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Economie

Risque sismique: La recherche manque toujours de fonds

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4732 Le 18/03/2016 | Partager
Les budgets alloués sont insignifiants
La majorité des travaux financés par la coopération internationale
Les conséquences des répliques dans le nord
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Les tremblements enregistrés pendant les trois derniers jours (du 14 au 17 mars) au large d’Al Hoceïma par le réseau espagnol IGN.
La différence de couleurs exprime la magnitude du séisme (rouge supérieur à 4 et les autres inférieures à 4)

Les coûts générés par des tremblements de terre se chiffrent en milliards de dirhams et le cas d’Al Hoceïma de 2004 en est un exemple. Cette tragédie, qui nécessite la mobilisation de fonds importants, est encore dans les mémoires. Reste que les pouvoirs publics ne semblent pas avoir tiré toutes les leçons de cette expérience. D’abord, la recherche scientifique dans ce domaine n’a pas été mise sur les rails. Le Maroc est le seul pays de la Méditerranée à ne pas disposer d’un institut géophysique pour analyser les séismes (voir aussi page 16). Cet institut peut «dresser des cartes précises des zones à risque et contribuer à l’évaluation de l’aléa sismique, en réalisant des études basées sur la mesure et la quantification des événements sismiques», expliquent des experts. Aujourd’hui, le Maroc dispose d’un important fonds de recherche et d’expertise mais il attend toujours la décision politique pour passer le cap. Même les équipements et le matériel nécessaires pour le démarrage de cet institut peuvent être apportés à travers la coopération internationale. Pour l’heure, l’Université Mohammed V dispose d’un Institut scientifique dont l’essentiel des activités vise à enrichir le potentiel matériel, les bases de données et la formation de chercheurs. «Ainsi, nous avons pu déployer plus de 100 stations sismologiques sur le territoire national et collecté une quantité de données brutes  inestimables», souligne le Pr. Mimoun Harnafi, responsable de l’unité de recherche «Onde sismique et la structure de la terre», à l’Institut scientifique de l’Université Mohammed V de Rabat. Ce que le professeur n’a pas dit, c’est que ces données sont le résultat d’études menées dans le cadre de la coopération internationale. D’ailleurs, plusieurs initiatives sont réalisées en étroite collaboration avec des centres de recherches espagnol, portugais et allemand.

Cependant,  tout le monde est conscient du sort réservé à la recherche scientifique au niveau local. Le budget consacré à la recherche est insignifiant. Et l’augmentation des dotations promises par Lahcen Daoudi, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, n’est pas encore arrivée à bon port. La bureaucratie et le manque de fluidité dans les rouages sont à l’origine de ce retard. Reste que le ministère finance un projet piloté par le Pr. Mimoun Harnafi. Il concerne une étude détaillée sur les risques naturels (tremblements, glissements de terrain, inondations) dans le nord du Maroc.

En attendant, les secousses telluriques, après le tremblement du 25 janvier, se produisent régulièrement au large d’Al Hoceïma et de Nador,  créant la panique au sein de la population de la région. La dernière en date remonte à mercredi après-midi, qui a enregistré l’évanouissement et le transport à l’hôpital d’une trentaine de personnes. Même des maisons se sont fissurées à la suite de cette réplique de mercredi. A cela s’ajoutent la peur des marins et les dérangements consécutifs à l’arrêt des constructions.

La multiplicité des répliques, sans explication officielle qui rassure la population, produit son effet. De plus en plus de personnes commencent à entrevoir la possibilité de quitter la région. Et pour cause, le tremblement dans la région d’Al Hoceïma de 2004, qui avait fait 600 morts et détruit des centaines de maisons dans la région, particulièrement à Imzouren, Aït Kamra, Béni Bouayach, est encore vivace dans les mémoires. Le Pr. Mimoun Harnafi se veut rassurant. Selon lui, les répliques s’expliquent par la présence de l’eau qui amplifie les activités sismiques à la suite de l’évènement majeur du 25 janvier dernier.

Pour mieux comprendre

LA magnitude d’un tremblement de terre est une mesure de quantité de l’énergie libérée au foyer d’un séisme. Elle mesure l’énergie libérée lors de la rupture. Lorsque la pression exercée par la poussée d’une plaque vers l’autre devient intolérable, la rupture qui dégage une énergie se produit. «Comme une explosion», explique le Pr. Mimoun Harnafi. Plus le séisme libère d’énergie, plus la magnitude est élevée. A titre d’exemple, un séisme de magnitude 5 correspond à peu près à l’énergie dégagée par la bombe nucléaire qui détruisit Hiroshima.
La magnitude a été introduite en 1935 par l’Américain Charles Francis Richter pour les séismes locaux californiens afin d’estimer l’énergie libérée au foyer d’un tremblement de terre et de pouvoir comparer les séismes entre eux. Depuis, on parle de l’échelle de Richter. L’intensité, quant à elle, caractérise la sévérité de la secousse du sol. Elle est estimée à partir des effets produits  par le séisme qu’ils soient observés ou ressentis par l’homme (réveil, chute des objets,…) ou qu’ils aient causé des dégâts aux constructions, en fonction de leur vulnérabilité.  L’intensité est une mesure des dommages causés par un tremblement de terre. Il faut préciser que la magnitude de Richter mesure uniquement l’énergie émise sous forme d’ondes élastiques.

 

 

 

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