Culture

Musiques sacrées de Fès
Un spectacle des Mille et Une Nuits pour l’ouverture

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
«Un ciel plein d’étoiles» à Bab El Makina ce vendredi
Contes, chants et mapping… en hommage aux «femmes» [scald=2241:sdl_editor_representation]
SAR la Princesse Lalla Salma attendue à l’inauguration
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Le spectacle d’ouverture se veut le reflet des différentes facettes du monde féminin au cœur de la musique et des arts. «Chacune de nos invitées se fait l’écho de la notion de savoir symbolisée par Fatima El Fihriya à l’origine de la construction de l’université Al Qaraouiyine de Fès», précisent les organisateurs (Ph. YSA)

Les organisateurs du festival de Fès des Musiques sacrées du monde ont travaillé dur pour offrir à leur public de marque un spectacle grandiose, et dans les meilleures conditions, ce vendredi 6 mai. Ainsi, et comme à l’accoutumée, l’ouverture du festival se déroulera en présence de SAR la Princesse Lalla Salma, les ministres de l’Intérieur, de la Culture et du Tourisme, les maires des villes jumelles et partenaires de Fès, ou encore Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, Bariza El Khiyari, vice-présidente du Sénat français, et d’autres VIP.
Devant les festivaliers de cette ouverture, qui se tiendra à Bab El Makina, se produiront une soixantaine d’artistes venant des quatre coins du monde. Réunies pour un spectacle-création, intitulé «Un ciel plein d’étoiles», elles sont chanteuses, danseuses, conteuses, etc. Elles revisiteront l’histoire de femmes savantes, femmes poétesses, femmes mystiques ou «femmes-fées», et scintilleront comme autant d’étoiles d’une voie lactée qui se révèlera au fil d’un spectacle conçu comme un songe. Fondatrices de l’Orient, de l’Islam mais aussi d’autres cultures millénaires, elles nous entraîneront ainsi à la découverte de l’histoire du Maroc et de divers mythes ayant écumé l’Orient.
Cette 22e édition du festival de Fès s’annonce riche en créations. «Le spectacle d’ouverture en sera bien sûr la première pierre, conformément à une tradition désormais bien établie à Fès», explique Alain Weber, directeur artistique du festival. Selon lui, la soirée du vendredi se veut un hommage exceptionnel aux femmes mythiques de l’Orient et du Maroc dont les histoires nous seront contées par Shéhérazade. Chacune sera incarnée par une artiste rare. Mapping, projections audiovisuelles et grand orchestre accompagnent cette traversée dans le temps et l’imaginaire, comme nous l’avons constaté lors des répétitions. Quatre vingt dix minutes durant, Shéhérazade, personnage mythique de tous les Orients qui, la nuit tombée, nous emportera de ciel en ciel, de monde en monde. Elle incarne l’intelligence à la source de l’imagination et du conte, véritable art du rêve. Elle est cette femme hardie, résolue et cultivée qui maîtrise les savoirs de son temps: l’histoire, les lettres, la poésie ou la politique. Poétesses mystiques, de Mira Baï l’Indienne à Rabia al Adawiyya al Qaysiyya l’Irakienne, ou à Al Hansa, la bédouine pré-islamique; savantes mythiques comme Balqis la Reine de Sabaa qui affronte par sa connaissance le Roi Salomon au même titre que l’esclave Tawaddud Al-Jâriya (illustrée par des marionnettes géantes venues d’Afrique) défiant les sages de la cour d’Haroun Al-Rashid. Toutes nous feront voyager à travers poésie, chant et danse du monde et mettront en valeur l’idée de savoir et de connaissance symbolisée par Oum El Banine (autrement nommée Fatima El Fihriya) à l’origine de la construction de la mosquée et de l’université Al Qaraouiyine de Fès. Femmes rebelles du Maroc ancien revivront aussi dans ce spectacle, qu’elles soient de Tétouan ou des montagnes de l’Atlas amazigh, où le voile s’imposa comme l’expression d’une révolte contre l’occupant.
Poétesses cavalières des steppes de Mongolie, musiciennes de cour des palais d’Azerbaïdjan, voix de la Perse soufie magnifieront ce parcours des Mille et Une Nuits. Elles montreront également que la raison peut découler de la piété et de la foi, ainsi qu’en témoignent les anciens récits et conforteront l’idée d’une intelligence féminine habitée par la grâce et l’inspiration. Beau spectacle en perspective.

«Une première internationale»

Lors du spectacle inaugural, les murs historiques de Bab El Makina seront habillés par un travail d’images animées (mapping). Ils deviendront la voûte céleste sous laquelle Shéhérazade évoquera ces grands personnages. Chaque fois, une étoile filante surgira du ciel pour franchir la grande porte de Bab El Makina telle une fée chatoyante qui se matérialisera par une femme d’exception. Des artistes femmes du Maroc, de la Mongolie, de l’Azerbaïdjan, de l’Iran, de l’Éthiopie, de l’Inde, du Liban, de l’Italie et de l’Afrique illustreront cette fresque accompagnée par un grand orchestre oriental. «Il s’agit là d’une première internationale», conclut Alain Weber.

Hommage à l’Inde aussi

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Chaque édition du festival mettra dorénavant en valeur un pays particulier. Cette année, l’Inde, dont de nombreux contes des Mille et Une Nuits sont d’ailleurs originaires, présentera son génie créatif. Les fastes des cours des palais des maharajahs et nababs d’antan auront permis l’émergence et la continuation d’une tradition et d’un savoir uniques; ils nous seront donnés à découvrir lors d’une joute musicale, Durbar, présentée sur la majestueuse scène de Bab El Makina ce samedi 7 mai.

 

Youness SAAD ALAMI

 

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