×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    El Kettani: Nous étudierons de nouveaux projets d’acquisition

    Par L'Economiste | Edition N°:4716 Le 25/02/2016 | Partager
    La fusion des filiales sénégalaises pas à l’ordre du jour
    L’activité africaine assure 25% du résultat net consolidé du groupe AWB

    Mohamed El Kettani, PDG du groupe Attijariwafa bank: «Le coût du risque de nos filiales dans la région UEMOA s’est significativement amélioré entre 2014 et 2015» (Ph. AWB)

    Le Forum international Afrique Développement se tient ces jeudi 25 et vendredi 26 février à Casablanca. L’énergie et le développement de l’agriculture sont les deux grandes thématiques vedettes de ce rendez-vous organisé par le groupe Attijariwafa bank. 600 personnes y sont attendues dont de nombreux opérateurs et décideurs économiques. Pour le groupe, les filiales africaines sont des valeurs sûres. Elles représentent 25% du résultat net consolidé. Son PDG, Mohamed El Kettani assure que son conseil d’administration l’encourage à étudier des projets d’acquisition «de plus grande taille» sur le continent.

    - L’Economiste: Quelle est la contribution des filiales africaines aux résultats du groupe ?  
    - Mohamed El Kettani:
    De l’arrêté des comptes sociaux et consolidés de l’exercice 2015 validé par le dernier conseil d’administration, il ressort une contribution des filiales «Banque de détail à l’international» de l’ordre de 28% au produit net bancaire et 25% au résultat net consolidé. Pour rappel, ces contributions étaient de l’ordre de 22% et 15% respectivement en 2010. La contribution croissante de la Banque de détail à l’international s’explique par la progression organique soutenue des indicateurs clés de nos filiales africaines et par la capture continue de synergies de revenus et de coûts ainsi que le déploiement des lignes de métiers dans lesquelles le groupe excelle au Maroc.

    - Comment évolue le coût du risque sur vos marchés de l'UEMOA par rapport à 2014, année où vous aviez lourdement provisionné?
    - La contentialité s’est nettement améliorée en 2015 au niveau de nos deux plus grandes filiales au Sénégal et en Côte d’Ivoire (85% des crédits de la région) grâce notamment à la mise en œuvre de plans d’actions volontaristes en matière de recouvrement mais également à la forte croissance des encours de crédits dans ces deux marchés diluant ainsi le taux de contentialité.
    Le coût du risque de nos filiales dans la région UEMOA s’est donc significativement amélioré entre 2014 et 2015. Plus globalement, notre approche prudente et rigoureuse des risques nous permet d’avoir des taux de contentialité substantiellement inférieurs à ceux de nos marchés de présence et de générer ainsi une croissance saine, régulière et rentable sur le long terme.   

    - Attijariwafa bank dispose de deux filiales au Sénégal, CBAO et Crédit du Sénégal. Envisagez-vous de les regrouper?
    - Nous avons effectivement le contrôle de deux établissements bancaires au Sénégal: CBAO-Groupe Attijariwafa bank et Crédit du Sénégal. CBAO-Groupe Attijariwafa bank est déjà le résultat de la fusion de trois établissements: Attijariwafa bank Sénégal, Banque Sénégalo-Tunisienne et CBAO. Nous avons ainsi été un acteur de la consolidation du secteur bancaire au Sénégal et de l’émergence d’un leader bancaire jouissant d’un positionnement de banque universelle avec des positions solides sur le segment des PME, des TPE et des particuliers. La banque Crédit du Sénégal, quant à elle, nous a été cédée par le Crédit Agricole français. Elle est de moindre taille et son positionnement diffère de celui de CBAO car elle se concentre sur les grandes entreprises et les clients particuliers fortunés. Les deux banques fonctionnent en parfaite harmonie tout en fidélisant une clientèle ayant des besoins différents. Pour l’heure, la fusion de ces deux établissements n’est pas une priorité.

    - Le groupe vient d'augmenter sa participation dans la SIB en Côte d'Ivoire. Quel est le calendrier pour l'entrée en Bourse de cette filiale?  
    - Le renforcement de notre participation dans le capital de la SIB en Côte d’Ivoire témoigne de notre confiance dans les potentialités et les bonnes perspectives de la Côte d’Ivoire qui est la première économie de la zone UEMOA, et est engagée dans une dynamique positive depuis quatre années. Par ce renforcement, nous voulons apporter notre contribution en tant qu’acteur bancaire de référence à travers nos pôles de compétence groupe afin de prendre part à la construction de l’avenir prometteur de la Côte d’Ivoire.
    Concernant l’accord signé avec l’Etat ivoirien à cette occasion, nous nous sommes engagés à réaliser l’entrée en bourse de la filiale, une fois l’ensemble des prérequis réglementaires réunis. Nous y travaillons pour la concrétiser le plus tôt possible au cours de l’exercice 2016.

    - Avez-vous des projets sur les marchés anglophones du continent?
    - La politique de développement du groupe s’est portée initialement sur les pays ayant de plus fortes proximités culturelle et géographique avec le Maroc afin de dupliquer efficacement notre «business model» sur des économies présentant des similitudes aux nôtres.
    A l’issue de cette première phase de développement, notre conseil d’administration considère que nous avons démontré notre capacité à mener à bien des plans de transformation et d’intégration des banques acquises qui sont créatrices de valeur. Aussi, nous encourage-t-il, à présent, à examiner des projets d’acquisition de plus grande taille, sans se restreindre au critère linguistique. Sur le continent africain, à l’exception de l’Afrique du Sud et du Maroc, les banques les plus grandes se trouvent en Egypte, en Algérie, au Nigeria, et au Kenya.

    - Comment évaluez-vous la co-régulation mise en œuvre par Bank Al-Maghrib et la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest ?
    - Je me permets de préciser que la démarche de co-régulation est actuellement en marche entre Bank Al-Maghrib, les banques centrales et les commissions bancaires des pays et des sous-régions (UEMOA et CEMAC) où nous sommes présents. A l’instar des autres banques marocaines ayant une présence à l’international, Attijariwafa bank est convié, chaque année, à assister aux réunions du «Collège des Superviseurs» pour partager nos politiques de développement et de maîtrise des risques. Nous nous exprimons sur l’actualité prudentielle, comme le déploiement de Bâle II /III, la notation interne, les dispositifs de contrôle interne et de lutte anti-blanchiment.
    Nous faisons également l’objet de missions de contrôle conjointes par les équipes de Bank Al-Maghrib et des Commissions Bancaires BCEAO et BEAC, à la fois, au Maroc et dans les pays de présence.
    Par ailleurs, nous constatons souvent que les réglementations se ressemblent dans les différents pays, avec parfois, uniquement des décalages dans le temps. Cela découle sans doute de la coordination entre les régulateurs nationaux. Dans tous les cas, cette relative coordination est très appréciable car elle nous permet de capturer des synergies dans les projets motivés par la conformité réglementaire.

    Des conventions fiscales, mais pas ratifiées

    L’inexistence et dans certains cas, la non ratification des conventions fiscales, est handicapante. Tout d’abord, elle rend les investissements et les échanges commerciaux moins attractifs pour nos clients. Ce qui diminue notre activité et gêne la mise en œuvre de notre stratégie qui est basée, entre autres, sur le développement des échanges entre clients dans les différents pays de présence.
    Ensuite, elle entraîne des charges supplémentaires dans les échanges entre entités du groupe Attijariwafa bank. Or, pour capturer les synergies, nos entités doivent collaborer entre elles et se rendre des services mutuels, de manière fluide et peu coûteuse, qu’il s’agisse de partage de revenus, de mutualisation de charges, de financement mutuel en dette ou en fonds propres.

    Lecture du climat des affaires

    Mohamed El Kettani: Le climat des affaires est une expression simplificatrice qui regroupe beaucoup de dimensions et permet à des organismes multilatéraux ou à des acteurs de la société civile, de comparer les pays et de les pousser sans cesse à s’améliorer.
    Etant nous-mêmes acteurs impliqués dans le développement de chacun de nos pays de présence, nous observons des imperfections différentes dans chacun des pays, mais partout, la volonté est palpable de s’améliorer pour attirer l’investissement et maintenir la confiance. En effet, nous notons que tous les gouvernements des pays de présence du groupe Attijariwafa bank mettent en place des plans d’actions vigoureux pour améliorer leur classement mondial. Il s’agit d’un enjeu important pour attirer davantage les investissements directs étrangers et stimuler les économies domestiques.
    Ainsi, nous nous engageons fortement dans l’accompagnement de tous ces efforts d’amélioration, en développant des initiatives en faveur de l’accélération de la bancarisation, de l’accès au financement et de l’intégration des acteurs informels.

    Propos recueillis par
     Abashi SHAMAMBA

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc