besoin de lever des fonds conséquents, pas la peine de passer des mois à travailler sur un business plan ou à réaliser des études de marché. La tendance chez les petites structures innovantes est au «lean startup». C’est-à-dire investir peu, développer un produit minimum viable (MVP), le confronter au marché rapidement et le réadapter en permanence en fonction des retours reçus. Cela permet de palper la demande directement auprès du client et d’être sûr de répondre à un besoin précis.  
Une fois votre projet sur pied, commence la bataille pour la survie. «Il n’y a pas de mystère, cash is king. Tant que vous avez du cash dans votre trésorerie, vous pouvez continuer à exister. Pour cela, le client doit être votre priorité», insiste Mehdi Alaoui, serial startupper.
L’aventure n’est jamais de tout repos. Fiscalité, délais de paiement, RH,… plein de défis vous attendent. Seuls les persévérants pourront perdurer.

Brevet, une protection superflue?

«Si quelqu’un d’autre peut mieux valoriser mon concept et mieux l’exécuter, eh bien soit! Cela ne me pose pas de problème», avance le serial startupper, à la tête de 5 structures technologiques, Mehdi Alaoui, également premier et unique Marocain installé à la Silicon Valley.
Très fair-play de la part d’un entrepreneur. Il s’agit aussi de confiance en soi. Alaoui est persuadé que ses projets, il est le seul à pouvoir les mener jusqu’au bout. Pas besoin donc de «gaspiller» de l’argent dans un brevet, surtout pour une startup. «Le brevet ne pourrait être utile que dans des domaines très techniques. Il ne concerne en réalité qu’une infime partie de projets», pense Youssef Chraïbi. «Protéger son idée par des moyens juridiques, je n’y crois pas beaucoup. La protection est liée au fait de pouvoir toujours garder une longueur d’avance, et faire évoluer en permanence son concept pour conserver un bon time to market», poursuit-il.
Dans le contexte actuel, les produits et les services évoluent à vitesse grand V. Au lieu de perdre du temps dans des procédures administratives, beaucoup préfèrent prendre de court leurs concurrents et bénéficier du first mover advantage.

 

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