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Analyse

Tanger, un cas d’école pour la Banque mondiale

Par Ali ABJIOU | Edition N°:4755 Le 20/04/2016 | Partager
Résultats d'une étude sur les villes émergentes dans le monde
Les synergies public-privé favorisent la croissance et la création d’emplois
Des acteurs comme TMSA ont permis de mieux répondre aux attentes des investisseurs
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Tanger est la digne représentante de la région Mena avec, entre autres indicateurs, une croissance du PIB local de 4,9% par an lors de la décennie 2002-2012

Un phénix qui renaît de ses cendres, la métaphore va comme un gant à Tanger, où Hercule et d’autres héros de la mythologie grecque se seraient mesurés un jour. L’image illustre parfaitement le renouveau industriel de la ville. C’est à l’étude de ce phénomène que se sont attelés Z. Joe Kulenovic de la Banque mondiale et Karim Amri de Capital Consulting. L'étude, menée par les deux organismes et dont L’Economiste livre les éléments en exclusivité, analyse la compétitivité des villes dans le monde. Six métropoles de différents continents ont été choisies, parmi lesquelles Tanger était la seule représentante de la région Mena. «En un peu plus de dix ans, cette ancienne cité portuaire est passée d’une situation léthargique à un véritable boom économique», annonce d’emblée l’étude. Entre 2005 et 2012, par exemple, le taux de création d’emplois tangérois a dépassé de trois fois la moyenne nationale (2,7% contre 0,9% par an). En parallèle, la croissance du PIB a été de loin supérieure à la moyenne nationale.
Tanger est actuellement, selon l’étude, une véritable passerelle commerciale et un hub industriel de premier ordre avec des infrastructures de taille internationale dont le complexe portuaire TangerMed. Comment a-t-elle pu assurer cette croissance exponentielle sans qu’elle ne soit dotée de réserves d’hydrocarbures comme beaucoup d’autres de la région? Pour les auteurs de l’étude, sa situation géographique à proximité de l'Europe y est pour beaucoup. Le gouvernement marocain a entrepris, au cours des années 2000, un investissement massif dans l’infrastructure de la région avec des projets tels que le port TangerMed, des lignes ferroviaires et routières modernisées, mais aussi la signature d’accords de libre-échange, la signature des accords «Open Skies», ou encore l’assouplissement des régimes d’investissement et de visas. «Ces mesures ont profité à l’ensemble du pays, mais essentiellement aux villes-passerelles comme Tanger», notent les auteurs de l’étude. Ces politiques nationales d’encouragement ont été accompagnées par des actions locales couronnées de succès. En accord avec les différentes parties prenantes, les responsables locaux ont mis en œuvre plusieurs projets pour améliorer la qualité de vie des résidents et des touristes à Tanger, à travers l’amélioration de l’alimentation en eau, une meilleure gestion des déchets, la préservation des espaces verts, la restauration des monuments culturels et des plages, ainsi que la réduction des embouteillages et de la pollution grâce à une planification territoriale plus efficace. Tanger-Métropole, projet multisectoriel de mise à niveau, en est l’un des plus audacieux. Par ailleurs, le réaménagement du vieux port de Tanger-Ville contribue à attirer les navires de croisière ainsi que la construction d’un nouveau port de plaisance et la réinstallation des navires de pêche et des industries qui les accompagnent. Mais la principale raison du renouvellement est à chercher du côté de la synergie entre le national et le local. «Tanger doit son renouveau à son approche innovante du partenariat public-privé dans la conception et la mise en œuvre des politiques nationales et locales, en lieu et place d’un modèle plus conventionnel s’appuyant uniquement sur le secteur public», est-il relevé dans l’étude. Le premier cas est la mise en place en 2000 de la Tanger Free Zone, une initiative osée à l’époque de coopération entre public et privé avec des attributions globales de guichet unique et d’aménageur-développeur reprises plus tard par l’Agence spéciale TangerMed sur une plus large échelle.
Pour les auteurs de l’étude, Tanger a astucieusement profité de ses avantages (géographique, culturel, linguistique, industriel) pour attirer les investissements et les touristes, mettre à niveau les compétences techniques et humaines et aider les entreprises locales à s’intégrer dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Elle s’est fixé des objectifs réalisables et réalistes. Ensuite, les acteurs locaux, dans leurs domaines de compétence respectifs, ont témoigné d’un sens aigu des affaires et d’une capacité à créer des synergies en exploitant les différentes informations mises à leur disposition, assurant ainsi la réactivité des plus importants décideurs au Maroc. Enfin, la taille de la ville (environ un million d’habitants) rend plus facile la mise en œuvre des projets étant donné la proximité entre les acteurs clés et leurs interactions quasiquotidiennes. Sans l’action conjuguée de ces facteurs, les investissements du Maroc n’auraient pas eu l’effet escompté.
L’étude de cas de Tanger est la dernière d’une série de six rapports sur les villes économiquement prospères (une ville par grande région du monde), produits par l’équipe de la Banque mondiale et financés par le «Competitive Industries and Innovation Program» (CIIP). Elle a été publiée fin 2015. Ces rapports fournissent un compte rendu détaillé des actions menées par les villes choisies pour mettre en œuvre leurs modèles de croissance.

Le coup de pouce de Capital Consulting

Le cabinet Capital Consulting, fondé en 1998, compte accélérer sa régionalisation. Après avoir réussi une internationalisation poussée avec une présence en Europe, au Maghreb et en Afrique, le cabinet vient tout juste d’inaugurer son premier bureau régional à Tanger, en complément des bureaux de Casablanca et Rabat. Un 2e est prévu à Laâyoune, selon Abdelmounaim Faouzi, associé gérant de Capital Consulting. Le cabinet s'illustre dans les métiers du conseil et de l’informatique et emploie actuellement plus d’une centaine de salariés. Il est présent sur une chaîne de valeurs ‘end-to-end’ dans le sens où il accompagne ses clients depuis la réflexion stratégique jusqu’à la mise en œuvre et parfois même l’informatisation. Capital Consulting Group, c’est aussi la filiale Archos Technologies, une SSII généraliste qui développe des solutions informatiques pour le compte de ses clients.

 

 

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