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Société

Drogues: Le Maroc parmi les gros producteurs

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:4727 Le 11/03/2016 | Partager
Il arrive en 2e position après l’Afghanistan, selon l’OICS
Des victoires reconnues au Maroc tout de même
Mise en garde contre le transit des drogues dures à destination de l’Europe
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Le rapport de l’OICS pointe une augmentation de l’abus des drogues dont le taux de prévalence annuel est élevé au sein de la population adulte, notamment les opioïdes, avec 0,3% en Amérique du Sud. Au Maroc, cette instance a salué «la mise en œuvre du plan d’action de réduction des risques, via de nouveaux programmes de substitution aux opiacés, notamment en milieu carcéral». Même si elle pointe «les difficultés d’accès aux médicaments contre les douleurs».

 

Le Maroc reste l’un des plus grands producteurs de résine de cannabis dans le monde. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’Organe international de contrôle de stupéfiants (OICS), relevant de l’ONU, présenté mercredi dernier à Rabat (Cf. L’Economiste, édition N° 4722 du 4 mars 2016). Le pays arrive en 2e position après l’Afghanistan, leader mondial dans ce domaine. Tout n’est pas gris. Toutefois, L’OICS a mis l’accent sur les efforts menés par le Royaume en matière de réduction des superficies cultivées et de traque des réseaux de distribution. «Les saisies de résine signalées par les autorités marocaines ont diminué de façon notable depuis 2012. Elles sont passées de 137 tonnes à 70 tonnes entre 2012 et 2014, au moment où elles ont augmenté dans d’autres pays d’Afrique du Nord», souligne l’organe. Les superficies cultivées ont également connu un recul, passant à 47.196 hectares en 2013, soit une baisse de 9,2% par rapport à 2012. Actuellement, «elles sont estimées entre 35.000 et 40.000 hectares», a indiqué le Pr Jallal Toufiq, membre du OICS. Le rapport de cette organisation prévoit une diminution des terres abritant des cultures de cannabis pour s’établir à 34.000 hectares dans les prochaines années.
L’OICS considère également que «le Maroc reste l’un des principaux pays d’où provient la résine acheminée clandestinement vers l’Europe». Pour cet organe onusien, «malgré les progrès réalisés en matière de lutte contre la drogue, le pays a encore plusieurs défis importants à relever». Surtout que «la production illicite entrave considérablement les efforts déployés par le gouvernement pour faire face aux problèmes de la drogue».
Au niveau de la prévention et de la prise en charge thérapeutique des usagers, le Pr Toufiq préconise une approche globale, qui s’inscrit dans la continuité. Il a signalé l’organisation de formations au profit du personnel médical à «des techniques de prévention jusque-là inconnues au Maroc». Car, «le véritable problème actuellement est lié aux ressources humaines qualifiées dans ce domaine». Surtout que l’approche répressive n’est pas efficace en matière de prévention.
Aujourd’hui, le renforcement des outils de prévention et de prise en charge des personnes atteintes d’addiction est d’autant plus important que le Maroc n’est plus seulement un producteur et exportateur de cette drogue. Le pays s’est transformé depuis quelques années en plateforme de trafic international d’autres stupéfiants, produits dans d’autres continents. En effet, «le Maroc est présent sur plusieurs voies de distribution», a indiqué le Pr Toufiq. C’est le cas notamment de la route de l’héroïne, produite en Afghanistan et destinée aux consommateurs européens, via la Corne d’Afrique, puis l’Afrique centrale avant de traverser le Maroc vers la rive nord de la Méditerranée. Idem pour la cocaïne, en provenance de l’Amérique latine, qui transite par certains pays africains, puis le Maroc, avant d’atteindre le marché européen. Le rapport de l’OICS le montre clairement: «le Maroc a constaté l’apparition d’un trafic de cocaïne utilisant des vols commerciaux en provenance du Brésil». En 2014, près de 570 kg de cocaïne ont été saisis au Maroc. Il faut également signaler que, à l’instar d’autres produits illicites, une part des cargaisons destinées à l’Europe reste sur le territoire marocain. «Cela permet de financer le trafic et renforcer la présence sur le marché local», est-il indiqué.

Cannabis:  La légalisation, un débat difficile

Au moment où certains pays ont franchi le pas en matière d’usage du cannabis, notamment dans un objectif médical ou industriel, le Maroc hésite encore à s’engager sur ce terrain. Même si certains partis comme l’Istiqlal et le PAM ont initié le débat autour de ce sujet. L’OICS estime que «les pays restent souverains en matière de légalisation, son rôle se limite au contrôle de l’application des conventions internationales». Mais le Pr Jallal Toufiq estime que «ce processus nécessite plusieurs pré-requis». Les pays qui se sont engagés dans cette voie «maîtrisent parfaitement la politique de gestion de ce dossier». Pour lui, «la population doit se prononcer sur ce sujet, par exemple via un référendum». Il est également important «d’évaluer les tendances sur le marché et la qualité du cannabis produit». Surtout que «le dernier rapport de l’OMS sur le cannabis a montré ses effets très dangereux». Le document de l’OICS  a signalé que «la concentration du cannabis marocain en tétrahydrocannabinol (THC) a augmenté».

 

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