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Culture

«Les mains noires» de M’barek Bouhchichi

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4739 Le 29/03/2016 | Partager
L’artiste s’interroge sur ce que veut dire être noir au Maroc
L’exposition est présentée à Kulte Gallery jusqu’au 30 avril
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Arbres, 2016, Moulage et métal  fondu, Dimensions variables. L’arbre est une technique utilisée par les bijoutiers à Amzrou, un village entre Zagora et Tamegroute, pour fabriquer les bijoux avec la fonte de métal. A travers cette œuvre, M’barek Bouhchichi remplace les bijoux par des petites tombes (Ph. Hafid Jender)

A l’origine du projet «Les mains noires» de l’artiste M’Barek Bouhchichi, Omar Berrada, curateur de l’exposition, également connu pour être écrivain. Intrigué par une pièce que M’barek Bouhchichi avait exposée à l’Institut du monde arabe à Paris dans le cadre de l’évènement le «Maroc contemporain», il le contacte afin de travailler  avec lui sur ce projet. «Cette œuvre était pour moi le premier cri dans lequel je questionnais cet héritage. Tout d’abord par rapport à ma condition d’être noir au Maroc, avant d’être artiste», explique Bouhchichi.
A travers «Les mains noires», M’barek Bouhchichi a voulu perturber le fait que l’esclavage fut aboli via un mouvement humaniste occidental en partant sur une idée plus plausible, celle de «l’invention de l’homme noir en tant que machine». Ce qui le mène à réaliser un voyage dans l’espace (à Tamegroute), et dans le temps afin de mieux comprendre comment les gens noirs sont arrivés là. Il relève notamment qu’il y a une géographie, une ségrégation par rapport à l’espace. De nos jours, certains quartiers sont encore réservés à d’anciens esclaves quand d’autres sont habités par les Chorfas. Choqué par la séparation dans les cimetières, il réalise l’une des premières œuvres de l’exposition intitulée «Cimetière blanc, cimetière noir» composée de deux pièces réalisées en caoutchouc dans lesquelles il a creusé des petites tombes à l’aide d’un geste répétitif. Cette séparation au niveau du cimetière renvoie  également à la mort qui est aussi une séparation.
Par ailleurs, il constate qu’ils  sont dans la perpétuation d’un travail manuel, comme celui de la poterie ou le métal, des éléments primitifs. «Je me suis senti adopté par eux. Ils m’ont ouvert de nouvelles voies de recherches. J’ai enquêté, collecté des éléments qui m’ont servi de base de données pour construire mon exposition», précise l’artiste. Il réalise une installation avec des sculptures du creux de la main en terre cuite. La main étant le prolongement de la machine/corps mise à disposition de l’autre, l’homme libre.

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Les mains noires, 2015-2016, Sculptures du creux de la main en terre cuite, Dimensions variables. La main est vue comme un prolongement de la machine qu’est le corps
(Ph. Hafid Jender)

Par ailleurs, M’barek Bouhchichi a travaillé un autre cimetière. L’œuvre est présentée de face, sur un mur pour la soulever dans une dimension angélique et spatiale. A l’aide de petites tombes façonnées dans la poterie verte de Tamegroute, fabriquées avec les artisans de la région, il met en opposition cette couleur verte de la vie et la mort. Parmi ses autres œuvres, l’on retrouve «Les météorites», une œuvre ironique née d’une question qui lui est souvent posée : «D’où viens-tu»? A laquelle il répond: «Je suis tombé du ciel, comme les météorites».
A Kulte Gallery, les œuvres ne sont pas titrées. En revanche, des croquis explicatifs relatifs à chaque pièce sont présentés. L’exposition est aussi accompagnée d’un ouvrage trilingue, en français, anglais et en arabe, «The Africans», dirigé par Omar Berrada. Y ont contribué l’artiste M’barek Bouhchichi, Stefania Pandolfo, professeur en anthropologie à Berkeley, Ali Essafi, réalisateurs et Emmanuel Iduma, écrivain et critique d’art. Le lancement de l’ouvrage publié chez Kulte Editions s’est tenu vendredi 25 mars, jour du vernissage de l’exposition. Artiste plasticien né en 1975 à Akka, M’barek Bouhchichi vit et travaille à Tiznit, où il enseigne les arts plastiques depuis 1996. Ses œuvres sont placées à la croisée de l’esthétique et du social. Il a participé à de nombreuses expositions, biennales et foires internationales. L’exposition «Les mains noires» a été menée dans le cadre des Rencontres d’Ibn Rochd/Averroès afin d’illustrer la question des noirs marocains. Une table ronde, organisée samedi 26 mars, a prolongé ce travail en soulevant pour la première fois sur la place publique la question du racisme.

 

 

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