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Chronique

Donald et Bernie, des primaires encore plus incertaines

Par Pr. Mohammed GERMOUNI | Edition N°:4749 Le 12/04/2016 | Partager

Pr Mohammed GERMOUNI est économiste et politologue, qui a exercé dans le secteur de la Banque, de la haute administration et enseigné dans plusieurs établissements universitaires au Maroc et à l’étranger. Il a publié quelques ouvrages dont notamment «Le protectorat français au Maroc, un nouveau regard» éditions L’Harmattan, Paris, 2015, et récemment, «Economies et Sociétés du XXIe siècle, en forme de chroniques», édition Maroc Livres, Casablanca, 2019 (Ph. Privée)

Les primaires en cours pour la désignation des candidats des deux grands partis à l’élection du futur président des USA de  novembre prochain ont permis notamment à deux personnalités particulières, Donald Trump pour les républicains et Bernie Sanders pour les démocrates, de se détacher du reste des candidats, par leurs propos et leurs attitudes décalés par rapport aux normes en usage. Elles semblent avoir marqué les mémoires des participants à ce galop d’essai, sans certitude pour autant que l’un ou l’autre deviennent les candidats officiels des deux partis lors de la tenue de leurs conventions nationales respectives. Se présentant dans le cadre de formations différentes, ces deux candidats n’en prônent pas moins paradoxalement un discours aux tonalités populistes, de droite pour l’un, de gauche pour l’autre.

Les sphères politiques de Washington

Aux origines, cette première phase des élections devait permettre à des candidats non issus de cette classe politique aux commandes des secteurs de l’Etat fédéral ou bénéficiant du parrainage des appareils des grands partis de faire leur apparition, ce qu’il est convenu d’appeler l’«establishment». Dans cet ordre d’idées, l’un comme l’autre sont de purs produits de ces primaires en cours. D’ailleurs, ni l’un ni l’autre ne semblent bénéficier jusqu’ici d’une bénédiction franche des hommes de pouvoir qui font et défont les carrières politiques, et ce, malgré le nombre relativement élevé de grands délégués qui leur sont déjà favorables dans les Etats ayant déjà organisé leurs primaires. Tout au contraire. Avec un dédain plus ou moins appuyé, l’un comme l’autre ont fait de leur affrontement avec ces pouvoirs «occultes et corrompus», les sphères politiques de Washington selon Trump, les groupes économiques et financiers de «Wall Street» de New York selon Sanders, l’un des thèmes de fond de leurs plans de bataille électorale. Clamant leur autonomie financière, ils attaquent régulièrement sans ménagement leurs concurrents  d’être de simples «créatures» de ces grands décideurs financiers et politiques. Le milliardaire républicain scande haut et fort d’autofinancer sa campagne sans dilapider les «sous du public», le second, successivement membre de la chambre puis du Sénat, apparenté au parti démocrate, âgé de 74 ans, recourt non sans succès aux petits dons (27 dollars) provenant des millions de souscripteurs en ligne, copiant la manière d’un certain Barack Obama, lors de sa première élection il y a huit ans, n’hésitant pas à qualifier malicieusement également le couple Clinton de membres de  cet establishment qu’il combat. Détenteur d’une grosse fortune, à la fois d’origine familiale et bâtie sur l’immobilier et les casinos, Trump ne cesse de vilipender les fonds spéculatifs et d’exprimer son mépris de la richesse, lui qui a frôlé un moment la faillite.

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Bernie Sanders, le socialiste, et Donald Trump, le magnat de l’immobilier, se retrouvent en accord, pour des raisons différentes, pour rejeter le néolibéralisme des dernières décennies, pensant que la réalisation et l’aboutissement du «rêve américain», ce mélange de réussite matérielle et d’ascension sociale, requiert ce redéploiement (Ph. AFP)

Cependant, s’il parle de faire retrouver à l’Amérique la «grandeur mondiale d’antan», qu’elle aurait perdue, cela ne l’empêche pas de condamner la guerre d’Iraq décidée par un ancien président de son parti qu’il ne manque d’ailleurs pas de ridiculiser à chaque occasion, tout en parvenant paradoxalement à avoir encore plus de suffrages en sa faveur, tant semblent grandes les marques du dépit de l’électorat vis-à-vis des dirigeants de tous bords. Mais il n’est pas à une contradiction près, car peut-on imaginer une Amérique encore plus forte sans bruits de bottes à travers le monde. Ayant voté contre cette même guerre en tant que sénateur indépendant, contrairement à sa rivale actuelle et première femme candidate à la présidence, alors membre aussi du Sénat et qui mène actuellement la primaire démocrate, Sanders ne manque pas de lui reprocher d’avoir alors gravement manqué de «bon sens» en dépit de cette longue «expérience» qu’elle avance comme son atout majeur, pour lui rappeler ensuite une gestion «calamiteuse» du dossier libyen, cette fois-ci comme ancienne Secrétaire d’Etat de l’actuel président.
Bernie et Donald se démarquent à peine sur certains autres thèmes de fond, comme l’immigration, la place et les propos haineux et racistes à l’encontre des Mexicains, des Sud-Américains et le bannissement pur et simple des personnes de confession musulmane, ou sur la question du traité de commerce avec les Etats du Pacifique. De façon générale, les divers candidats encore dans la course à l’investiture tendent à devenir de plus en plus  réservés sur la question de l’immigration par exemple, si ce ne sont quelques considérations humanitaires générales, comme dans le cas des démocrates. La situation des onze-douze millions de personnes sans papiers et au statut irrégulier sur le territoire américain demeure un enjeu des futures élections, tant l’actuel congrès à dominante républicaine  bloquant les diverses initiatives présidentielles en la matière.

Propos haineux et racistes

Un Trump, demain président, se propose de façon provocatrice en une image-choc d’ériger un mur le long de la frontière avec le Mexique sur quelques milliers de kilomètres, pour arrêter les «violeurs, vendeurs de drogue et criminels» venant du sud, comme il qualifie les Mexicains et autres Sud-Américains. A cet égard, il a été accusé, par la voix officielle du président du Mexique d’utiliser les mêmes propos et moyens ayant préparé la voie à l’accession au pouvoir «d’un Hitler ou d’un Mussolini» en Europe, il y a quelques décennies. Ses propos haineux et racistes, à l’endroit de la communauté musulmane en particulier, ont même fait l’objet d’un débat au Parlement de Westminster et sanctionné par une motion réclamant l’interdiction d’accès au Royaume-Uni au candidat actuellement favori des primaires chez les républicains.
 A l’adresse du monde du travail, ils réclament le retour des emplois créés à l’extérieur par les entreprises américaines au pays, une sorte de remise en question de cette mondialisation longtemps dirigée et dominée par ces mêmes unités et de cette libéralisation des échanges internationaux défendue par les instances fédérales dans tous les forums et organismes. Sanders le socialiste et Trump le magnat de l’immobilier, se retrouvent en accord, pour des raisons différentes, pour rejeter le néolibéralisme des dernières décennies, pensant que la réalisation  et l’aboutissement du «rêve américain», ce mélange de réussite matérielle et d’ascension sociale, requiert ce redéploiement.

La femme, le milliardaire et le socialiste

Il s’agit d’élections primaires pour le choix du candidat officiel de chacun des deux grands partis, démocrate et républicain, à la présidence des USA qui réunissent pour la première fois une femme, un milliardaire et un socialiste déclaré encore dans la bataille. Procédant par éliminations successives des candidats en lice surtout parmi les républicains, ce type de scrutin semble ainsi remplir sa fonction première. L’incertitude se poursuit cependant, malgré les résultats réalisés par les candidats en lice.

 

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