Economie

Maroc-Russie: Les choses sérieuses commencent

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:4730 Le 16/03/2016 | Partager
Entretien entre le Roi et le président Vladimir Poutine
Des conventions pour mettre les bases d’une accélération de la coopération bilatérale
Sahara: Moscou contre toute sortie des paramètres onusiens
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Le Roi et le président russe Vladimir Poutine. Le Maroc peut compter sur l’appui de la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, lors de la présentation du rapport annuel sur le Sahara, suite aux positions entérinées dans la déclaration de partenariat stratégique entre les deux pays (Ph. Map)

Nouveau palier dans la relance du partenariat stratégique entre le Maroc et la Russie. Le Roi et le président russe Vladimir Poutine ont eu un entretien au Kremlin, dont le contenu n’a pas encore été rendu public et dont on perçoit déjà l’ampleur. Les deux chefs d’Etat ont par la suite présidé la signature de 8 conventions dans divers domaines et 5 mémorandums d’entente. Plusieurs accords visent à planter les bases d’une nouvelle dynamique de coopération bilatérale.  Si l’une des conventions porte sur la promotion et la protection réciproques des investissements, une autre a trait à l’extradition signée par Mostapha Ramid. Autres domaines investis, la pêche, le transport aérien, la protection mutuelle des informations classifiées dans le domaine militaire et une déclaration maroco-russe sur la lutte contre le terrorisme international.

Sur un autre  plan, «la déclaration sur le partenariat stratégique approfondi entre la Russie et le Maroc», rendue publique hier à Moscou, peut être considérée comme un gain politique considérable.  D’ailleurs, elle fait indirectement allusion au dernier dérapage du secrétaire général des Nations unies au sujet du Sahara marocain. Le document souligne que «les deux pays se sont prononcés contre toute sortie des paramètres déjà définis dans les résolutions actuelles du Conseil de sécurité de l'ONU pour le règlement de la question du Sahara». La Russie, qui est membre du Conseil de sécurité, détenant le droit de veto, confirme le maintien de la solution politique. Du coup, le contexte de la présentation du rapport sur le Sahara en avril prochain est en partie sécurisé. De même, le Maroc et la Russie «ne soutiennent aucune tentation d'accélération ou de précipitation dans la conduite du processus politique, ni aucune sortie des paramètres déjà définis dans les résolutions actuelles du Conseil de sécurité» pour la recherche d'une solution à la question du Sahara.

Les termes de la déclaration stratégique sont clairs: ils portent notamment sur «la défense et la préservation des intérêts stratégiques des deux pays dans le cadre de la solidarité et de la concertation et la préservation de leur intégrité territoriale». En outre, «la Russie tient dûment compte de la position du Maroc concernant le règlement de ce problème». Ce qui signifie que l’offre d’autonomie proposée par Rabat est toujours sur la table. Autre point positif pour la diplomatie marocaine est le fait que Moscou "prend note" des projets socio-économiques lancés par le Maroc dans les provinces du Sud et visant le développement de cette région et l'amélioration des conditions de vie de sa population. Il s’agit du lancement d’un vaste programme de développement qui mobilise 77 milliards de DH, soit plus de 7 milliards d’euros. A côté de la politique, l’économie avait une place de choix. En effet et en marge de la visite officielle, la CGEM a organisé un forum Maroc-Russie destiné à renforcer les relations bilatérales. A cette occasion, les opérateurs des deux pays ont lancé le Conseil économique. Cette nouvelle structure devra, à côté du Conseil d’affaires Maroc-Russie, accompagner la dynamique enclenchée entre les deux pays. Pour Miriem Bensalah Chaqroun, qui fait partie de la délégation officielle accompagnant le Souverain, la mise en place de ce Conseil intervient dans le cadre du renforcement du partenariat stratégique entre Rabat et Moscou. Ainsi, de nouveaux secteurs, identifiés par les opérateurs économiques des deux pays, sont mis en valeur.

Les investisseurs russes ont l’embarras du choix dans les secteurs à investir. Ainsi, les domaines industriels de l’automobile, l’aéronautique, l’agroalimentaire ainsi que l’industrie pharmaceutique offrent de très sérieuses opportunités à saisir. D’ailleurs, quatre conventions ont été signées dans ce sens. Dans les énergies renouvelables, l’agriculture, la pêche et le tourisme,…il y a également des positions à prendre. Désormais, les échanges ne se limiteront pas aux produits agricoles, aux hydrocarbures et à la pêche.

Atouts

En véritable VRP du Maroc, la présidente de la CGEM a su mettre en avant les atouts comparatifs et les forces de notre pays. La stabilité politique, la position géographique et le cadre institutionnel sont autant de qualités très rares dans la région. Sans parler du Maroc qui peut être un véritable tremplin aux groupes économiques russes pour aller à la conquête des marchés africains. Pour sa part, Youri Sharov, président du Conseil d’affaires russo-marocain, a appelé à la nécessité de diversifier les échanges, tout en reconnaissant la qualité des agrumes marocains exportés en Russie, très prisés par les consommateurs. Selon lui, le nouveau Conseil économique devra permettre de donner un coup de fouet aux relations économiques et aux investissements entre les deux pays.

 

 

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