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L’Icann sort du giron américain avant l’été

Par L'Economiste | Edition N°:4723 Le 07/03/2016 | Partager
La décision pourrait être prise à Marrakech
Après deux ans de consultations très poussées

Pour Fadi Chéhadé, PDG de l’Icann, aller vers une gouvernance centralisée sous l’égide de l’ONU  pourrait être un désastre (Ph. Mokhtari)

Encore sous  la tutelle du gouvernement américain, l'Icann (l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers)  veille aux règles établies par et pour l'ensemble de la communauté Internet. Aujourd’hui, elle doit opérer sa mue puisque les Etats-Unis ont décidé de lui donner son émancipation. Et c’est à Marrakech où se tient sa 55e conférence que cette organisation votera sa sortie du joug américain. Entretien exclusif  avec le PDG Fadi Chéhadé

- L’Economiste: C’est la deuxième fois que l’Icann tient sa grand-messe au Maroc. Pourquoi ce choix?
- Fadi Chéhadé:
L’économie digitale numérique africaine commence à devenir  un vrai centre de croissance pour le monde. Le Maroc, à mon avis, est une plateforme incontournable grâce à la vision du Roi pour l’Afrique de l’Ouest, et  à la politique de l’ouverture sur l’Afrique à travers l’évolution numérique africaine. Réunir nos délégués une deuxième fois à Marrakech est une  reconnaissance de l’Afrique dans la croissance mondiale du numérique.  
 
- Justement,  la participation africaine dans l’Icann reste assez timide. Comment l’améliorer sachant que le secteur des DNS (système de noms de domaine) africain a un énorme potentiel de croissance?

- Vous avez raison, mais il faut qu’on s’y mette tous. L’Icann doit faire sa part, nos partenaires aussi. Et les gouvernements africains doivent surtout  y croire. Que fait-on donc en tant qu’Icann? On a commencé par une présence locale avec le premier DNS entrepreneurship au monde que nous avons installé en Egypte.  Nous allons nous installer physiquement  en Afrique avec un bureau et une équipe dans un pays. L’annonce se fera  à l’ouverture de la 55e. Ce sont là les premières racines de l’Icann en Afrique qui seront suivies par d’autres dans l’Afrique francophone.
 
- Quels sont les grands thèmes à débattre lors de votre 55e conférence? La phase de transition  pour sortir du joug américain sera-t-elle au cœur des débats?
- Et comment! Il faut savoir que cette 55e conférence  est une rencontre historique à tous les niveaux. D’abord par le nombre de participants (2.100 délégués de 100 pays). Historique aussi parce que nous allons peut-être présenter au gouvernement américain la proposition de notre communauté pour réduire le rôle du gouvernement américain dans notre organisation. Attention, ce n’est pas la fin de la transition. Car il faudra que le gouvernement américain étudie notre proposition, l’accepter et, à ce moment-là -probablement  d’ici l’été prochain-, il ne renouvellera plus son contrat avec l’Icann.  Notre deuxième agenda est la transition à mon successeur Goran Marby.  C’est merveilleux de voir une organisation comme l’Icann passer le flambeau d’une façon assez sereine, humble et dans la continuité pour l’internet qui est une ressource transnationale.

- Parlons gouvernance… Auprès de qui devra rendre compte l’Icann une fois que les Etats-Unis lèveront la tutelle sur l’organisation?
- La stabilité de l’Icann ne passe pas par les Américains même si ces derniers avaient la tutelle sur l’organisation.  Il ne faut pas oublier que l’Icann existe depuis 20 ans, et son board, composé de 16 personnes, connaît  très bien les rouages.  Pour garder cette stabilité, ces membres sont désignés par la communauté composée par les académiciens, les utilisateurs, les gouvernements.   Notre  organisation est prête aujourd’hui.

- Certains demandent à ce que l’Icann devienne une organisation des Nations unies?
- Devenir  une organisation onusienne, et choisir un modèle centralisé  reposant uniquement sur les gouvernements, seraient un désastre pour internet. Tout comme l’Icann se doit de garder son indépendance, elle doit aussi  garder une gouvernance multi-acteurs où les gouvernements ont leur place, mais le secteur privé, les techniciens, les utilisateurs aussi.  Le système marche depuis 20 ans, et l’Icann a parfaitement rempli sa mission sans qu’il n’y ait eu interruption de service. Pourquoi le changer?  
 
- Dans le monde virtuel, il y a d’autres problèmes qui ont surgi outre les noms de domaines, la propagande au terrorisme, la pédophilie… L’Icann pourrait-il devenir régulateur  sur ces questions?

 - Cela n’arrivera pas. La gouvernance de l’internet est stratifiée.  Nous, nous occupons des nombres et des protocoles. Et puis, il a 75.000 réseaux gouvernés en principe par les gouvernements. Il faut peut-être faut un autre régulateur pour la protection des enfants sur internet, et d'autres sur la fiscalité et la taxation du numérique entre les Etats. Ce sont des nouvelles questions qui ne relèvent pas de l'Icann. En revanche, je pense que l’Icann peut inspirer un genre d’instance pareil, tout en gardant à l’esprit ce qu’est l’Internet: un canal ouvert et participatif,  distribué, légitime et efficace.
Propos recueillis par
Badra BERRISSOULE

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