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    Culture

    Musique de chambre
    Essaouira fait jouer le Maroc dans la cour des grands

    Par Alice JOUNDI | Edition N°:4767 Le 06/05/2016 | Partager
    Le Printemps des Alizés a cassé tous les compteurs par son succès
    Des concerts et des rencontres d'exception
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    A ciel ouvert ou dans l'église, les concerts ont attiré beaucoup de monde. Dar Souiri et l'église d'Essaouira ont poussé leurs murs pour accueillir tous les spectateurs, et en soirée, les 1.400 places de la salle omnisport n'ont pas suffi pour offrir un siège à tous

    Combien d’entre nous savent que c’est au Maroc, à Essaouira, que se donnent désormais rendez-vous, une fois par an, les mélomanes les plus exigeants pour écouter les grands maîtres de la musique de chambre.
    C’est en tout cas le constat le plus largement partagé et affiché par les milliers de privilégiés qui, le week-end dernier, ont pris d’assaut les scènes souiries du Printemps musical des Alizés.
    Un Printemps marqué cette année du sceau de l’exception et de la fierté puisque Dina Bensaid, pianiste de grand talent et directrice du festival d’Essaouira, a été nominée pour l’édition 2016 du concours de la Reine Elizabeth. Une compétition qui honore et célèbre les meilleurs et les plus grands pianistes du monde. Concours convoité, espace rêvé et difficile, mais combien emblématique de ce que la communauté universelle du piano fait de mieux et qui verra peut-être cette année le Maroc et Essaouira inscrire leurs noms sur le fronton de l’excellence la plus éclatante de la musique de chambre dans le monde.
    Mais c’est à Essaouira que cette excellence s’est déjà exprimée le week-end dernier avec une édition 2016 du Printemps musical des Alizés qui a cassé tous les compteurs par son succès, avec une affluence qui donne désormais à la musique classique au Maroc une profondeur et une légitimité qui continuent d’en surprendre plus d’un et par sa programmation qui a réuni les plus grands interprètes de ce répertoire, au fil de douze concerts d’une qualité sans précédent.

    "Quel cadeau!"

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    "Quel cadeau!" Tel est le leitmotiv des spectateurs rencontrés à l'issue de chaque concert, conscients de faire partie des milliers de privilégiés auxquels la cité des Alizés offre à voir et à entendre ces maîtres de la musique de chambre, venus d'Europe et d’ailleurs pour rencontrer le Maroc, dans l'écrin si paisible et particulier qu'est Essaouira.
    C'est avec une immense générosité que ces artistes nous ont livré des instants à la fois purs, intimistes, dans la proximité et la simplicité, ravissant les plus mélomanes mais aussi enchantant les Souiris eux-mêmes qui accueillent chaque année l'édition "avec leur propre sensibilité" (pour reprendre les termes d'André Azoulay), remerciant de leurs you-you la voix pure d'une soprano, l'excellence d'un pianiste ou la puissance et la beauté de l’Orchestre philharmonique du Maroc venu à Essaouira avec le Chœur du Maroc et celui de la Région Ile de France, avec près de 150 musiciens et chanteurs sur la même scène pour revisiter, à Essaouira, le Requiem de Mozart, la messe la plus chantée au monde.
    Ce festival souiri permet à la musique classique d'aller à la rencontre d'un autre public, partageant mieux que tout autre son universalité, et cette année, les concerts en médina ont donné une autre dimension à cette démarche inédite et ouverte, offrant à toute la ville quelques notes volées et des instants de grâce.
    Dès la soirée d'ouverture et jusqu'à la fin de cette édition, le public était au rendez-vous, remplissant les salles encore plus qu'à l'accoutumée. Dar Souiri et l'église d'Essaouira ont poussé leurs murs pour accueillir tous les spectateurs, et en soirée, les 1.400 places de la salle omnisport n'ont pas suffi pour offrir un siège à tous.
    Nous sommes chanceux à Essaouira, si chanceux d'assister à ces instants privilégiés, comme des secrets que l'on nous chuchote, des instants de partage indicibles, une vision, un grain de sable unique et lumineux que chacun emportera avec lui qu’il soit d’ici ou d’ailleurs.

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    Le métier de musicien pour combattre la précarité

    Un succès mérité doublé par ailleurs d'une action sociale exemplaire grâce au programme Mazaya qui permet à des enfants issus de milieux défavorisés d'accéder à l’art de la musique dans le cadre d'une formation très exigeante. C'est ainsi que des jeunes musiciens, apprenant depuis quelques années seulement, se sont produits sur les scènes souiries allant jusqu'à partager celle de l'Orchestre philharmonique du Maroc qui les accompagne et les guide avec une grande générosité, dans l'espoir qu'un jour, ces jeunes au destin particulier trouvent leur place dans la grande agora de la musique.

     

    Alice JOUNDI
    Blogueuse pour la ville d'Essaouira

     

     

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