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    Culture

    Musiques sacrées
    Le parcours des «femmes fondatrices»

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4768 Le 09/05/2016 | Partager
    Conte de «Mille et Une Nuits» en présence de SAR Lalla Salma et Cheikha Mozah
    Le gotha international au rendez-vous… à Bab El Makina et Jnane Sbille
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    Vendredi dernier, Lalla Salma a inauguré officiellement la 22e édition du festival des Musiques sacrées de Fès. Elle le fait d'ailleurs depuis 10 ans. Cette année, elle a convié Cheikha Mozah à l’événement phare de la ville (Ph. YSA)

    Vendredi dernier, à la place Bab El Makina, le lancement de la 22e édition du festival de Fès des musiques sacrées du monde a été donné par deux femmes d’exception. Il s’agit de la princesse Lalla Salma et Cheikha Mozah, épouse du Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, ancien émir du Qatar. Cette dernière s’était déjà rendue en avril 2014 à Fès, où elle avait passé plusieurs jours.
    Ce 6 mai 2016, Lalla Salma aurait voulu lui montrer une autre facette de la capitale spirituelle, qui révèle, à l’occasion de son festival, l’histoire des «femmes fondatrices». Ainsi, les deux princesses sont arrivées à Bab El Makina peu après 21h. Malgré la pluie orageuse qui est tombée en milieu et en fin de journée, le spectacle a été maintenu. «Les services de la Météorologie nationale nous ont fourni des informations avec une grande exactitude… Finalement, tout s’est bien passé», indique Abderrafie Zouitene, président de la Fondation Esprit de Fès, initiatrice de l’événement.

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    Un spectacle, rassemblant chanteurs et musiciens, ponctué par la frénésie de la danse classique kathak dans ce qu’elle a de plus rythmique et virtuose… pour rendre hommage à la culture indienne. Issues de la Jaipur Kathak Kendra, trois danseuses ont fait ainsi rayonner l’âme d’une musique qui remonte à la fondation du monde, samedi dernier, à Bab El Makina (Ph. YSA)

    Si au début du spectacle, il fallait sortir son parapluie pour se protéger des averses, dès 22 heures, le ciel a révélé ses étoiles répondant à l’appel du spectacle-création de cette ouverture, «Un ciel plein d’étoiles».
    Officiels marocains et français, maires des villes partenaires et jumelles de Fès et anonymes se sont retrouvés pour célébrer le démarrage en trombe du 22e festival des musiques sacrées, devenu un rendez-vous incontournable pour le gotha international. L’ouverture, sponsorisée par BMCE Bank, s’est ainsi distinguée par la présence de Jean-Vincent Placé, secrétaire d'Etat français chargé de la Réforme de l'Etat et de la Simplification, Olivier Cadic, sénateur français, ou encore Jean-François Girault, l’ambassadeur de France à Rabat, et Gilles Bourbao, consul général à Fès.
    Côté marocain, plusieurs officiels étaient de la partie. A commencer par Mohamed Hassad, ministre de l’Intérieur, Mohamed Amine Sbihi, ministre de la Culture, et Driss El Azami El Idrissi, ministre du Budget et également maire de Fès. Les trois responsables gouvernementaux ont admiré la fresque de cette ouverture à côté de SAR Lalla Salma et son hôte Cheikha Mozah, tout comme Abderrafie Zouitene. Dans le public, on pouvait remarquer également d’autres personnalités venues à titre privé, comme Salwa Idrissi Akhannouch, Leila Meziane Benjelloun, Othmane Benjelloun, Mhamed Douiri, Mohand Laenser, Badr El Kanouni, ou encore Fathallah Oualalou, Mustapha El Mansouri, Habib El Malki et Mohamed Kabbaj. Pour mémoire, c’est à ce dernier que revient le mérite d’avoir créé l’association Fès-Saïss dans les années 1980 et initié le festival de Fès des musiques sacrées du monde, devenu aujourd’hui l’évènement phare de la capitale spirituelle. Un événement où la quête pour retrouver le plus beau et le plus merveilleux des mondes est assurée. Ainsi, vendredi dernier, se sont produits une centaine d’artistes venant des quatre coins du monde. Réunies pour cette ouverture autour du conte des «Mille et Une Nuits», elles sont chanteuses, danseuses, conteuses, etc. Elles ont revisité l’histoire de femmes savantes, femmes poétesses, femmes mystiques au fil d’un spectacle conçu

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    L’Iranienne à la voix mélodieuse, Sahar Mohammadi, et ensemble féminin d’Azerbaïdjan «Ingie» de qanun sous la direction de Tarana Aliyeva ont enchanté le public de Bab El Makina à l’ouverture du festival et le lendemain au Jardin Jnane Sbille en présence de Cheikha Mozah (Ph. YSA)

    comme un songe. Fondatrices de l’Orient, de l’Islam mais aussi d’autres cultures millénaires ont entraîné le public ainsi à la découverte de l’histoire du Maroc et de divers mythes ayant écumé l’Orient. Mapping, projections audiovisuelles et grand orchestre ont accompagné cette traversée dans le temps et l’imaginaire pendant près de 2 heures. Shéhérazade, personnage mythique de tous les Orients en a emporté le public de ciel en ciel, de monde en monde, à la source de l’imagination et du conte. Ce fut un véritable art du rêve. Rêve pour retracer les savoirs des temps: les lettres, la poésie ou la politique. Anecdotique, l’histoire du roi Salomon qui avait 300 femmes et 700 concubines, évoquée devant un public averti. Le tout sur fond de musiques. Poétesses cavalières des steppes de Mongolie, musiciennes de cour des palais d’Azerbaïdjan, voix de la Perse soufie ont magnifié ce parcours des Mille et Une Nuits de cette création, où parfois le fil conducteur se perdait parfois mais pas au détriment de la magie qu’a eu le spectacle grâce à une scénographie (mapping) des plus réussies. Des artistes femmes du Maroc, de la Mongolie, de l’Azerbaïdjan, de l’Iran, de l’Éthiopie, de l’Inde, du Liban, de l’Italie et de l’Afrique ont illustré cette fresque accompagnée par un grand orchestre oriental. «C’est au-delà de l’appréciation de l’intelligence féminine habitée par la grâce et l’inspiration, la découverte de musicologies différentes et le voyage dans l’histoire et les continents qu’on a voulu offrir au public d’ouverture», conclut Zouitene.

    Hommage à l’Inde

    Dorénavant, chaque édition du festival de Fès des musiques sacrées du monde mettra en valeur un pays particulier. Cette année, l’Inde, dont de nombreux contes des Mille et Une Nuits sont d’ailleurs originaires, a présenté son génie créatif. Les fastes des cours des palais des maharajahs et nababs d’antan auront permis l’émergence et la continuation d’une tradition et d’un savoir uniques. Ils nous sont donnés à découvrir lors d’une joute musicale, Durbar, présentée samedi dernier, sous l'intitulé «Gloire des princes et louanges des Dieux: joute musicale dans les anciens palais de l’Inde».

     

     

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