×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Evénement

Maroc-UE: Le dégel?

Par L'Economiste | Edition N°:4723 Le 07/03/2016 | Partager
La visite éclair de Federica Mogherini relance le dialogue
Nasser Bourita à Bruxelles au cours de ce mois
L’accord agricole est toujours en vigueur, selon l’UE

Salaheddine Mezouar faisait grise mine à l’issue de sa réunion avec Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les Affaires extérieures et la Politique  de sécurité, vendredi dernier à Rabat
(Ph. Bziouat)

Les relations entre le Maroc et l’Union européenne, suspendues  à l’issue du Conseil de gouvernement du 25 février, sont-elles toujours dans une zone de turbulences? A voir la grise mine du ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar, après la réunion avec Federica Mogherini, haute représentante de l’UE pour les Affaires extérieures et la Politique  de sécurité, en visite éclair à Rabat vendredi dernier, on est tenté par l’affirmatif. Certes, la diplomate européenne a chamboulé son agenda pour rencontrer son homologue marocain afin de «fournir les clarifications et les assurances nécessaires». Mais la vigueur de riposte marocaine, pour suspendre tout contact avec l’UE, montre l’ampleur de la déception causée par «la gestion opaque» dans le traitement de ce dossier. En tout cas, à la fin de leur entretien, les deux diplomates se sont limités à la lecture de déclarations devant la presse sans se prêter au jeu des questions-réponses. Cela dénote de la gravité de la situation.  

Dans sa déclaration, Mezouar a affirmé que «les discussions ont permis à l’Union européenne de constater le sérieux de la situation, et de s’arrêter sur l’important déficit de communication et les risques supplémentaires que cela recèle sur la confiance nécessaire à la sérénité du partenariat entre les deux parties». Pour le ministre, cette «question revêt un caractère éminemment stratégique. Il ne s’agit pas d’une simple affaire judiciaire, mais d’un élément fondamental pour la poursuite du partenariat». Le ministre est confiant puisque «la haute représentante a assuré que le Conseil et les Etats membres de l’Union européenne entreprendront toutes les démarches nécessaires pour parvenir à l’annulation, devant la Cour de Justice de l’UE, de la décision de première instance du 10 décembre 2015. L’arrêt du tribunal est juridiquement erroné et politiquement biaisé. Il compromet sérieusement la coopération entre le Maroc et l’Union européenne. Il doit être corrigé». Federica Mogherini a affirmé que l’UE est «convaincue que les accords avec le Maroc ne constituent pas une violation de la légalité internationale. Et pour cela, un pourvoi en appel a été introduit. L’accord agricole demeure, par ailleurs, en vigueur». Selon elle, «l’UE et le Maroc travailleront en véritables partenaires sur ce sujet. Une interaction et un dialogue réguliers, continus et transparents seront mis en place». Une lueur d’espoir réside dans la décision prise en commun relative au déplacement du ministre délégué des Affaires étrangères Nasser Bourita à Bruxelles avant la fin de ce mois,  pour «finaliser le contenu de cette interaction avec la partie européenne». A travers la gestion de cette opération, Rabat a fait preuve de maturité et donné du poids aux institutions.

En effet, la décision de suspendre les contacts avec l’UE a été prise au sein du Conseil de gouvernement. Dans sa déclaration à l’issue des entretiens avec Federica Mogherini, le ministre des Affaires étrangères a précisé que «ces clarifications fournies et assurances données constituent une évolution positive. Le Conseil de gouvernement en sera dûment informé, et en appréciera toute la portée». Ce respect des institutions a été également observé au lendemain de l’arrêté pris par le tribunal de l’UE le 10 décembre dernier. Ainsi, Aziz Akhannouch et Salaheddine Mezouar avaient tenu à réunir les commissions des Affaires étrangères des deux Chambres du Parlement pour aborder cette question.

Les 28 juges de la Cour

Le Conseil avait décidé en décembre à l’unanimité de ses membres de faire appel de cet arrêté devant la Cour de justice de l’UE, composé de 28 juges, un de chaque Etat membre. C’est chose faite le 19 février dernier. Cependant, le Maroc n’est pas content de la tournure prise par cette affaire. Il reproche à l’UE de ne pas l’avoir impliqué dans ce processus, particulièrement dans la préparation de l’argumentaire de l’UE pour le pourvoi en appel. Côté européen, on rappelle que le Maroc est directement impacté par cette décision mais le jugement en lui-même a été prononcé contre le Conseil de l’UE. Il semble que pour l’appel, les Européens ont demandé à la Cour de justice d’appliquer la procédure en référé. Mais le jugement définitif peut prendre entre 6 mois à 1 an et demi.

Mohamed CHAOUI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc