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Economie

Crans Montana à Dakhla
Ni objet ni enjeu, l'Afrique acteur majeur

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4733 Le 21/03/2016 | Partager
Une approche pragmatique de coopération basée sur des projets concrets
L’Afrique «ne doit pas se laisser faire» dans les négociations sur le climat
Mise en garde contre les conséquences négatives de la logique supranationale
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Le message royal adressé aux participants au Crans Montana Forum a mis l’accent sur la nouvelle vision du Sahara marocain, «une interface de rencontres, un carrefour d’échanges humains, commerciaux et de savoir entre le Sud et le Nord» (Ph. MAP)

Du beau monde a fait le déplacement à Dakhla pour le Crans Montana Forum, organisé pour la deuxième fois dans cette ville du 17 au 22 mars: le président de la Bosnie, Mladen Ivanic, l’ex-président de la République tchèque, Vàclav Klaus, les premières dames d’Afghanistan et de Gambie, ainsi qu’une panoplie de ministres et de hauts responsables marocains et étrangers et plus d’un millier de  participants. Cette édition a été placée sous le thème de la coopération Sud-Sud. Un sujet d’actualité, qui colle parfaitement avec les nouvelles ambitions de la région de Dakhla-Oued Eddahab, qui ambitionne de se transformer en hub régional des échanges avec l’Afrique. Et c’est un véritable appel à l’émancipation du continent qui a été lancé par le Souverain, dans un message adressé aux participants au Forum, dont la lecture a été faite par Yenja El Khattat, président de la région. Après le discours d’Abidjan il y a quelques années, Mohammed VI a réitéré la nécessité pour l’Afrique de se prendre en charge. L’idée est de changer de perception. Fini la logique d’assistanat. «L’Afrique doit désormais s’assumer en tant que partenaire central de la coopération internationale et non pas comme simple objet de cette coopération ou enjeu pour les autres acteurs», selon le message royal. Surtout que le monde prend de plus en plus conscience des opportunités qu’offre le continent en tant que véritable gisement de croissance. C’est pour cela qu’il «ne doit pas être considéré comme source de fragilité, mais comme un acteur majeur de progrès». C’est là où «le Maroc montre la voie», selon Jean Paul Carteron, président d’honneur du Forum. En effet, le Royaume «peut jouer un rôle important dans le processus d’articulation des pays africains», de l’avis de Frederico Mayor, ancien DG de l’Unesco. Cela, en donnant sens à cette coopération Sud-Sud. Au-delà d’être «un slogan creux», elle «répond à une vision stratégique homogène». Le Maroc a inscrit ce partenariat dans une logique pragmatique. Pour le Souverain, il s’agit de «réaliser des projets concrets dans des domaines ciblés, visant des résultats mesurables en termes de croissance et de bien-être des populations du Sud». Cette dynamique doit tirer les leçons de l’expérience européenne, comme l’a souligné l’ex-président de la République tchèque. Il a mis en garde contre les effets négatifs de la logique supranationale, à l’origine de certains problèmes en Europe. Il n’a pas hésité à critiquer ce qu’il a qualifié de «démantèlement naïf des frontières dans l’Union européenne». Il a également pointé la logique de certaines organisations et banques internationales qui «cherchaient surtout à maximiser leurs bénéfices et non pas minimiser les coûts de la transition» de son pays.
Cette émancipation africaine ne doit pas se limiter aux considérations économiques et sociales. Le continent, qui subit de plein fouet les effets des changements climatiques, «a son mot à dire dans ce débat mondial», comme l’a rappelé le Souverain. C’est pour cela qu’il «ne devrait ni se taire, ni se laisser faire, encore moins se réduire à choisir entre développement et écologie», peut-on lire dans le message royal. Le Maroc va en faire «une doctrine» lors de la COP22 prévue à Marrakech en novembre prochain, et veux y «faire entendre la voix d’une Afrique écoutée et entendue». En souffrant d’une dégradation du climat à laquelle il n’a pas participé, le continent a besoin d’un soutien mondial, afin «d’inventer les modes de développement permettant aux populations d’accéder à un mieux-être, tout en préservant les conditions de sa durabilité».

Donner la parole aux jeunes

De même que le concert des nations doit écouter l’Afrique en tant que partenaire de développement, les Etats sont aussi appelés à donner la parole aux jeunes. C’est l’un des appels qui a fait l’unanimité auprès de tous les intervenants au Crans Montana Forum. «Les politiques publiques, aussi ambitieuses soient-elles, demeurent fragiles si elles ne sont pas appropriées par les populations et les sociétés civiles», a indiqué le Souverain. Il a appelé à ce que le développement soit «porté par une vision partagée par tous les acteurs, où chacun décide et choisit de l’incarner à sa manière».

 

 

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