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Bassima Hakkaoui au Club de L’Economiste
Héritage: Pas d’ijtihad en vue!

Par L'Economiste | Edition N°:4722 Le 04/03/2016 | Partager
La ministre pjdiste considère qu’il ne peut y avoir de réforme en présence «de dispositions coraniques»
Mais la répartition de l’héritage par voie de taâssib peut être revue
Parité, avortement… la ministre se lâche

Le torchon brûle entre Bassima Hakkaoui et les ONG féministes, dont certaines n’ont pas hésité à boycotter ses activités pour protester contre l’orientation de la ministre considérée comme «anti-féministe» (Ph. Bziouat - Les visages ont été modifiés)

Au moment où les ONG ne ratent aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur Bassima  Hakkaoui, la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, reste de marbre. Lors de son passage au Club de L’Economiste, mardi dernier, elle a estimé avoir «de bonnes relations avec les associations, dont certaines ont signé des conventions de partenariat avec le ministère». Une chose est sûre: plusieurs ONG féministes ne cautionnent pas les réformes menées par Hakkaoui dans ce secteur. La ministre, elle, semble consciente du gouffre qui la sépare d’une grande partie de la société civile. Cela s’explique, selon elle, par le fait que «ce département était souvent dirigé par des personnalités ayant une orientation progressiste. Donc, l’arrivée d’une ministre voilée, issue d’un parti comme le PJD, n’a pas arrangé les choses». Ce qui a créé chez ses détracteurs une «dissonance cognitive». La ministre n’hésite pas à puiser son argumentaire dans la terminologie de la psychologie sociale, sa spécialité académique. Elle n’a pas hésité à critiquer «la politisation de certaines ONG, dont les actions sont guidées par des orientations idéologiques».

Divergences profondes

Globalement, le divorce consommé, entre féministes et celle que certains taxent du sobriquet de «la ministre anti-féministe», est lié à une série de dossiers, sur lesquels les divergences sont profondes. En tête, la question de la parité et le projet de loi relatif à l’Autorité prévue par la Constitution (cf.www.leconomiste.com). Si Hakkaoui assure qu’elle a reçu plus de 82 mémorandums d’ONG autour de ce sujet, les militants de la société civile sont montés au créneau pour rejeter une série de dispositions. La ministre a indiqué que certaines remarques ont été prises en compte. Mais «le projet de loi ne peut pas être une copie des mémorandums des associations».
D’autres critiques portant sur les dispositions du projet de loi relatif à l’Autorité de la parité et la lutte contre toutes les formes de discriminations (APALD) ont été aussi formulées par des instances comme le CNDH ou le CESE qui avaient émis des avis sur ce sujet. On reproche à ce texte, par exemple, d’avoir accordé au chef du gouvernement un pouvoir de nomination plus important que celui du Roi. Mais pour la ministre, «c’est un aspect marginal qui ne concerne pas le fond du projet. Surtout qu’il s’agit d’une simple question de procédure».
Pour elle, «la virulence des critiques vise Abdelilah Benkirane. Or, cette Autorité ne sera installée qu’avec le prochain gouvernement». Quoi qu’il en soit, la tension entre Hakkaoui et certaines instances constitutionnelles s’étend également à d’autres sujets qui avaient suscité la polémique. Sa réaction a été sévère après la publication de la recommandation du CNDH sur la réforme du régime successoral. La ministre a avancé qu’elle «respecte ces institutions, mais elles ne peuvent pas être considérées comme sacrées». Globalement, la position de Hakkaoui est tranchée sur le dossier de l’héritage. Pour elle, «pas de réforme (ijtihad) en présence de dispositions coraniques claires». Une règle théologique mise en avant dans toutes les affaires liées à des dispositions coraniques.
Pour la ministre, «soit nous sommes musulmans, et donc nous devons accepter les prescriptions coraniques, soit nous ne le sommes pas. Surtout que sur 24 cas, la femme hérite moins que l’homme seulement dans 4 situations». Néanmoins, elle ouvre une brèche, en avançant que «le débat peut être ouvert autour de certaines règles théologiques relatives à l’héritage, comme celle du taâssib, où la femme peut être lésée dans ses droits». Selon cette règle, «lorsque tous les héritiers directs sont de sexe féminin, les oncles paternels ou d’autres parents de sexe masculin, disposent du droit de jouir d’une partie des biens qui peut être supérieure à celle revenant aux femmes». Sur la question de la légalisation de l’avortement, Hakkaoui se réfère à la réforme en cours, suite à l’intervention du Souverain, qui avait chargé le gouvernement de se pencher sur ce dossier.

Comportements inacceptables

Dans les différents dossiers qui avaient défrayé la chronique, comme l’affaire des jupes d’Inzegane ou le mariage des mineures, Bassima El Hakkaoui, ministre de tutelle, avait brillé par son absence. La ministre a concédé que son département est directement interpellé par ces cas. D’où l’importance de «travailler sur un plan stratégique pour mettre fin à ces comportements inacceptables». Parmi ses projets phares, le projet de loi sur la lutte contre la violence et les discriminations à l’égard des femmes. Elle a avancé qu’elle serait «déçue si ce texte n’est pas adopté avant la fin de son mandat» (cf.www.leconomiste.com). Néanmoins, au-delà du volet législatif, la ministre pointe un problème de mentalité, qui entrave l’achèvement de ce genre de réformes. Le même problème est évoqué pour la question de la parité.
Certes, les femmes ont garanti leur présence au Parlement via le système du quota. Mais cela reste un régime transitoire. Pour la ministre, «les citoyens n’ont aucun problème à voter pour une femme. C’est au niveau des élites que ça bloque. Surtout à cause de la compétition autour des postes de responsabilité». Cela est également valable pour les nominations dans les hautes fonctions. Hakkaoui a rappelé que le taux de la présence féminine est passé de 16 à 29% durant les dernières années. Elle a déploré la rareté des profils répondant aux critères des appels à candidature. C’est «le résultat d’un cumul de plusieurs années, où les femmes arrivaient rarement à dépasser les postes de chef de service ou chef de division».

M. A. M.

 

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