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    Société

    Droits de l'Homme
    Au Maroc, ça se dégrade!

    Par L'Economiste | Edition N°:4716 Le 25/02/2016 | Partager
    Liberté d'expression, d'association, les principaux griefs d'Amnesty International
    L’organisation tire aussi la sonnette d’alarme sur la dégradation des droits de l’Homme au Moyen-Orient
    Le conflit en Syrie confirme l'échec du rôle des Nations unies

    Pas d’amélioration en matière de respect des droits humains durant l’année 2015, la situation a plutôt connu une dégradation inquiétante. C’est le constat général du rapport publié, hier, par Amnesty International concernant la situation des droits de l’Homme dans 160 pays à travers le monde. Les axes saillants de ce document ont été présentés à Rabat par les responsables de la section d’Amnesty au Maroc. D’emblée, l’organisation constate que «dans un contexte où la défense des intérêts nationaux à court terme et l’imposition de mesures sécuritaires draconiennes donnent lieu à un assaut massif contre les libertés et les droits fondamentaux, la protection internationale des droits de l’Homme est en péril". Les responsables d’Amnesty International affichent leur inquiétude quant au recul de la protection internationale qui met en danger plus de 70 années de travail et de progrès humains.

    «Les organes de défense des droits humains des Nations unies, la Cour pénale internationale et les mécanismes régionaux sont fragilisés par des gouvernements qui cherchent à échapper au suivi de la situation dans leur pays», est-il indiqué. Ce qui a encouragé plusieurs gouvernements à poursuivre les violations du droit international dans leur pays en 2015. Preuve à l'appui pour étayer ce constat, des chiffres ont été avancés dans ce sens par l’organisation internationale. En effet, selon cette dernière, «plus de 98 Etats ont pratiqué la torture ou d’autres mauvais traitements, et 30 au moins ont forcé illégalement des réfugiés à retourner dans leur pays où ils étaient en danger». Toujours dans le même chapitre, on signale que «dans 18 pays au moins, des crimes de guerre et d’autres violations des “lois de la guerre” ont été commis par le gouvernement ou par des groupes armés». Une telle situation se rapporte aux conflits armés qui déchirent plusieurs pays du Moyen-Orient comme cela est le cas notamment en Irak, au Yémen et en Syrie. Pour Amnesty International «le conflit syrien est un terrible exemple des conséquences humaines catastrophiques de l’incapacité du système des Nations unies à s’acquitter de son rôle déterminant pour le respect des droits fondamentaux et du droit international».

    Le Maroc n'a pas échappé à la vindicte. Sous le feu des critiques d’Amnesty International, le Royaume est taxé de laxiste en matière d'application des droits de l'Homme, estimant que «2015 est une année de manquement au respect des droits de l’Homme au Maroc», affirme Mohamed Sektaoui, DG d’Amnesty International Maroc. Elle a été marquée par des poursuites contre des journalistes et des opposants politiques, ce qui constitue un recul par rapport aux acquis enregistrés lors de l’expérience de la justice transitionnelle. «Les autorités marocaines ont engagé des poursuites pénales contre des journalistes considérés comme ayant insulté des personnalités et les institutions étatiques et qui avaient critiqué le bilan du gouvernement en matière de droits humains», est-il expliqué. Toujours concernant le volet de la liberté d’expression, «la répression s’est poursuivie contre les défenseurs des droits humains, les militants et les artistes, dont certains ont fait l’objet de poursuites et de restrictions de leur liberté de mouvement». Le même constat concerne la liberté d’association, selon Amnesty International. L'organisme indique que «des groupes qui critiquaient le bilan du gouvernement en matière de droits humains ont été harcelé par les autorités, qui les ont empêchés d’organiser des manifestations publiques légitimes et des réunions internes». Pour le chapitre de la liberté de réunion, on signale notamment que «les forces de l’ordre ont dispersé, dans certains cas par la force, des manifestations organisées par des défenseurs des droits humains, des militants politiques, des diplômés sans emploi et des étudiants».

    La présentation de ce rapport a été une occasion pour Sektaoui de rappeler que des rencontres de contacts entre Amnesty International et le gouvernement marocain. Après une visite du Mustapha Ramid, ministre de la Justice au siège d’Amnesty à Londres, une visite d’une délégation de l’organisation est attendue au Maroc.

    Polisario accusé

    La situation des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf a été critiquée par le rapport d’Amnesty. Ce dernier constate que le Polisario «n’a pris aucune mesure pour mettre fin à l’impunité dont bénéficiaient ceux qui étaient accusés d’avoir commis des atteintes aux droits humains durant les années 1970 et 1980 dans les camps qu’il contrôlait».

    Noureddine EL AISSI

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