×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Iran: Les enjeux d’un double vote

    Par L'Economiste | Edition N°:4716 Le 25/02/2016 | Partager
    Renouvellement du Parlement et de l’Assemblée des experts
    Près de 55 millions d’électeurs appelés aux urnes vendredi

    Dans les classes populaires où le chômage est le plus élevé, les attentes sont immenses. Le chômage est d’environ 10% en Iran, mais touche 25% de jeunes, majoritaires dans ce pays de 79 millions d’habitants

    Les attentes de la société iranienne sont très fortes. C’est là tout l’enjeu des élections qui  auront lieu ce vendredi 26 février. Près de 55 millions d’Iraniens sont appelés à voter aux premières élections depuis l’accord nucléaire de juillet 2015. Ils doivent renouveler les membres du Parlement et de l’Assemblée des experts, des religieux chargés de nommer et de remplacer au besoin le Guide suprême. Ces deux instances sont actuellement dominées par les conservateurs.  «Ces assemblées soumises à renouvellement ont une place centrale en matière de production du droit» (voir aussi la tribune de  Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Sciences-Po Paris, http://www.liberation.fr/). «Le Parlement, parce qu’il fait la loi. L’Assemblée des experts, parce qu’elle définit dans les faits le gouvernement du jurisconsulte (velayat-e faqih), c’est-à-dire le statut du Guide de la révolution». Pour augmenter leurs chances, les réformateurs présentent des listes communes avec les modérés pour les deux scrutins.

    Les Iraniens auront à choisir parmi plus de 6.000 candidats (dont 586 femmes) pour renouveler les 290 membres du Parlement et parmi 161 pour les 88 membres de l’Assemblée des experts. Auparavant, le Conseil des gardiens, composé de douze juristes et religieux et chargé d’entériner les candidatures, avait opposé son veto à des milliers de réformistes qui souhaitaient se présenter au Parlement. Un acte qui n’a pas été qualifié de démocratique! «La population iranienne n’est pourtant pas dupe sur la nature du régime, ni sur le sens de ces élections qu’elle rejette dans sa grande majorité», rappelle François Colcombet, président de la Fondation d’études pour le Moyen-Orient (FEMO), un think Tank qui se consacre aux questions géopolitiques du Moyen-Orient (http://www.la-croix.com/, l’enjeu des élections dans l’Iran théocratique). Il appelle aussi «l’Occident à rester vigilant à l’égard d’un régime qui, selon lui, cherche à se donner -un vernis de légitimité- à l’occasion des scrutins». Les résultats des petites circonscriptions et des villes de province seront annoncés dans les 24h, mais pour Téhéran, il faudra attendre trois jours. Annoncés par le ministère de l’Intérieur, les résultats doivent être approuvés par le Conseil des gardiens. Ce dernier peut annuler le vote dans certaines circonscriptions.

    En matière de politique étrangère, il ne faudrait pas s’attendre à des conséquences majeures dans la bataille entre conservateurs et modérés pour le Parlement. Par contre, les résultats du vote auront une influence sur l’élection présidentielle de 2017. Cette double élection intervient six semaines après la levée de la plupart des sanctions internationales contre Téhéran. Rendue possible par la conclusion le 14 juillet 2015 d’un accord entre l’Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien. Cet accord doit permettre à l’Iran de sortir de son isolement et de relancer une économie affaiblie par près de dix ans de sanctions. Mais il faut dire aussi que le pays reste sous le coup d’autres sanctions internationales réprimant le financement du terrorisme et la violation des droits de l’homme, indique Coface dans son appréciation du risque. «La multiplicité des régimes de sanction et les différences entre les régimes de sanction européen et américain risquent de rendre difficile l’accès des entreprises étrangères au marché iranien et de limiter les effets attendus d’une reprise du commerce», est-il indiqué.

    Elu en 2013, le président Rohani mise gros sur cette avancée. Mais de nombreux électeurs, surtout côté jeunes et femmes, étaient déçus vu le manque de réformes. Pour plusieurs défenseurs des droits de l’homme, moins de progrès ont été réalisés dans le domaine des libertés politiques et culturelles.

    F. Z. T.
     

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc