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Culture

Photographie
La Fondation Alliances s’ouvre à l’Afrique

Par L'Economiste | Edition N°:4725 Le 09/03/2016 | Partager
Mohamed Amine Abassi, premier lauréat tunisien du programme Chambre Claire
Son exposition «L’éloquence des racines» se poursuit à la Fondation Alliances jusqu’au 8 juin

«Incertitude» fait partie de la série «L’éloquence des racines» composée de 9 photographies réalisées par le tunisien Mohamed Amine Abassi, lauréat de la 4e édition de la Chambre Claire (Ph. MAA)

Pour sa 4e édition, la Chambre Claire, programme de soutien aux photographes contemporains émergents de la Fondation Alliances, se donne une dimension africaine. En effet, cette année le concours confirme son ambition de développement à l’échelle du continent en ouvrant les candidatures aux pays du Maghreb, au Sénégal, au Mali et à la République démocratique du Congo. Une diffusion étendue notamment grâce au concours «Afrique in Visu», première plateforme participative et contributive qui met en réseau les professionnels de l’image en Afrique et dont  la rédactrice en chef a rejoint le jury  en janvier 2015. Parmi les autres membres du jury, l’on retrouve Hicham Benohoud, artiste, Mohamed Rachdi, critique d’art et commissaire d’exposition, Hassan Sefrioui de la galerie Shart ou encore Nawal Slaoui de Cultures Interface.  
Mohamed Amine Abassi a choisi  d’ouvrir l’exposition  sur une photographie de sa grand-mère. Un hommage à la femme qui l’a élevé quand sa mère travaillait, mais aussi une façon de parler de lui-même. A travers «L’éloquence des Racines», série composée de 9 photos, il aborde la photographie de paysage à la manière d’un portrait humain. Réalisée sur près de 2 ans, entre 2012 et 2014, l’artiste a conçu cette série comme une expérience personnelle, dans la mesure où il s’agit d’une réflexion post révolution tunisienne. Plutôt que de prendre des clichés de l’évènement, Mohamed Amine Abassi s’est réfugié dans la nature, faisant le parallèle entre l’homme et l’arbre. L’arbre étant chargé de symboles. «J’ai travaillé sur la notion de l’arbre et du temps. Sur un arbre l’on voit facilement le temps passer. J’ai voulu créer un contraste avec cette notion en effaçant la trace du temps sur mes photos à l’aide de différentes techniques», précise le photographe. La majeure partie des photographies ont été réalisées dans le nord ouest de la Tunisie, (zone montagnarde), et le reste des clichés ont été pris dans le nord-est souligne l’artiste. Défiance, continuité, résilience, insurrection, persévérance… Chaque arbre représente un état d’âme.
Né à Tunis en 1985, Mohamed Amine Abassi y vit et y travaille. L’artiste autodidacte a commencé à s’intéresser à la photographie en 2012, où il intègre le «Club Photo de Tunis». Il trouvera rapidement une résonnance à sa quête créative à travers l’école pictorialiste.
En juillet 2015, il présente «Regards posés. Hammams de la Médina de Tunis» à l’Institut français de la capitale, avant de s’exposer à l’Institut des cultures d’islam à Paris. Un évènement en cours  jusqu’au 3 avril.
Aïda BOUAZZA
 

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