Culture

Visite guidée du patrimoine inouï de Casablanca

Par Ségolène DARGNIES | Edition N°:4741 Le 31/03/2016 | Partager
Le week-end prochain, Casa Mémoire vous invite à découvrir les beautés cachées de la ville
L’association œuvre à la préservation et à la réhabilitation des bâtiments
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L’une des façades taguées des anciens abattoirs, dans le quartier Hay Mohammadi. Le site accueille aujourd’hui des manifestations culturelles (Ph. S.D.)

Lundi 28 mars se sont ouvertes les huitièmes journées de Casablanca, organisées par l’Association Casa Mémoire en collaboration avec la ville de Casablanca et la Région. L’occasion de découvrir ou de redécouvrir l’immense patrimoine artistique et architectural de Casablanca, souvent mal mis en valeur et parfois méconnu de ses propres habitants. Samedi 2 et dimanche 3 avril, il sera donc proposé aux Casablancais d’arpenter les quartiers et bâtiments emblématiques de leur ville, guidés par l’un des 250  bénévoles-médiateurs formés pour l’occasion: l’ancienne médina -creuset historique de la ville blanche- les Habbous, édifiés dans les années 20 pour loger une population à revenus modestes, le boulevard Mohammed V  – fleuron de l’Art Déco – mais aussi les quartiers Hay Mohammadi ou  Roches Noires, lieux d’expérimentation et d’innovation en matière de logement social. Les Ateliers Vincent Timsit signés par l’architecte Jean-François Zevaco, la Poste et la Banque du Maroc Place Mohammed V, ouvriront grand leurs portes au public. La veille, le vendredi 1er avril, la journée sera consacrée aux scolaires, qui pourront à cette occasion s’intéresser de près à l’un de ces lieux, ou encore fouler le magnifique site des anciens abattoirs, sauvé plusieurs fois in extremis de la destruction auquel on le promettait.
L’association Casa Mémoire est née en 1995 sous l’impulsion de plusieurs architectes, suite à la démolition impromptue de la villa Mokri signée par l’architecte  Marius Boyer. Ses actions sont multiples: sensibiliser les habitants et les pouvoirs

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Bank Al-Maghrib, place Mohammed V. Les étages, habituellement fermés au public, seront exceptionnellement ouverts ce week-end (Ph. S.D.)

publics à la richesse de leur patrimoine, empêcher les démolitions de sites ayant une valeur artistique avérée, œuvrer à l’entretien et la réhabilitation globale de l’habitat casablancais. Ses membres soulignent combien ils parviennent désormais à travailler en bonne entente avec les autorités: «Notre militantisme a porté ses fruits» souligne le secrétaire général Mustapha Chakib. De multiples bâtiments publics ont pu ainsi être sauvés, d’autres vont prochainement faire l’objet de rénovations. Citons par exemple Dar El Makhzen de l’Ancienne Médina qui devrait être réhabilitée en musée ou encore la Villa Fick qui pourrait faire office de centre d’interprétation du patrimoine. Mais il reste beaucoup à faire. «On aimerait par exemple un regain d’intérêt pour certains bâtiments privés», explique l’architecte, qui déplore le quasi abandon de nombreux immeubles et maisons du centre-ville de Casablanca, dont les façades comme l’intérieur se détériorent inéluctablement. Mustapha Chakib cite, en guise d’exemple qui pourrait inspirer la Wilaya de Casablanca, l’excellent travail de l’ADER  (l’agence de dédensification et de réhabilitation de la Médina de Fès) qui fournit une aide concrète – nomination d’un architecte, fourniture de matériaux – pour aider les Fassis à rénover leurs maisons. Casa Mémoire a aussi prêté main forte à la constitution du dossier en vue de l’inscription de la ville de Casablanca au patrimoine mondial de l’Unesco. Une démarche qui pourrait aboutir d’ici deux à trois ans et qui constituerait une étape clé dans la protection des splendeurs de la ville.

Les anciens abattoirs: De la boucherie à la culture

Cinq hectares voués à l’abattage des animaux. Les architectes Georges-Ernest Desmaret et Albert Greslin ont été mandatés au début du siècle pour un projet d’ampleur, qui visait à alimenter la population grandissante en viande fraîche.
L’activité dura jusqu’en 2002. Les lieux qui mêlent architecture art-déco et influences mauresques n’ont pas perdu leur éclat. S’y promener, au milieu des structures métalliques où pendent encore les crochets de boucher, est une expérience en soi. Le bâtiment est aujourd’hui classé et accueille une multitude de projets culturels.

 

 

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